Bas-Rhin

Victor Rainaldi

Un partenariat franco-allemand pour mieux accompagner les migrants mineurs isolés (67)

Citoyenneté et services au public

Territoires mitoyens séparés par le Rhin, l'arrondissement de l'Ortenau en Allemagne et le département du Bas-Rhin sont confrontés à l’afflux d’un nombre croissant de migrants mineurs non accompagnés (MNA). Pour améliorer leur prise en charge et leur accompagnement, les deux structures administratives ont décidé de partager leurs expériences et leurs pratiques.

À l’échelle européenne les entrées de migrants mineurs non accompagnés sont estimées à 200.000 depuis 2014, dont environ 10.000 auraient disparu sans que l’on puisse savoir exactement où ni comment. Une partie d’entre eux a certainement été happée par les réseaux de prostitution. Ces chiffres sont cependant à prendre avec précaution faute de contrôles suffisants. Reste qu’en France comme en Allemagne la question des migrants mineurs non accompagnés se pose avec une acuité croissante.

Une journée d’échanges transfrontaliers 

Ainsi, tant le Bas-Rhin que l’arrondissement d’Ortenau ont dû chacun prendre en charge environ 300 mineurs ou très jeunes adultes (ex-MNA) isolés durant l’année 2016. Pour améliorer leurs conditions d’accueil et leur accompagnement, une journée d’échanges transfrontaliers a été organisée à Kehl, en Allemagne, le 1er décembre 2016. Elle a bénéficié du travail et de l’appui d’un groupe d’experts de la protection de l’enfance, Allemands et Bas-Rhinois. À l’origine de cette initiative le conseil départemental du Bas-Rhin et l’eurodistrict Strasbourg-Ortenau (lire encadré) qui ont coutume de coopérer sur de nombreuses thématiques communes afin de faciliter la vie de leurs habitants.

Les mineurs non accompagnés sont accueillis dans des structures dédiées

Dans le Bas-Rhin, les mineurs de plus de 16 ans sont actuellement logés en appartements dédiés et les plus jeunes dans des établissements éducatifs eux aussi dédiés. Leur encadrement est assuré par des éducateurs qui les accompagnent vers l’autonomie et l'intégration dans la société française. "Nous nous efforçons de les scolariser pour qu’ils apprennent le français et s'insèrent professionnellement. Cependant il y a beaucoup de jeunes accueillis dans le Bas-Rhin et les différents établissements scolaires peuvent être saturés, faute de places", confie le président du conseil départemental, Frédéric Bierry.
Sur le plan sanitaire, les MNA sont orientés dès leur arrivée vers un centre agréé par la Sécurité sociale, puis inscrits à la CMU et sont suivis par un médecin traitant.

S’inspirer de nos voisins allemands

"L’objectif de la journée était de comprendre comment ces territoires franco-allemands prennent en charge les migrants mineurs non accompagnés qui traversent régulièrement la frontière dans les deux sens", précise le président du conseil départemental.
La journée d’échanges a mis en relief que dans le Bas-Rhin comme dans l’Ortenau des services spécifiques sont dédiés à l’accueil des MNA, avec la différence qu’en Allemagne la société civile s’investit davantage qu’en France.

Favoriser l’insertion des jeunes au sein de familles

D’ailleurs, poursuit le président du conseil départemental, "une des évolutions souhaitables consisterait sur ce point à imiter nos voisins. L’accueil des jeunes dans les familles bénévoles permettrait une réelle intégration par un meilleur apprentissage de la langue, des modes de vie et des coutumes de notre pays. Nous sommes en train de travailler à renforcer ce type d’accueil pour les mineurs de 13 à 16 ans." Les partenaires associatifs sont également sollicités et participent à la bonne intégration des MNA.

Répartir l’accueil dans plusieurs collectivités

Il est aussi ressorti de la journée d’échange que le premier renseignement à rechercher par les services d’accueil du département avec l’appui, dans le Bas-Rhin de la police de l’air et des frontières, est la confirmation que le jeune qui se présente est bien mineur. Cette première vérification permet de l’orienter vers le dispositif adapté. Parmi les autres bonnes pratiques identifiées par la coopération transfrontalière figure la nécessité de répartir au niveau national les jeunes migrants isolés afin d’éviter que quelques collectivités portent seules le poids de leur accueil.

Mieux coordonner l’intervention des différentes administrations

La coordination entre les différentes administrations est aussi un point clé. Elle doit progresser en France où les compétences se chevauchent davantage qu’en Allemagne. "Nous pourrons aussi nous inspirer du modèle allemand d’intégration des jeunes dans le monde du travail qui semble plus efficace de l’autre côté du Rhin. Ces échanges transfrontaliers nous permettent aussi de bénéficier de la meilleure expérience de l’Allemagne qui accueille davantage de mineurs isolés que la France et de mieux prendre en charge les jeunes qui passent d’un de nos pays à l’autre."

Plusieurs journées transfrontalières ont déjà été organisées en 2015 et 2016 par l’eurodistrict Strasbourg-Ortenau et le département du Bas-Rhin sur les thèmes de la protection de l’enfance, tels que l’enfant victime ou la radicalisation. D’autres sont envisagées dans les domaines de l’enfance ou de la santé où une coordination franco-allemande parait pertinente aux yeux des élus.


Territoire européen pilote
L'eurodistrict Strasbourg-Ortenau est un territoire franco-allemand qui rassemble des communes et communautés de part et d'autre du Rhin. Elles se sont regroupées pour éliminer les barrières frontalières et administratives afin de faciliter la vie quotidienne des habitants. L'eurodistrict dispose d'un statut particulier qui en fait un territoire européen pilote pour favoriser les échanges transfrontaliers et développer des projets. Il est actif dans tous les domaines de la vie quotidienne, du transport à la santé en passant par la culture ou le sport. La participation des citoyens et des associations du territoire permet de construire un programme d’actions partagé par l'ensemble de la population des deux rives du Rhin. En outre, il organise des événements qui permettent aux habitants de se rencontrer, de traverser la frontière et d'échanger dans un cadre convivial.

 

Contact(s)

Conseil départemental du Bas-Rhin

Hôtel du Département, 1 place du Quartier Blanc
67964 Strasbourg Cedex
03 88 76 67 67
communication@cg67.fr
Nombre d'habitants : 1091000
Nombre de communes : 527
Nom de la commune la plus peuplée : Strasbourg (473187 hab.)

Frédéric Bierry

Président
Haut de page