Une maison de santé dans la Drôme mise sur la mixité des usages

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Santé, médico-social, vieillissement

Social

Drôme

Sollicitée par des professionnels de santé et des élus locaux, la communauté de communes Rhône Valloire, un territoire rural, s'est lancée dans l'accompagnement de deux projets de maisons de santé pluridisciplinaires. La première, à Anneyron dans la Drôme, ouvre début 2012.

De plus en plus de médecins partent ou vont partir à la retraite d'ici quelques années, sans avoir pu trouver de remplaçants tandis que la population ne cesse de croître. Préoccupés par cette situation (1), un généraliste et le pharmacien d'Anneyron décident, dès 2008, d'agir et de mobiliser le maire, puis la communauté de communes Rhône Valloire (15 communes, 22.600 habitants). "Rapidement, nous avons décidé d’attirer des jeunes professionnels en répondant à leurs attentes : les regrouper dans un même lieu, au sein d'une maison de santé pluridisciplinaire", explique Marjorie Hubert, directrice générale de la communauté de communes, chargée du suivi de ce dossier. "Ce projet répond à nos préoccupations en matière de démographie médicale. En outre, nous accompagnons une autre maison de santé, à Andance en Ardèche, à 10 kilomètres d'Anneyron."

Une concertation constructive avec les professionnels

Durant deux ans, à Anneyron, comme à Andance, les professionnels de santé volontaires, le maire, des élus communautaires, un architecte et le promoteur immobilier Drôme Aménagement Habitat (DAH) pour Anneyron, se réunissent tous les deux mois. "Nous avons pris le temps de mûrir le projet et de mener simultanément la dimension architecturale, l'organisation et le montage financier." L'idée était également de partir d'éléments concrets - les plans - pour habituer les professionnels libéraux à travailler ensemble, à exprimer leurs attentes, puis à s'organiser en association pour élaborer un projet de santé, tout en préservant une certaine liberté liée à leur activité libérale. "Une exigence et un équilibre, qu'il faut toujours avoir en tête", précise la DGS. "Notre rôle est d'animer et d'accompagner le projet des professionnels de la santé, pas de faire à leur place. C'est une condition de réussite. D’autant que ce sont les professionnels qui feront vivre la structure". En 2011, ils prévoient de s'organiser en association. Le projet de santé se traduira notamment par un partage d'informations, de conseils et de bonnes pratiques entre eux (via un serveur, des réunions...), par la mise en place d'actions de prévention destinées aux patients et par l'accueil de stagiaires. L’installation des praticiens leur permet en outre d'accéder à une aide du Fonds d'intervention pour la qualité et la coordination des soins (Ficqs) et à des loyers très raisonnables, du fait des subventions dont la maison bénéficie.

Une mixité recherchée pour préserver les possibilités d’évolution

La communauté de communes a souhaité que le nouveau bâtiment, construit en centre-ville sur trois niveaux, soit à usage mixte : des locaux commerciaux à orientation médicale au rez-de-chaussée, des cabinets des praticiens de santé au premier étage et des logements sociaux au second étage (associant accession à la propriété et location). Mais pas seulement. "Cet aménagement laisse à la communauté de communes la possibilité d'agrandir la maison de santé en requalifiant ces logements", commente la DGS. La maîtrise d’ouvrage a été confiée à DAH (office public d’habitat) qui pilote la réalisation. Le rez-de-chaussée devrait être revendu par DAH à un pharmacien, un opticien et un cabinet dentaire, le premier étage à la communauté de communes qui le louera à trois généralistes, un cabinet de 6 infirmières, un cabinet de 2 orthophonistes, une psychologue clinicienne et un orthoptiste. Le cout pour la communauté s’élève à 927.810 euros HT (pour 515 m2), avec des financements attendus de l'Etat et de la région à hauteur de 36% et un autofinancement de 185.562 euros HT. Les logements seront gérés directement par DAH.

Des perspectives pour des projets complémentaires

La maison de santé permet à la communauté de réfléchir à d'autres actions. Les hôpitaux Nord Drôme (situés à 15 et 40 km) devraient y tenir des permanences hebdomadaires (neurologie, obstétrie et psychiatrie), voire établir un protocole avec des médecins volontaires de la Maison de santé, pour prendre en charge des patients en suivi d'hospitalisation.
La PMI tiendra également des permanences, avec la possibilité qu'un relais soit pris par les différents professionnels de la maison de santé, par exemple, pour le suivi des enfants scolarisés.
La communauté de communes travaille actuellement sur le projet de maison de santé situé à Andance, dans l’Ardèche, qui devrait ouvrir en 2013. Les deux maisons de santé ont vocation à être complémentaires et à travailler ensemble.

Lucile Vilboux, Acteur Rural, pour la rubrique Expériences des sites www.mairieconseils.net et www.localtis.info

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1- En 2008, l'étude de l'union régionale des médecins libéraux affichait une desserte, pour Anneyron, d'un médecin pour 1.260 habitants avec une prévision pour 2018, d'un médecin pour 2.093 habitants. 

Communauté de communes Rhône Valloire

Nombre d'habitants :

20000

Nombre de communes :

14

Le creux de la Thine
26140 Albon

Irène Fourel

vice-présidente en charge des affaires sociales

Marjorie Hubert

DGS
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