Une communauté rurale incite les agriculteurs à évaluer la performance énergétique de leur exploitation

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Environnement

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Ardennes

Dans les Ardennes, la communauté de communes des Trois Cantons sensibilise les agriculteurs aux économies d'énergie et les engage à améliorer leurs pratiques. Après le bilan énergétique de leur exploitation, elle les invite à aller plus loin, en leur proposant une aide à la réalisation de reliquats azotés, ou un "banc d'essai tracteur".

La communauté de communes des Trois Cantons (51 communes, 19.800 habitants) compte près de trois cents exploitations agricoles, en majorité orientées vers la polyculture et l'élevage bovin (lait et viande). Depuis plusieurs années, la communauté accompagne les agriculteurs vers un développement durable de leur activité, avec des actions en faveur de la préservation de l'environnement (aménagement de points d'eau pour les bêtes) et du cadre de vie (aménagement des accès, intégration paysagère des bâtiments). En partenariat avec la chambre d'agriculture des Ardennes, l'intercommunalité leur a proposé d'évaluer l'efficacité énergétique de leur exploitation. En 2009, une vingtaine d'agriculteurs ont joué le jeu, en s’appuyant sur la méthode "bilan planète".

La méthode "bilan planète"


"Nous avons choisi la méthode bilan planète en raison de son approche globale : elle prend en compte les consommations directes (carburants, électricité), indirectes (consommations liées à la fabrication et au transport des engrais minéraux et des aliments), et les énergies produites d’origine animale (viande, lait) ou végétale (céréales, oléagineux)", explique Angélina Delavergne, conseillère en aménagement du territoire à la chambre d'agriculture des Ardennes, mise à disposition de la communauté des Trois Cantons à mi-temps. Pour comparer les différents postes énergétiques, chaque entrée et sortie d'énergie est convertie en équivalent litres de fioul (EQF) : un kilowatt d'électricité correspond par exemple à 0,28 EQF, et le coût énergétique d'un kilogramme de maïs en grains à 0,11 EQF.

Comment se déroule le bilan ?


Le bilan se déroule en deux temps, collecte des données et analyse, puis compte-rendu des résultats et préconisations. La chambre d'agriculture met un animateur à disposition de la communauté. Les recommandations finales sont communiquées à l'agriculteur lors d'un rendez-vous. Chaque bilan, calculé en équivalent temps de travail (deux jours environ), s’élève à 900 euros, financés à parts égales par l'intercommunalité et la chambre d’agriculture.

Deux postes énergivores : les engrais et les aliments


Les chiffres montrent que les exploitations laitières et allaitantes ont des consommations énergétiques comparables : environ 30% d'énergies directes (électricité 5 à 10%, fioul 22%) et 70% d'énergies indirectes (bâtiments 7%, aliments 7 à 10%, matériels 10 à 15%, engrais 24 à 32% , autres 8 à 14%). "Pour les énergies indirectes, les deux postes les plus consommateurs sont les engrais et les achats d'aliments, bien que les exploitants privilégient les pratiques traditionnelles (valorisation de l'herbe pour l'alimentation du bétail, consommation des céréales produites sur le territoire de la ferme, valorisation des effluents). D’ailleurs, ces chiffres sont meilleurs que la moyenne nationale", souligne la conseillère.
Les agriculteurs ont bénéficié de recommandations adaptées à leur activité et à la taille de leur exploitation, concernant notamment la mise en valeur du pâturage, celle des engrais de la ferme pour limiter le recours aux engrais minéraux, l'achat de matériel adapté à l'exploitation, etc.

Pour aller plus loin

 
Dans la continuité de ce bilan, la communauté de communes et la chambre d'agriculture ont organisé en décembre 2009 un "banc d'essai tracteur" pour contrôler les performances des engins, et conseiller les agriculteurs sur les réglages et les conduites plus économes en énergie. "Treize agriculteurs y ont participé. Pour chaque tracteur, le coût était de 300 euros, financé pour moitié par l'Ademe, pour 25% par la communauté, et le solde à la charge du propriétaire. Aujourd'hui, nous proposons aux exploitants des analyses de sols, pour mesurer l'azote disponible dans le sol et limiter les apports d'engrais minéraux", précise Angélina Delavergne.

Laura Henimann / PCA, pour la rubrique Expériences du site www.mairieconseils.net
 

Communauté de communes des Trois Cantons

37 ter, avenue du Général-de-Gaulle
08110 Carignan

Angélina Delavergne

conseillère en aménagement du territoire et communication à la chambre d'agriculture des Ardennes

Jean-Michel Robert

vice-président délégué à l'agriculture, aux forêts et au développement durable, maire de Blagny

Joel Arbogast

chargé de mission
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