Protocole sanitaire à l'école : déjà une V2 pour janvier 2022

Un deuxième protocole sanitaire en quatre jours a été mis en ligne le 6 janvier 2021 par le ministère de l'Éducation nationale. Il prend en compte la difficulté à se procurer des autotests et modifie les mesures en matière de continuité pédagogique, de sport à l'école et de cantine.

C'est sans doute un record dans l'histoire déjà riche de la gestion de la crise sanitaire à l'école : un deuxième protocole sanitaire a été publié le 6 janvier… soit quatre jours à peine après celui publié à la veille de la rentrée du 3 janvier.

Alors que 28 établissements scolaires (20 écoles, 6 collèges et 2 lycées) et 9.202 classes étaient fermés et que 47.453 cas de contamination ont été confirmés chez les élèves et 5.631 chez les personnels au cours des quatre jours précédents, ce nouveau protocole prend la forme d'une mise à jour de la FAQ (foire aux questions) du ministère de l'Éducation nationale.

Continuité pédagogique en pointillés

On retiendra d'abord trois points portant sur la continuité pédagogique, l'éducation physique et sportive, et les cantines. La continuité pédagogique des enfants positifs ou cas contacts s'inscrira le plus souvent en pointillés. En effet, si la classe continue, le protocole prévoit simplement que l'enseignant veille "a minima" à transmettre aux absents les "polycopiés [et, on le suppose, les photocopies, ndlr] distribués en classe" et informe les familles sur les exercices réalisés en classe et les devoirs donnés. Selon les dispositifs existant dans chaque établissement, les documents peuvent également être transmis par voie numérique ou mis à disposition des familles à l’école. Toujours en cas de maintien de la classe, les cours Lumni (proposés par les acteurs de l’audiovisuel public) ainsi que les exercices associés peuvent servir d’appui aux professeurs, mais "sans modifier les séances prévues avec les élèves en présence". Là encore, en fonction des équipements disponibles et uniquement sur le temps de classe, le professeur peut proposer des cours à distance. Autant de mesures qui visent à éviter que les emplois du temps des enseignants ne deviennent des casse-tête ingérables. Si, en revanche, l'établissement est fermé, le plan de continuité pédagogique est activé pour tous les élèves.

Sport avec masque

En ce qui concerne l'éducation physique et sportive, les équipements sportifs des collectivités territoriales peuvent toujours être utilisés pour la pratique sur le temps scolaire. Toutefois, pour le mois de janvier 2022, le ministère recommande de ne recourir qu'aux seules activités de faible intensité compatibles avec le port du masque par les élèves.

Repas à emporter

Nouveauté également du côté des cantines scolaires. Si, de manière générale, les plages horaires et le nombre de services doivent rester adaptés pour permettre la limitation du brassage, y compris en exploitant d’autres espaces que les locaux habituellement dédiés à la restauration (espaces extérieurs, gymnases, salles des fêtes, etc.), il pourra désormais "être proposé, en dernier recours, des repas à emporter". Et la FAQ de préciser : "Si possible en alternant pour les élèves les repas froids, à emporter, et les repas chauds à la cantine par roulement un jour sur deux." On ne dit rien, en revanche, sur les lieux où ces repas à emporter pourront être consommés…

On notera encore les mesures pour les internats : il est recommandé d’organiser des rotations pour l’accès aux espaces collectifs (salles de bains, de restauration ou de vie commune), d'appliquer une distanciation d'au moins un mètre entre les lits au collège et d'attribuer des chambres individuelles au lycée ou, à défaut, entre élèves d’un même groupe, d'appliquer une distanciation d'au moins un mètre entre les lits.

Cas contacts : une gestion assouplie

Ce qui retiendra encore l'attention est l'adaptation des protocoles relatifs aux tests de dépistage et à la gestion des personnes positives et des cas contacts. Les précédentes mesures avaient fait l'objet d'interrogations quant à leur mise en œuvre, qualifiée d'"usine à gaz" par une représentante syndicale.

Tout d'abord, les tâches des directeurs et chefs d’établissement sont allégées : ils n'ont plus à transmettre les listes de cas contacts aux caisses primaires d’assurance maladie. De la même manière, faute de disponibilité de la part des laboratoires, les objectifs quantitatifs pour les campagnes de dépistage par tests salivaires ne sont plus à l'ordre du jour.

Un assouplissement est également prévu dans le cas où un élève de la classe accueilli sur présentation d’un test négatif se déclare positif (par exemple suite à autotest réalisé à J2 ou J4), ce que le ministère appelle un "cas perlé". Désormais, "le cycle de dépistage ne redémarre [pour toute la classe] que si le second cas confirmé a eu des contacts avec les autres élèves après un délai de 7 jours suite à l’identification du premier cas". Par ailleurs, les cas intrafamiliaux ne font plus l’objet de consignes particulières mais sont traités comme les autres cas contacts et les élèves ayant contracté le Covid-19 depuis moins de deux mois ne sont plus soumis à l’obligation de dépistage ou de quarantaine.

Enfin, on notera qu'en cas de difficulté pour obtenir des autotests, la surveillance peut également se faire par un test antigénique ou, à défaut, PCR. Dans ce dernier cas, le résultat devra être obtenu avant la reprise des cours.

Le Snuipp-FSU, premier syndicat d'enseignants du primaire, a dénoncé vendredi 7 janvier "une pagaille indescriptible" dans les écoles en raison de l'épidémie de Covid-19 et annoncé un appel à la grève nationale  pour le jeudi 13 janvier 2022. 

 

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