Culture - 40% des Français fréquentent une bibliothèque municipale, mais pas forcément pour lire

Douze ans après la précédente livraison, en 2005, le ministère de la Culture publie une enquête intitulée "Publics et usages des bibliothèques municipales en 2016", menée auprès d'un échantillon de plus de 4.000 personnes. Son principal intérêt est de montrer que les usages ont profondément évolué, sur une période finalement assez courte. Au passage, l'étude rappelle qu'avec "un maillage territorial exceptionnel de plus de 16.000 lieux de lecture - 7.000 bibliothèques et 9.000 points d'accès au livre - la lecture publique est le premier réseau culturel de France".

Une fréquentation de plus en plus importante...

Les résultats sont d'autant plus satisfaisants qu'entre 2005 et 2016, la pénétration des équipements numériques au sein des foyers et l'usage du numérique se sont très fortement développés. Or ceux-ci ne sont pas vraiment un atout pour la fréquentation des bibliothèques.
Pourtant, celles-ci affichent, elles aussi, une forte progression, qui commençait déjà à s'amorcer dans l'enquête de 2005. Aujourd'hui, 87% des Français de quinze ans et plus déclarent avoir fréquenté une bibliothèque municipale au moins une fois dans leur vie, soit quinze points de plus qu'en 2005... Ce résultat tient, pour une large part, à la hausse de la fréquentation par les jeunes générations.
Si on se limite aux utilisateurs réguliers, il apparaît que 40% de la population française a fréquenté une bibliothèque municipale au moins une fois au cours des douze dernier mois. Ce taux était de 35% en 2005 et de 25,7% en 1997. Un véritable plébiscite pour les bibliothèques municipales, dont le nombre et l'offre se sont fortement accrues entretemps.

... mais de moins en moins d'inscrits

L'enquête révèle aussi un paradoxe : si la fréquentation ne cesse ainsi de croître, le nombre d'inscrits diminue en revanche régulièrement. Le taux d'inscrits passe ainsi de 21% en 2005 à 16% en 2016. Autre façon d'aborder la question : en 1997, 69% des usagers des bibliothèques municipales étaient inscrits, mais ils n'étaient plus que 59% en 2007 et 39% en 2016. Une diminution de 30 points en vingt ans.
L'explication est avancée par l'étude elle-même : "Si la place du livre et de l'emprunt demeure centrale dans l'activité des équipements de lecture publique, elle a fortement baissé au profit d'autres pratiques qui se répartissent sur la diversité de l'offre proposée par les bibliothèques. [...] Si l'on continue à emprunter dans les bibliothèques, on vient aussi de plus en plus y faire tout autre chose."

Numérique et autres pratiques

Question : en quoi consiste ce "tout autre chose". La réponse porte un nom : le numérique. Ainsi, parmi les usagers des bibliothèques municipales des douze derniers mois, 43% ont eu au moins une activité utilisant l'informatique ou les services en ligne de la bibliothèque, ce qui correspond à quatre activités principales : la consultation sur place du catalogue en ligne, proposé par près des deux tiers des bibliothèques (19% des usagers), l'utilisation d'un ordinateur de la bibliothèque - proposée par neuf bibliothèques sur dix - sans se connecter à internet (13% des usagers) ou en s'y connectant (13% des usagers), ou encore l'utilisation du réseau wifi de la bibliothèque avec son propre ordinateur ou smartphone (11% des usagers).
Même si on laisse de côté le numérique, il existe aussi d'autres activités. Certes l'emprunt de livres reste le motif principal de la venue en bibliothèque municipale (55% de taux de pratique), de même que la lecture de livres sur place (51%) ou la lecture de la presse sur place (26%). Mais on trouve aussi d'autres activités : la visite d'une exposition organisée par la bibliothèque (17% de taux de pratique), l'emprunt de magazine (16%), le travail sur place avec ses propres documents (15%), l'emprunt de DVD (14%), l'accompagnement des enfants pour participer à des animations (14%), l'emprunt de CD de musique ou de vinyles (13%), l'écoute de CD sur place (9%)...

Un plébiscite sans beaucoup d'équivalents

Cette diversification de l'offre et des usages est loin de nuire aux bibliothèques municipales. Bien au contraire, elle contribue - avec les investissements importants en faveur de l'accueil et de la qualité des lieux - à une amélioration continue de leur image : 76% des usagers - tous modes de fréquentation confondus - considèrent ainsi les bibliothèques comme des lieux utiles à tous (19% comme des lieux utiles seulement à certains).
De même, sur sept critères différents - qualité de l'accueil, conditions d'emprunt, conseils, diversités des collections, horaires, animations... - les taux de satisfaction des usagers occasionnels ou réguliers au cours des douze derniers mois vont de 82% à 91%, dont une proportion de "très satisfaits" allant de 31% (sur les animations) à 48% (sur la qualité de l'accueil). Un juste retour des choses pour les investissements consentis par les collectivités en faveurs des bibliothèques et la confirmation d'un plébiscite que bien peu de services publics peuvent revendiquer...

 

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