Autotests à l'école : le rôle des collectivités pourrait évoluer

La dernière réunion du groupe de travail interministériel de gestion de crise, consacrée aux questions d'éducation et de petite enfance, pourrait faire évoluer la doctrine en matière de fourniture des autotests. Les collectivités et les écoles devraient être impliquées pour une gestion au plus près du terrain.

Les modalités de gestion de la crise sanitaire à l'école s'affinent de façon à mieux prendre en compte la position des collectivités locales. Lundi 17 janvier 2022, lors d'une réunion du groupe de travail interministériel de gestion de crise consacrée à la petite enfance, à l'éducation et au travail partenarial, à laquelle participaient les associations d'élus locaux, plusieurs mesures ont été discutées dans ce sens.

La plus emblématique est sans doute celle portant sur la fourniture des autotests aux familles d'enfants positifs au covid-19 ou cas contacts dans le cadre scolaire. On se souvient qu'il y a une semaine, le Premier ministre annonçait que les enfants cas contacts, qui devaient jusqu'alors réaliser un premier test PCR ou antigénique, en pharmacie ou en laboratoire, puis deux autotests au bout de deux et de quatre jours, pourraient désormais recourir à trois autotests à retirer en pharmacie. Jean Castex avait alors écarté une fourniture des autotests par les écoles de crainte de mal cibler les établissements.

Des autotests gérés par les écoles ou les collectivités

Un revirement s'est opéré sur ce sujet lors de la réunion du groupe de travail interministériel. Des autotests pourront finalement être mis à disposition des écoles et des crèches, à la charge de l'Assurance maladie et sans avance de la part des familles ou des collectivités. Ces dernières pourraient, le cas échéant, prendre en charge la logistique. "L'idée est de rendre disponibles les autotests au plus près du terrain, que ce soit le plus facile pour les familles, qu'elles n'aient pas à gérer à la fois les conditions un peu traumatisantes du test pour les enfants et le fait de savoir où se procurer les autotests", précise Étienne Chaufour, qui participait à la réunion du groupe de travail en sa qualité de directeur chargé de l'éducation et de la petite enfance à France urbaine.

Dans le détail, trois autotests seront fournis aux familles dont les enfants ont été, soit positifs au covid-19, soit cas contacts, afin de détecter une infection à J0, J2 et J4. La logistique précise sera décidée pour chaque territoire par le préfet selon les capacités des acteurs locaux impliqués dans l'éducation. Il a en outre été affirmé que des stocks d'autotests étaient actuellement disponibles.

Par ailleurs, la question  de l'homologation des tests salivaires de dépistage du covid-19, tels qu'ils sont déjà pratiqués en Allemagne ou en Suède, a également été soulevée. Une étude va être réalisée afin d'évaluer la pertinence d'un recours à cette méthode jugée moins invasive pour les plus petits.

Capteurs de C02 : une fausse bonne idée ?

Autre sujet abordé : l'achat de capteurs de CO2 pour les écoles. Ici, les associations d'élus ne sont pas tout à fait d'accord entre elles sur le caractère indispensable de ces instruments de mesure. Si toutes estiment que l'État doit prendre en charge intégralement ces investissements – et simplifier les procédures de demande d'aides –, l'AMRF privilégie dans un communiqué du 12 janvier "l’ouverture régulière des fenêtres",  tout comme France urbaine qui, par la voix  d'Étienne Chaufour, juge que "le capteur de CO2 ne doit pas devenir une fausse bonne idée. Laisser entendre aux familles ou aux enseignants que le capteur va résoudre le problème de l'air dans les classes est erroné". Un autre enjeu révélé par la crise sanitaire, au titre du bâti scolaire, est de savoir comment solutionner la question des classes dans lesquelles les fenêtres ne s'ouvrent pas. Un chantier qui demandera, lui aussi, des investissements conséquents…

Dernier sujet d'importance abordé par le groupe de travail : le coût de la crise dans les écoles et dans les crèches pour les collectivités. "Nous avons défini les modalités pour pouvoir nous mettre au travail sur cette question, explique Étienne Chaufour. La crise a coûté très cher dans les écoles et les crèches, que ce soit à travers les remplacements, des taux d'encadrement plus importants ou des investissements. Il nous faut évaluer ces dépenses supplémentaires, mais aussi, à l'inverse, les dépenses auxquelles nous n'avons pas dû faire face, en restauration durant certaines périodes, par exemple". Une évaluation qui devrait déboucher sur une compensation de la part de l'État selon la règle du "quoi qu'il en coûte", a appris Localtis.

 

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