Valorisation énergétique des déchets : un levier important de la TEE

Centrée sur l’efficacité de l’utilisation des ressources, l’économie circulaire positionne les déchets non plus comme un problème à résoudre, mais comme une nouvelle ressource à exploiter pour produire de nouvelles matières et de l’énergie. Le recyclage et la valorisation des déchets est donc un enjeu de taille au cœur des préoccupations des collectivités pour leur transition énergétique et écologique. C’est le cas pour Rennes Métropole qui a lancé des travaux d’optimisation de son unité de valorisation énergétique de déchets domestiques pour en améliorer les performances environnementales et fournir une énergie verte à davantage d’habitants.

Economie circulaire : les déchets, une nouvelle ressource

Aujourd’hui, en France, un habitant produit 4,9 tonnes de déchets par an*. Même si ce chiffre diminue régulièrement, la gestion des déchets reste une préoccupation forte au regard de l’impact de ces derniers sur notre santé et notre environnement. En parallèle, la raréfaction de certaines ressources naturelles ne cesse de croître. Ce double constat nous conduit à repenser progressivement notre façon de produire les biens et les services de manière plus durable en limitant la consommation et le gaspillage des ressources ainsi que la production des déchets. C’est ce qu’on appelle l’économie circulaire. Ce modèle économique permet d’instaurer un cercle vertueux et éco responsable en favorisant :

  • l’éco-conception : mieux concevoir les produits pour les rendre plus durables (matière recyclées,…)
  • une consommation responsable : achat de produit plus durables grâce à une meilleure information
  • l’allongement de la durée de vie du produit : réparation, réutilisation
  • le tri et le recyclage : meilleur tri des déchets pour mieux les recycles afin de créer de nouvelles ressources

Dans ce modèle, les déchets ne sont donc plus vus uniquement comme un problème à solutionner, mais comme une nouvelle ressource. Leur recyclage et leur valorisation sont des leviers importants de la transition énergétique et écologique. En effet, ils permettent de produire de nouvelles matières, de l’électricité ou de la chaleur, tout en préservant les ressources naturelles et en limitant le recours aux énergies fossiles et les émissions de gaz à effet de serre.

*chiffres 2018 - Ademe

Qu’est-ce que la valorisation énergétique ?

 

Les déchets peuvent être valorisés sous forme de matière ou sous forme d’énergie. Lorsqu’il s’agit de la deuxième option, on parle alors de valorisation énergétique des déchets. C’est-à-dire que l’énergie produite par leur traitement est utilisée sous forme de chaleur ou d’électricité. Dans la majorité des cas, il s’agit d’une valorisation énergétique dite « directe » car les déchets sont incinérés dans une installation spécifique construite afin de minimiser les impacts environnementaux et sanitaires.

Zoom sur l’unité de valorisation énergétique de Rennes

Au cœur de l’économie circulaire de leur territoire, les collectivités territoriales sont largement impliquées dans la gestion des déchets. Ainsi, de nombreux territoires sont mobilisés dans le cadre de la démarche « zéro déchet, zéro gaspillage ». C’est le cas de Rennes Métropole qui est devenue territoire "zéro déchet, zéro gaspillage", dès 2015, avec pour objectifs de :

  • réduire de 40 % les déchets enfouis.
  • réduire de 10 % la production annuelle de déchets par habitant.
  • valoriser 50 % des déchets et optimiser la valorisation énergétique.

Afin d'optimiser la valorisation énergétique de ses déchets, Rennes Métropole a engagé des travaux de réhabilitation de son unité de valorisation énergétique (UVE). Laurent Hamon, vice-président de Rennes Métropole en charge des déchets et de l'économie circulaire, nous en dit plus sur ce projet.

La parole est à ...

 

Laurent Hamon

Vice-président de Rennes Métropole en charge des déchets et de l'économie circulaire


 

  • Pourquoi réhabiliter aujourd’hui l’UVE ?

L'unité de valorisation énergétique de Rennes a été construite entre 1966 et 1968 pour traiter les déchets du territoire et permettre de chauffer le quartier de Villejean.

L'UVE permettait, jusqu'au 1er avril 2022, date de début des travaux, de traiter 18 tonnes/heure de déchets soit environ 144 000 tonnes/an, sur trois lignes distinctes. La vapeur produite par l'usine faisait tourner un turboalternateur fournissant l'électricité nécessaire à l'usine et permettant de chauffer 20 000 équivalents logements, dont le Centre Hospitalier Universitaire Pontchaillou et l'Université Rennes 2.

Depuis sa création, cette installation a connu plusieurs phases de travaux importants, dont les derniers datent de 2005 avec le renforcement des exigences réglementaires sur les rejets atmosphériques. Le programme d'entretien important et régulier a permis à l'UVE de présenter de bonnes performances environnementales. Néanmoins, les fours-chaudières des lignes 1 et 2 ainsi que les équipements les plus anciens du traitement de fumées des trois lignes arrivent en fin de vie et doivent être changés.

Les travaux permettront d'augmenter la performance énergétique en faisant de l'UVE un véritable outil de transition énergétique produisant d'avantage d'énergie avec la même quantité de déchets incinérés.

  • En quoi consistent les travaux ?

Les travaux visent à remplacer les fours, chaudières et dispositifs de traitement des fumées associés les plus anciens par un nouvel équipement de capacité équivalente. À terme, l'usine disposera ainsi de deux lignes de capacité totale équivalent à l'actuelle à savoir 18 tonnes/heure.

Les circulations entre véhicules lourds, légers, engins d'exploitation et piétons seront davantage séparés grâce à l'extension du site, pour plus de sécurité. 30 équivalents temps plein sont prévus dans l'usine réhabilitée.

Le remplacement des équipements les plus anciens et l'amélioration de l'existant amélioreront les conditions d’exploitation et de maintenance de l’usine.

Ces travaux seront aussi l’occasion d’améliorer les conditions de stockage des déchets, notamment lors des arrêts techniques, afin de réduire les tonnages envoyés dans d'autres installations ; réviser les conditions de circulation des véhicules : réduire les gênes induites par la circulation sur les rues Charles Tillon et du Bois Labbé, de créer un véritable circuit de visite pédagogique et d’améliorer l'intégration de l'équipement dans son quartier.

Les travaux permettront d'augmenter la performance énergétique en faisant de l'UVE un véritable outil de transition énergétique produisant d'avantage d'énergie avec la même quantité de déchets incinérés.

Laurent Hamon
  • Quels bénéfices pour les habitants de la métropole ?

La restructuration de l'UVE permettra d'améliorer les performances environnementales. Le recours à des technologies récentes permettra en effet, de limiter les rejets liés à l'incinération. La valorisation énergétique sera améliorée et la chaleur produite mieux utilisée afin de fournir de l'énergie verte de récupération à davantage d'habitants et maitriser à long terme les coûts de l'énergie. Aussi, l'UVE sera mieux intégrée dans son quartier. Sont pris en compte les enjeux de mobilité urbaine, de sécurisation des accès, de gestion des espaces verts...

  • Comment la Banque des Territoires vous a-t-elle accompagné dans ce projet ?

La Banque des Territoires, dont l’une des priorités est de soutenir le développement des collectivités pour des territoires plus durables, a accordé à Rennes Métropole un prêt relance verte pour un montant de 35 M€ sur une durée de 25 ans.

La valorisation énergétique sera améliorée et la chaleur produite mieux utilisée afin de fournir de l'énergie verte de récupération à davantage d'habitants et maitriser à long terme les coûts de l'énergie.

Laurent Hamon

Quelques chiffres clés sur l'Unité de valorisation de Rennes

  • 144 000 tonnes de déchets sont brûlés annuellement à l'usine d'incinération
  • 35 000 équivalents logements chauffés grâce à l'énergie produite par l'usine d'incinération modernisée
  • 55 000 mégawatt-heure fournis annuellement par l'UVE modernisée au réseau, soit la consommation de 13 000 foyers

Traitement des déchets et garantie financière

Le saviez-vous ?

La Responsabilité Elargie du Producteur (REP) prévoit que les personnes responsables de la mise sur le marché français de certains produits, sont responsables de l’ensemble du cycle de vie de ces produits, y l’élimination des déchets qui en proviennent.

Pour gérer ses déchets, le producteur peut s’en occuper directement ou bien transférer cette compétence à une structure dédiée. Pour cela, l'obtention d’un agrément pour la gestion du traitement de ces déchets est obligatoire et conditionnée à la constitution d’une garantie financière. La Banque des Territoires peut consigner la garantie financière obligatoire dans le cadre de cette démarche.