Une politique familiale pour la petite enfance et la jeunesse en concertation avec les employeurs

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Santé, médico-social, vieillissement

Social

Côtes-d'Armor

Parce qu'elles décident de faire connaître aux élus leurs difficultés de survie, les associations pour la petite enfance déclenchent à Lamballe (Côtes-d'Armor) la mise en place de toute une politique intercommunale. Seule la tranche d'âge 6-11 ans demeure de compétence communale. Les besoins des familles sont mieux identifiés et les services, réaménagés ou créés (halte-garderie, banque de matériel pédagogique), trouvent également des soutiens dans le cadre de contrats passés avec la Caisse d'allocations familiales.

Au départ...

Lamballe Communauté est implantée sur un vaste territoire à forte dominante rurale. Certaines communes sont éloignées de plus de quinze kilomètres de la ville-centre. En 1993, Mme Cléret, alors présidente d'une association coordonnatrice de l'animation petite enfance sur le territoire, suscite une rencontre avec les élus pour définir la politique enfance du territoire et favoriser la reconnaissance et le soutien financier de la collectivité publique aux associations locales. Cette réunion aboutit à la constitution de groupes de travail. L'un pour les 0-6 ans, l'autre pour les 11 ans et plus.
Des associations familles rurales (AFR) sont réparties sur plusieurs communes. Certaines, dont une crèche, connaissent des difficultés, notamment à Lamballe. Complétée par une étude sociologique et économique du territoire, une enquête réalisée auprès de la population fait apparaître une insuffisance de structures d'accueil pour les jeunes de 11 à 15 ans. Des familles sont confrontées à des difficultés de garde et réclament l'ouverture d'une halte-garderie.
Toujours en 1993, l'un des vice-présidents de la communauté de communes se porte volontaire pour se pencher sur ces questions. Le comité de pilotage qui se met alors en place fonctionne encore aujourd'hui.

En cours de route...

En 1995, un premier contrat enfance signé avec la Caisse d'allocations familiales permet à la communauté de communes d'ouvrir un relais d'assistantes maternelles et une ludothèque. En 2001, la communauté de communes et la CAF signent un contrat temps libre, et en 2004, la gestion de la crèche associative (auparavant prise en charge par la ville de Lamballe) est confiée à la communauté de communes.
Dans le cadre de sa compétence "enfance", la communauté de communes crée également un certain nombre d'équipements et de services :
- espace multi-accueil ;
- crèche familiale ;
- espace de jeux itinérants ;
- banque de matériel pédagogique pour les structures collectives (centres de loisirs et associations sportives) ;
- point information jeunesse (PIJ) ;
- salle de motricité adossée à une école.
Le comité de pilotage permet d'assurer une coordination d'ensemble sur le territoire. Les centres de loisirs et les garderies 0-6 ans restent de compétence communale.

Les moyens mobilisés et les partenaires...

Les moyens humains et matériels nécessaires à la réalisation de tous ces projets sont considérables. Les publics auxquels s'adressent les structures mises en place requièrent du personnel compétent et diplômé : une directrice puéricultrice, deux éducatrices de jeunes enfants, quatre auxiliaires de puériculture, deux personnes titulaires d'un CAP petite enfance, trois animateurs pour les activités lors des vacances scolaires et deux animateurs pour le PIJ, l'animation jeunesse et la banque de matériel.
Les groupes de travail rassemblent des élus communaux et communautaires, les associations, la CAF, le conseil général des Côtes-d'Armor (Protection maternelle et infantile et service de la solidarité départementale), la Mutualité sociale agricole, la direction départementale de la jeunesse et des sports, l'association départementale information jeunesse.
Les investissements sont importants. Ils bénéficient du soutien financier de la CAF en faveur des structures petite enfance, du conseil général et des fonds européens du Prat. Le bâtiment multi-accueil recevra 80% de financements publics hors participation de la communauté de communes.
La communauté de communes prend ainsi à sa charge environs 66% du coût de fonctionnement. Grâce au contrat enfance, elle peut recevoir en retour, de la CAF et de la MSA, 50% des coûts correspondant à la part des usagers ressortissants du régime général (CAF) et des usagers du régime agricole (MSA). La participation des familles pour l'espace multi-accueil est fonction de leurs revenus (tous les autres services et les conseils du réseau assistantes maternelles sont gratuits).

Pour quels résultats...

Cette politique de coordination territoriale permet d'offrir des services exigés par les habitants en zone rurale. Elle assure une cohérence dans l'offre de qualité. Un forum organisé tous les deux ans favorise les rencontres, les échanges et la coordination des professionnels. Actifs sur chaque projet, les groupes de pilotage facilitent l'appropriation des outils par les partenaires et les élus communaux et communautaires. Le retour vers le local, l'implication sur le territoire communal est alors un gage d'efficacité. La qualité des bilans, la satisfaction des habitants finissent de convaincre les élus de voter les budgets nécessaires.

Et aujourd'hui ?

Cette mise en concertation permanente permet au comité de pilotage de mener un travail prospectif et donc d'anticiper les besoins. Aussi les acteurs voient-ils poindre une demande de la jeunesse pour une plus grande offre d'activités le mercredi. La mise en commun de moyens devrait permettre aux jeunes adultes de trouver des réponses, en matière de création musicale et d'organisation de concerts, dans le centre culturel. La ludothèque pourrait devenir en partie itinérante.
Par ailleurs, une réflexion est engagée sur toutes les possibilités de garde, y compris atypiques (garde au domicile des parents). Des enquêtes auprès des entreprises sur l'évolution des besoins de garde des salariés pourraient également aboutir à une demande de contributions financières des entreprises présentes sur le territoire (un crédit d'impôts est envisagé pour les entreprises qui contribueraient au fonctionnement des crèches en horaires décalés). Il reste cependant à développer des modes de garde sous la forme de crèches.
Les élus ont aujourd'hui bien compris la place particulière de l'aide aux salariés au sein des services à la population.

Thierry Abalea, directeur du centre permanent d'initiatives pour l''environnement Vallée de l'Elorn

Le conseil des élus

Bien s'entourer des compétences et des conseils des partenaires institutionnels qui apportent leurs connaissances d'expériences extérieures au territoire.
S'assurer du partenariat avec les associations.
S'ouvrir aux autres élus du territoire pour globaliser la question de l'offre d'accueil du tout petit et de l'animation jeunesse.
L'engagement de la collectivité locale sur cette question conduit les élus à mieux se mettre à l'écoute des territoires.

Communauté de communes Lamballe Communauté

Nombre d'habitants :

24250

Nombre de communes :

17
50 rue d'Armor
22400 Lamballe

Mme Cléret

Vice-présidente chargée de l'enfance et de la jeunesse
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