Baromètre sur la jeunesse 2021 : l’aide alimentaire et le soutien psychologique sont les aides exceptionnelles les mieux identifiées par les jeunes

Chez les jeunes, les aides exceptionnelles mises en place depuis le début de la crise ont pu diminuer le "sentiment de non-recours" mais également faire un peu d’ombre aux dispositifs préexistants. Selon le dernier baromètre Djepva sur la jeunesse, la méconnaissance des prestations s’est renforcée chez les 18-30 ans, tandis que l’aide alimentaire et les cellules de soutien psychologique sont les nouveaux dispositifs les mieux identifiés. Le baromètre confirme par ailleurs l’impact important de la pandémie sur le quotidien et l’état d’esprit d’une majorité de jeunes, confrontés à un cumul de difficultés à un moment charnière de leur vie et envisageant pour un tiers d’entre eux un changement de trajectoire professionnelle.    

Pour soutenir les jeunes depuis le début de la crise sanitaire, de nombreuses aides exceptionnelles (repas à un euro pour les étudiants, soutien psychologique, aide à l’installation dans un logement, soutien à l’emploi…) ont été mises en place, aux côtés de dispositifs préexistants. Ces aides ont-elles rencontré leur public ? Selon le dernier baromètre Djepva (1) sur la jeunesse, réalisé par le Crédoc pour l’Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire (Injep) et paru le 21 janvier 2022, le "sentiment de non-recours" a baissé, avec 24% de jeunes qui estimaient en avril 2021 qu’ils n’ont pas bénéficié dans les 12 derniers mois de certains dispositifs, allocations, droits, aides ou tarifs sociaux auxquels ils pouvaient prétendre, contre 29% en 2020. "Cette multiplication des dispositifs exceptionnels a plutôt eu tendance à diminuer le sentiment de non-recours", a analysé Sandra Hoibian, directrice du pôle Société au Crédoc, lors de la présentation en ligne des résultats du baromètre. L’enquête portait sur un échantillon de quelque 4.600 jeunes de 18 à 30 ans résidant en France.

Le sentiment de non-recours est plus prononcé chez les hommes, les jeunes dont le foyer vit avec moins de 1.200 euros par mois (30% d’entre eux), les étudiants ou élèves qui travaillent ou encore les jeunes locataires d’un logement social. En 2021, un tiers des jeunes ignorent s’ils sont en situation de non-recours ou non, un résultat en hausse de quatre points par rapport à 2020. Cette incertitude sur le fait d’accéder ou non à ses droits est plus marquée chez les jeunes au chômage (41% d’entre eux), les jeunes logés dans un foyer, une résidence universitaire ou un hôtel meublé (40%), les femmes et les 18-24 ans.         

Davantage de méconnaissance des dispositifs préexistants

Autre résultat issu de ce dernier baromètre : la méconnaissance des prestations et dispositifs d’aide aux jeunes a progressé. La plupart des dispositifs (revenu de solidarité active, aides au logement, prime d’activité, allocation pour adultes handicapés, offre sociale de logement type foyers de jeunes travailleurs…) sont concernés ; seuls la complémentaire santé solidaire, déployée depuis novembre 2019, et la garantie jeunes ont gagné en notoriété. Selon la publication, les jeunes qui ne connaissent aucun dispositif sont minoritaires (6% en 2021, après 4% en 2020), de même que ceux qui les connaissent tous (5% en 2021, après 6% en 2020). Entre ces deux extrémités, "un jeune sur quatre (39 %) déclare connaître entre 1 et 5 des dispositifs, et la moitié (49 %) entre 6 et 10 d’entre eux".

38% des jeunes sondés connaissent la plateforme "Un jeune, une solution" 

Parmi les aides mises en place depuis le début du Covid, "l’aide alimentaire et les cellules de soutien psychologique sont celles qui sont le mieux identifiées par les jeunes", peut-on lire dans l’étude, avec respectivement 58% et 52% des jeunes interrogés qui déclarent en avoir entendu parler. Viennent ensuite l’aide à l’embauche des jeunes pour les entreprises (45% des jeunes l’ont identifiée) et la plateforme "Un jeune, une solution" (38% des jeunes). "Ces nouveaux dispositifs exceptionnels ont peut-être fait un peu d’ombre à ceux qui existaient auparavant", commente Sandra Hoibian.

L’étude propose une analyse des motifs de non-recours. Interrogés sur leur situation personnelle, les jeunes interrogés mettent en avant le fait que leur demande d’aide n’a pas abouti (18%), avant le manque d’information sur les aides et les interlocuteurs (16%). Ce manque d’information est à l’inverse considéré comme le premier motif de non-recours quand il s’agit des "autres" (26% des répondants). Il est rappelé que "la lutte contre le non-recours est une priorité politique et au cœur d’un des engagements de la stratégie nationale de prévention et de lutte contre la pauvreté".

(1)  Djepva : Direction de la jeunesse, de l’éducation populaire et de la vie associative, ministère de l’Education nationale, de la Jeunesse et des Sports 

  • Avec la crise sanitaire, un tiers des jeunes remettent en cause leur projet professionnel ou de formation

Sans surprise, l’édition 2021 du baromètre Djepva sur la jeunesse met en évidence "une forte pénibilité de la période pandémique chez les jeunes", une amplification de la précarité ainsi qu’un impact fort de la crise sanitaire en termes de sociabilité ("une 'pause' dans les relations sociales à un moment charnière pour la constitution du réseau social", autant personnel que professionnel). Selon les résultats du baromètre, un cumul de difficultés a été largement partagé par les 18-30 ans au cours des 12 derniers mois (manque de motivation pour 67% d’entre eux, isolement pour 59%, perte d’argent et manque de vie amoureuse pour la moitié des jeunes, dépression pour 38% d’entre eux…). L’état d’esprit général est plus négatif en 2021 qu’en 2020 (- 5 points) et "la confiance en l’avenir vacille" (60% des jeunes confiants, après 67% en 2020). Un tiers des jeunes interrogés considèrent que la crise sanitaire a "changé" leur projet professionnel ou de formation, avec des critères liés à la rémunération qui remontent par rapport à l’intérêt des missions.    

Ce contexte difficile "n’entame pas un esprit de solidarité", soulignent l’Injep et le Crédoc, avec notamment une progression de l’engagement bénévole déclaré par les jeunes interrogés. Outre l’état d’esprit des jeunes et l’accès aux droits sociaux, le baromètre porte sur la mobilité quotidienne, le parcours résidentiel, la mobilité européenne et internationale, l’engagement citoyen et, pour cette année, les discriminations.

 

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