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5G :  15 villes françaises couvertes "dès le 3 décembre"

L'opérateur historique des télécoms Orange a annoncé mercredi 25 novembre 2020 le lancement de son réseau mobile 5G "dès le 3 décembre 2020" dans 15 villes françaises alors que d'autres communes demandent toujours un moratoire. Dans le même temps, le gouvernement appelle à une "grande vigilance" concernant l'information donnée aux consommateurs et recommande aux opérateurs de leur faciliter l'accès à des cartes de couverture. 

"D'ici la fin de l'année, plus de 160 communes seront couvertes en 5G", a annoncé Orange dans un communiqué, promettant des débits "jusqu'à 3 à 4 fois plus rapides que la 4G" grâce à un large spectre sur la bande de fréquences 3,5 GHz.  A l'instar de Bouygues Telecom, Orange avait pour l'instant communiqué ses offres tarifaires 5G grand public et entreprises sans pour autant annoncer de plan de couverture géographique précis. Seul SFR a lancé officiellement son réseau mobile de dernière génération à Nice depuis vendredi 20 novembre, tandis que Free a évoqué un lancement dans "les prochaines semaines".
Après avoir versé 2,789 milliards d'euros à l'État pour s'emparer de "blocs" mis aux enchères début octobre (lire notre actualité du 2 octobre 2020), les opérateurs peuvent jouir de leurs fréquences 5G depuis le 18 novembre. Ils restent toutefois soumis à des procédures administratives liées aux autorisations techniques à déposer auprès de l'Agence nationale des fréquences (ANFR) et aux demandes d'information des mairies.

 

Une 5G "respectueuse des villes et de leur position"

 

Or plusieurs maires écologistes ou de gauche de grandes villes, notamment à Lille ou Grenoble, ont déclaré être en faveur d'un moratoire jusqu'à la publication prévue au printemps 2021 d'un rapport de l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses).(lire notre actualité du 3 septembre et du 12 octobre).
"Le déploiement se fera de manière progressive et dans un dialogue constructif avec l'ensemble des collectivités locales, en parallèle de nos efforts pour élargir la couverture du territoire français en 4G", a indiqué Stéphane Richard, PDG d'Orange, cité dans le communiqué. "Pour Paris, qui n'a pas de moratoire, mais a engagé une concertation citoyenne, il n'y aura pas de déploiement de nouvelles antennes 5G Orange, tant que cette démarche n'est pas achevée", a-t-il encore confié au quotidien Les Echos, ajoutant être en faveur d'une 5G "respectueuse des villes et de leur position".

 

Vigilance sur l’information donnée aux consommateurs

 

Les gains en termes de débit seront "très variables", “progressifs dans le temps et selon les territoires” et "dépendront des bandes de fréquence utilisées (700 MHz ou 3,4-3,8 GHz), de la densité de l’installation des équipements 5G et du nombre d’utilisateurs connectés à l’antenne", a prévenu le gouvernement par la voix de Cédric O, dans un communiqué du 20 novembre. “Le lancement des premières offres utilisant cette technologie appelle donc une grande vigilance sur l’information donnée aux consommateurs, notamment dans les communications commerciales qui accompagneront ces offres”, a t-il rappelé.  Dans ce même communiqué, il rappelle qu’il a “demandé la plus grande responsabilité aux opérateurs et affirmé aux associations que la DGCCRF (1) serait particulièrement vigilante dans ses contrôles”. 

 

Des cartes qui reflètent "le niveau de qualité de service théorique accessible en 5G"

 

Par ailleurs, en octobre, l’Arcep a tenu des travaux rassemblant des associations de consommateurs, des acteurs de la mesure et les opérateurs, en vue de faciliter pour les consommateurs la lecture technique des premières offres 5G. Suite à ces travaux, l’Arcep a émis le 22 octobre un ensemble de recommandations pour les opérateurs mobiles, notamment celle de publier des cartes permettant de refléter le niveau de qualité de service théorique accessible en 5G (lire notre actualité du 5 novembre). Ainsi, ne répondrait pas à cette exigence une carte 5G qui mêlerait des bandes de fréquences très différentes comme la 3,5 GHz d’une part et les autres fréquences d’autre part, “sauf à dégager de manière pertinente pour l’utilisateur au moins deux niveaux de service sur la carte”. La précision, apportée en note de bas de page dans le communiqué du 20 novembre, montre bien à quel point il va être complexe d'être transparent ou, a contrario, aisé de confondre le consommateur... 
En complément, l’Arcep doit lancer dans la foulée du lancement des premières offres commerciales un observatoire pour accompagner le déploiement de la 5G, et informer élus et citoyens de son arrivée sur le territoire (lire notre actualité du 5 novembre).
Le prochain rendez-vous est fixé au mois de janvier 2021 par le secrétaire d’Etat au numérique à tous les acteurs concernés. 

(1) La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes est une administration française relevant du ministère de l'Economie 

 
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