Jean-Noël Escudié / P2C

Culture / Tourisme - Avec une hausse de 10%, la fréquentation des monuments nationaux frise le record de 2014

Tourisme, culture, loisirs

Comme chaque année, le Centre des monuments nationaux (CMN) publie, dès les premiers jours de janvier, les chiffres de fréquentation, durant la période précédente, des monuments et sites dont il assure la gestion. Les résultats 2017 ne souffrent pas d'interprétation : ils témoignent à l'évidence du retour des visiteurs. La centaine de monuments et sites du CMN ont en effet accueilli l'an dernier 9.476.510 visites, soit 10% de plus qu'en 2016. Ce chiffre permet au CNM de retrouver presque son niveau historique de 2014 (9,534 millions de visites). Le Centre explique notamment ce résultat par le retour des touristes étrangers.

Une très bonne année pour Paris et l'Ile-de-France

"A l'instar d'autres établissements culturels, le CMN avait subi les effets d'une conjoncture touristique et économique contrainte en 2015 et 2016 [comprendre les conséquences des attentats de Paris et de Nice, ndlr], années qui avaient vu la fréquentation diminuer à 9,2 puis à 8,5 millions de visites", rappelle-t-il. L'amorce de la reprise était perceptible dès les premiers mois de 2017, mais elle s'est confirmée à partir de l'été, avec une hausse de 8% sur la période.
Paris, fortement touchée par la crise du tourisme après les attentats, bénéficie à plein de cette reprise. Parmi les monuments les plus emblématiques de la capitale gérés par le CMN, le Panthéon progresse de 23%, grâce en particulier à l'engouement pour l'exposition "Marie Curie, une femme au Panthéon", tandis que l'Arc de triomphe - le plus fréquenté du réseau (1,6 million de visites) - affiche une hausse de 19%, la Sainte-Chapelle de 16% (franchissant ainsi le seuil du million), les tours de Notre-Dame et la Conciergerie de 7%. Globalement, la fréquentation des monuments du CMN en Ile-de-France a progressé de 16% l'an dernier.

Fréquentation soutenue en régions

En régions, le Mont Saint-Michel reste le deuxième monument du réseau le plus fréquenté (1,2 million de visites). Malgré la persistance de difficultés logistiques et de gouvernance (voir notre article ci-dessous du 19 décembre 2017), sa fréquentation augmente de 6%. Parmi les autres grands monuments et sites en régions, les taux de progression sont de 20% pour le château d'Angers, de 28% à Azay-le-Rideau, tandis que le château comtal et les remparts de Carcassonne connaissent une stagnation (549.000 visites), mais avec un net retour des touristes espagnols, anglais, allemands et belges.
Ces bons résultats d'ensemble valent aussi pour des monuments moins connus. Parmi les plus fortes hausses - même si le nombre de visiteurs reste sans commune mesure avec les grands monuments -, figurent ainsi la place forte de Mont-Dauphin (+51%), le château de la Motte-Tilly (+39%), le monastère de Saorge (+29%), le monument d'Auguste à La Turbie (+23%), la colonne de la Grande Armée à Wimille (+17%)...

Le patrimoine monumental, "outil puissant de dynamisation des territoires par la culture"

Dans sa synthèse, le CMN souligne également les bons résultats de la programmation culturelle qui, doublée d'"une politique forte de partenariats institutionnels, dynamise le niveau de fréquentation dans les monuments". Le communiqué cite de nombreux exemples de ces opérations, comme la saison "En lices" consacrée à la tapisserie (à Châteaudun, Angers et Reims) ou le partenariat entre le CMN et les Rencontres de la photographie d'Arles,
Au final, pour Philippe Belaval, le président du CMN, "ces résultats consolident la position du Centre des monuments nationaux, premier operateur du ministère de la Culture, par le nombre de visites reçues. Ils constituent un signal favorable au moment où l'établissement est engagé dans un grand nombre de chantiers de restauration ou de transformation. Plus que jamais, le patrimoine monumental apparaît comme un outil puissant de dynamisation des territoires par la culture".

Investissement dans les hébergements touristiques

Revitaliser et conforter l’attractivité des centres-villes par la construction ou la rénovation d’hôtels et résidences touristiques.

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