Une politique partagée entre pouvoirs publics et entreprises pour répondre au problème de logement des saisonniers

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Santé, médico-social, vieillissement

Social

Gironde

A l'instar d'autres territoires touristiques, du littoral l'été, de montagne l'hiver, confrontés au problème de logement des saisonniers (loyers élevés, cohabitations à plusieurs dans un studio, logements insalubres...), la communauté d'agglomération du Bassin d'Arcachon Sud a choisi de s'investir pour apporter des réponses adaptées. Quinze logements seront disponibles au printemps 2006, et un nombre équivalent en 2007. Hors saison, ces chalets réaménagés permettent de résoudre le problème de logement des jeunes du centre de formation des apprentis.

Sur le bassin d'Arcachon, de mai à septembre, plus de 6.000 salariés occupent un emploi lié au tourisme. D'autres emplois saisonniers s'y ajoutent, dans l'ostréiculture notamment, hors saison estivale. Si la majorité de ces postes sont occupés par des travailleurs locaux, des étudiants ou lycéens, près de 20% concernent des saisonniers venant d'autres territoires, de Bordeaux à Serre-Chevalier, qui ont toujours eu des difficultés à se loger. Ce problème se pose de manière accrue ces dernières années, spéculation foncière et coûts prohibitifs des location aidant. En partenariat avec les professionnels, les élus de la communauté d'agglomération du Bassin d'Arcachon Sud (Cobas) ont lancé une expérimentation dès 2003 pour trouver une première réponse.
Quinze logements, répartis dans cinq chalets (trois chambres par chalet, avec un espace collectif), ont été réservés au logement des travailleurs de la saison estivale. Hors saison, ces chalets accueillent des jeunes du centre de formation des apprentis. Ce sont d'ailleurs ces derniers qui ont inauguré les chalets livrés à l'automne 2005 et qui d'emblée ont affiché complet. "Cette combinaison d'occupation va permettre un taux de remplissage permanent. Cette opération amorce en effet le règlement du problème du logement de saisonniers qui sont souvent logés dans de mauvaises, voire scandaleuses, conditions?, déclare François Deluga, président de l'agglomération, pour qui l'implication des collectivités est largement justifiée. "Tout le monde gagne à ce que les saisonniers puissent trouver un meilleur hébergement. Les entreprises ont des employés plus sereins. Ils  peuvent ainsi mieux attirer et fidéliser des saisonniers avec un bon niveau de qualification sur des postes où il y a beaucoup de concurrence. Les saisonniers voient leurs conditions de vie améliorées et la collectivité conforte son image de qualité d'accueil auprès des estivants?, synthétise l'élu.
Ce projet s'inscrit dans une politique d'accueil et d'accompagnement des saisonniers développée par l'agglomération depuis la création de la Maison des saisonniers en 2002. La résorption des problèmes de logement figurait comme l'une des missions de cette structure associant collectivités, services publics de l'Etat, associations, syndicats et entreprises.

Combinaison de moyens

Les cinq chalets ont été mis à disposition par la commune de La Teste-de-Buch, l'une des quatre communes de l'agglomération qui compte 60.000 habitants permanents et près de 200.000 en saison. L'agglomération a financé les travaux de réhabilitation des chalets conçus dans les  années 1960 et faisant jadis office de centres d'hébergements de loisirs. Un système de chauffage solaire a permis de réduire les coûts. La Teste a offert un bail emphytéotique à l'opérateur HLM (Foyer de la Gironde). La location en a été confiée au comité local pour le logement autonome des jeunes (CLLAJ). "Le CLLAJ est locataire en titre. Il sous-loue aux saisonniers et propose un service d'accompagnement socioprofessionnel?, explique Gerardo Deustua, responsable de la Maison des saisonniers. Une convention a été passée entre l'agglomération et le CLLAJ sur cette prestation de médiation sociale. "Les élus avaient le souci d'assurer du lien social dans la vie de ces saisonniers qui ne sont pas du territoire et peuvent très vite s'isoler. Il s'agissait aussi de prévenir les éventuelles tensions entre salariés et employeurs, veiller au bon usage des chalets, etc.?, justifie Gerardo Deustua. L'idée avait remporté l'adhésion des représentant de l'Umih (Union des métiers et des industries de l'hôtellerie), de la fédération des camping Frahpa, des syndicats de salariés CFDT, CFTC et CFE CGC, réunis dès 2003 par Gerardo Deustua à la suite de la proposition de La Teste de mettre à disposition des chalets pour le logement des saisonniers. De fait, ce sont les employeurs qui financent cet accompagnement.
En pratique, les employeurs doivent faire une réservation préalable d'un ou plusieurs logements. Ils désignent ensuite le bénéficiaire de l'hébergement et règlent l'accompagnement social au CLAJJ (180 euros par mois). Le loyer est facturé 100 euros par mois au saisonnier. Son droit au logement est lié à son "statut" de saisonnier (disposer d'un contrat de travail pour la saison).

Six autres chalets en 2007

Six nouveaux chalets devraient compléter l'offre au printemps 2007, toujours à La Teste. "La conception sera un peu différente. Ces chalets seront réhabilités pour aménager des chambres individuelles permettant à des saisonniers plus âgés ou des couples d'être hébergés?, précise François Deluga. La communauté n'a pas l'ambition d'aller au-delà pour éviter de créer des "ghettos de saisonnier?. En revanche, elle mise sur l'exploration d'un autre marché prometteur, celui de l'hébergement chez des particuliers, notamment des personnes âgées. Des premières expériences de saisonniers logés chez des retraités se sont révélées positives et riches d'échanges intergénérationnels...  une aubaine dans un bassin où 50% de la population a plus de 60 ans !

Communauté d'agglomération du Bassin d'Arcachon-Sud

Nombre d'habitants :

61600

Nombre de communes :

4
2 allée d'Espagne - BP 147
33120 Arcachon

Gerardo Deustua

Responsable de la Maison des saisonniers
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