Une intercommunalité accompagne le développement du pastoralisme (83)

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La communauté d'agglomération dracénoise, qui regroupe 16 communes autour de Draguignan, a lancé en 2012 un plan d'occupation pastorale intercommunal (Popi) portant sur sept communes. Après avoir fait réaliser un état des lieux et mis les acteurs du territoire autour d'une table, les élus s'engagent dans un programme d'actions.

Les plans d'occupation pastorale (POP) se sont imposés au début des années 80, après les grands incendies de forêts qui ont ravagé le sud de la France. Les gestionnaires forestiers souhaitaient réintroduire le pastoralisme, afin de contribuer à l'entretien des ouvrages anti-feux. Les élus, de leur côté, s’alarmaient des conflits récurrents entre les éleveurs et les autres usagers des territoires. La méthode mise au point par l’organisme en charge du développement pastoral en région Paca, le Centre d’études et de réalisations pastorales Alpes Méditerranée (Cerpam) pour sortir de ces conflits par le haut, implique un état des lieux précis, mais aussi l'instauration d'un vrai dialogue entre acteurs et de réalisations concrètes.

Eleveurs, forestiers et chasseurs : comment mieux vivre ensemble

Les sept communes concernées par le Popi de l'agglomération dracénoise se situent dans une zone de montagnes fortement boisée. A l’abri des sous-bois, les troupeaux, de brebis pour l'essentiel, sont quasiment invisibles. La tradition provençale du pâturage libre, sans enclos, y est pour beaucoup. Pourtant, au fil de la déprise agricole, les chasseurs qui ont fait de ces vastes territoires leur domaine se plaignent de plus en plus du retour des troupeaux et des prédateurs qui les accompagnent : les loups. En 2011, afin d'avoir une vision exacte de la situation, les élus de la communauté d'agglomération décident de lancer un POP intercommunal. C'est le Cerpam qui remporte l'appel d'offre. Leur premier constat porte sur l’importance extrême des enjeux pour certaines catégories d’usagers. "Il y avait une telle demande du côté des éleveurs et des forestiers que la consultation de la population avait été un peu ignorée", se souvient Pascal Thavaud, responsable du dossier pour le Cerpam.

Repérage, concertation, accompagnement

Durant toute l'année 2012, le Cerpam a mené en parallèle un travail de repérage et de concertation. Repérage d'abord avec la trentaine d'éleveurs locaux et transhumants. Les troupeaux utilisent 20.000 hectares de parcours à travers les sept communes, soit environ 60% des espaces naturels. Concertation ensuite, sous l'égide des élus, avec les autres utilisateurs du territoire, les chasseurs bien sûr mais aussi les militaires de Canjuers, les associations, les agriculteurs, les particuliers... "L'idée, précise le chef de projet du Cerpam, c'est de permettre à tous de s'exprimer dans un esprit de coopération et pour identifier les projets qu'ils peuvent mener ensemble. Après le diagnostic, nous travaillons à l’élaboration d’un plan d'actions concrètes, dont nous accompagnons le pilotage. La mise en oeuvre revient à l'intercommunalité ou aux communes, elle doit s'étendre sur plusieurs années."

Un investissement sur le long terme

L'obstacle principal à la mise en oeuvre d'un plan d'occupation pastorale est le financement. La première phase, qui dure une année, coûte en moyenne 5.000 euros par commune (5 à 10 jours de travail pour aboutir au plan d'actions). Ensuite, il faut les mettre en oeuvre. Pour le Popi de la Dracénie, le Cerpam préconisait une vingtaine de jours d'intervention en 2013, soit un budget de 12.000 euros pour les sept communes. Même si ce montant a été revu à la baisse, il représente un effort financier important, prolongé sur plusieurs années. La communauté d'agglomération dracénoise qui fait partie de la zone du massif alpin, bénéficie d’un cofinancement à hauteur de 50% minimum pour ce type d'actions. Une chance que tous les territoires n’ont pas : ailleurs ce sont les conseils régionaux et les départements qui prennent le relais.

Une fois la dynamique enclenchée, le vivre-ensemble reprend ses droits. Aujourd'hui, dans l'agglomération dracénoise, éleveurs et chasseurs discutent de la mise en place de passages piétons pour enjamber les clôtures des parcs pour les brebis, et les chasseurs sont d'accord pour participer à leur financement ! D’autres actions sont en préparation avec le camp militaire de Canjuers, les propriétaires forestiers, les associations d’usagers …

Luc Blanchard, Studio Graph, pour la rubrique Expériences des sites www.mairieconseils.net et www.localtis.info
 

Contact(s)

Communauté d'agglomération dracénoise

Square Mozart - CS 90129
83004 Draguignan cedex
04 94 50 16 20
04 94 60 34 71
contact@dracenie.com
Nombre d'habitants : 105000
Nombre de communes : 19
Nom de la commune la plus peuplée : Draguignan (40000 hab.)

Gilbert Galliano

Vice-Président déléguée à l'agriculture
mairie.taradeau@wanadoo.fr

Pascal Thavaud

Cerpam Var
pthavaud@cerpam.fr
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