Violences conjugales : le gouvernement promet 1.000 places d’hébergement en plus

Le gouvernement veut porter à 9.000, en 2022, le nombre de logements proposés aux femmes victimes de violences conjugales, alors qu'un rapport pointe le fait que 40% de ces femmes ne se voient aujourd'hui proposer aucune solution d'hébergement.

1.000 nouvelles places d’hébergement destinées aux femmes victimes de violences conjugales seront ouvertes en 2022, "avec un financement équivalent à celui prévu en 2021", a annoncé Matignon jeudi 25 novembre, à l’occasion de la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes. Ce qui portera le total à près de 9.000 places fin 2022. Le même jour, l’Etat, le département du Val-d’Oise - pionnier dans ce domaine -  et plusieurs associations ont signé, à Cergy-Pontoise, un nouveau protocole sur l’hébergement et l’accompagnement des femmes victimes de violence. Il s’agit de mieux coordonner l’action de "tous les acteurs", notamment l’association Espérer 95 qui gère le Service intégré d’accueil et d’orientation et le 115 du Val-d'Oise, l’association Du Coté des Femmes ainsi que le Centre d’information sur les Droits des Femmes et des Familles 9. Par ailleurs, trente places d'hébergement supplémentaires seront créées, dont 20 seront financées par le département via son fonds de solidarité logement. Pas moins de quatre ministres – Elisabeth Moreno (Egalité entre les femmes et les hommes), Marlène Schiappa (Citoyenneté), Emmanuelle Wargon (Logement) et Nathalie Elimas (secrétaire d’Etat chargée de l’Education prioritaire) - ont fait le déplacement dans ce département particulièrement touché, alors que la lutte contre les violences conjugales a été érigée en "grande cause du quinquennat". Sur les dix premiers mois de l'année, 1.500 procédures judiciaires pour violences conjugales ont été ouvertes dans le Val-d'Oise, selon les chiffres des autorités, soit une augmentation de 21%. "L’hébergement des femmes victimes de violence est un enjeu majeur de la lutte contre les violences conjugales. En effet, trop de femmes en danger ne quittent pas leur domicile par crainte de se retrouver à la rue", soulignent les ministères, dans un communiqué.
L’Association des maires de France (AMF), qui a aussi fait de ce sujet la "grande cause" de ce mandat municipal (2020-2026), a rappelé jeudi l’importance du "défi de l’hébergement d’urgence (hébergement dédié, accompagnement social et psychologique, …) et du logement des victimes (partenariats renforcés dans le secteur du logement social)", qui figure parmi les dix priorités qu’elle se fixe dans la lutte contre les violences faites aux femmes. Pour ce qui est du parc social, quelque 20.000 places ont été attribuées à des victimes de violences conjugales, a indiqué Elisabeth Moreno, le 23 novembre, lors des questions au gouvernement, à l'Assemblée.

40% de victimes sans solution de logement 

Malgré le déploiement de ces efforts depuis le "Grenelle" contre les violences conjugales, fin 2019 (qui a permis au parc d'atteindre les 7.890 places pour un coût d'environ 83 millions d'euros), environ 40% de femmes victimes de violences conjugales ne se voient proposer aucune solution d’hébergement, selon un rapport de la Fondation des femmes, publié le 18 novembre. "Dans la majorité des cas, c’est la femme et ses éventuels enfants qui quittent le domicile", souligne-t-il. Et "seules environ 12% des demandes d’hébergement effectuées par des femmes victimes de violences aboutissent à une orientation sur une place adaptée à leur parcours spécifique", avec un accompagnement juridique et psychologique, selon ce rapport réalisé avec la Fédération nationale solidarité femmes (FNSF) qui gère la ligne d'appel 3919. Le rapport intitulé "Où est l’argent pour l’hébergement des femmes ?" pointe aussi le manque de financements. Il faudrait selon la fondation multiplier le nombre de places par 3 à 5 et le budget de 5 à 8.
Selon les chiffres du service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI) publiés lundi 22 novembre, 125 victimes ont été tuées par leur partenaire en 2020 contre 173 en 2019. Il s’agit très majoritairement des femmes (102 en 2020 contre 146 en 2019). 101 décès de femmes sont à déplorer depuis le début de l’année. Les plaintes de victimes de violences conjugales ont augmenté de 10% en 2020, avec 159.400 victimes dont 139.200 femmes. "ll s’agit majoritairement, comme en 2019, de violences physiques volontaires ayant entraîné ou non une incapacité totale de travail”, indique le ministère de l’Intérieur.

 

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