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Vers une généralisation des emplois francs à tous les quartiers prioritaires en 2020

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par
Michel Tendil / Localtis
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Emploi

Politique de la ville

Le projet de budget 2020 de la mission Travail et Emploi met les bouchées doubles pour permettre (enfin) le démarrage des emplois francs qui vont être élargis à l'ensemble des 1.500 quartiers de la politique de la ville. En revanche, ils ne sont pas étendus aux territoires ruraux, comme le demandait la mission Agenda rural.

Pour la première fois depuis le début du quinquennat, le budget de la mission Travail et Emploi est stabilisé en 2020, à 12,2 milliards d’euros, après trois milliards d’euros de baisse entre 2017 et 2019. L’explication : après l’effort très important porté ces dernières années sur les contrats aidés - passés de 486.000 contrats aidés en 2016 à 100.000 parcours emplois compétences (PEC) aujourd'hui -, il n’y a plus grand-chose à rogner. Les principaux bénéficiaires du projet de budget pour 2020 sont les "emplois francs" qui vont être généralisés au 1er janvier 2020  à "l’ensemble des quartiers prioritaires de la politique de la ville", soit 1.500, le double du périmètre actuel, avec un budget de 300 millions d’euros.
Lancés à titre expérimental en avril 2018, le dispositif avait déjà été étendu une première fois à 738 quartiers en mars dernier, avec des critères plus souples définis dans un décret du 24 avril 2019. En revanche on ne voit trace dans le projet de budget d’un éventuel élargissement aux territoires ruraux comme proposé par la mission Agenda rural. 

12.000 contrats signés

Après l’échec d’une première version lancée sous le quinquennat de François Hollande, les critères de ces nouveaux emplois francs avaient déjà été assouplis. Les emplois francs de deuxième génération permettent à tout employeur de bénéficier d'une aide de 5.000 euros par an sur trois ans maximum pour un CDI (et de 2.500 euros sur deux ans maximum pour un CDD de plus de six mois), à l’embauche d’un habitant d'un des quartiers ciblés. Contrairement au dispositif du précédent quinquennat, ils sont ouverts à n'importe quel employeur (entreprise ou association), situé ou non dans un quartier politique de la ville.
Malgré ces améliorations, le dispositif a suscité un faible engouement depuis 2018 mis sur le compte d’un manque de communication. "Pour Pôle emploi, ce sera plus facile de communiquer auprès des chefs d'entreprise sur des départements ou des régions complètes", avait anticipé Muriel Pénicaud en mars dernier. Désormais, avec cette généralisation il n’y aura plus de risque de morcellement en "bouts de territoires", comme elle le décriait.
Selon la rue de Grenelle, on en est aujourd’hui à 12.000 contrats signés, trois fois plus qu’en mars. Mais l’objectif est toujours de 20.000 avant la fin de l’année et de 40.000 fin 2020. Pour y parvenir, les préfets ont la pression : un suivi quantitatif permet au ministère de voir région par région où en sont les signatures par rapport aux objectifs. "On constate une accélération très forte du rythme de prescription hebdomadaire", assure-t-on au ministère. Par ailleurs, chaque employeur déposant une offre chez Pôle emploi est désormais averti de l’existence du dispositif.
Autres grands bénéficiaires de ce budget 2020 : l’insertion par l’activité économique (IAE) qui devrait concerner 175.000 bénéficiaires (contre 150.000 attendus fin 2019), avec un budget d’un milliard d’euros, les entreprises adaptées (dont les emplois devraient être portés à 40.000 l’an prochain avec un objectif de 80.000 à la fin du quinquennat) et le Plan d’investissement dans les compétences (PIC), qui percevra 2,5 milliards d’euros tous financeurs confondus.
À noter enfin que les missions locales vont recevoir une dotation de 20 millions d'euros pour la  mise en oeuvre de l'obligation de formation pour tous les "jeunes décrocheurs" de 16 à 18 ans.

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