Localtis

Enfance - Bien-être des enfants : la France peut mieux faire

Publié le
par
Jean-Noël Escudié / PCA
dans

Jeunesse, éducation et formation

Santé, médico-social, vieillissement

Social

L'Unicef, à travers sa fondation Innocenti basée à Florence, publie une nouvelle livraison de son "Etat des lieux du bien-être des enfants dans les pays riches". Ce document, qui couvre 29 pays parmi les plus développés (Union européenne et OCDE), construit un indice et un classement global de ces Etats, à partir de l'agrégation d'indicateurs eux-mêmes regroupés en cinq "dimensions" : bien-être matériel, santé et sécurité, bien-être éducationnel, comportements et risques, logement et environnement. Avec le 13e rang sur 29 dans le classement général, la France occupe une position très moyenne. Les premiers rangs sont occupés par les Pays-Bas, suivis de quatre Etats nordiques (Finlande, Islande, Norvège et Suède). L'Allemagne (6e), la Suisse (8e), la Belgique (9e) et l'Irlande (10e) sont également mieux placés. La France devance, en revanche, de grands pays comme le Royaume-Uni (16e), le Canada (17e), l'Espagne (19e), l'Italie (22e) ou les Etats-Unis (26e).
Si l'on regarde le classement respectif des cinq "dimensions", la France s'en tire plutôt bien sur le bien-être matériel des enfants (10e) et sur la santé et sécurité (10e). Elle est dans la moyenne quant au bien-être éducationnel (13e), mais accuse du retard sur les comportements et risques (15e) et le logement et environnement (16e).
Si ces cinq classements intermédiaires apparaissent finalement assez proches - moyennes d'indicateurs obligent -, les points forts et les points faibles de la France en matière de bien-être des enfants se lisent surtout dans le détail des indicateurs. Ainsi, la France est bien classée sur l'écart de pauvreté entre les enfants (6e sur 29, confirmant au passage que la France reste un pays fortement égalitaire) et correctement sur le taux de pauvreté relative des enfants (12e) et le pourcentage d'enfants déclarant une "aisance familiale faible" (10e).
En matière de "bien-être éducationnel", la France obtient la première place sur le taux de scolarisation en maternelle. Mais ce très bon score est gâché par des résultats moyens ou médiocres sur la réussite scolaire (15e), le taux de NEET (16e) - autrement dit de jeunes de 15 à 19 ans sans étude, stage ou emploi - et le taux de participation à l'enseignement secondaire (19e). Sur les comportements et risques, la France est bien classée sur le surpoids (4e) - au sens du faible nombre d'enfants obèses -, la consommation d'alcool (6e) ou la natalité chez les adolescentes (7e). En revanche, elle est très mal classée sur la consommation de cannabis (26e) et l'activité physique (27e, ce qui semble d'ailleurs un peu contradictoire avec les bons résultats sur l'obésité). Sur ce dernier point, le rapport note que "la France fait partie de l'extrême minorité des pays où l'évolution [de l'obésité, Ndlr] est à la baisse" (voir notre article ci-contre du 3 avril 2013).
L'étude Unicef-Innocenti présente également les résultats d'une enquête sur la perception des enfants et des adolescents, réalisée dans 28 des 29 pays. Les résultats reflètent, pour une bonne part, le pessimisme chronique de la société française qui transparaît de toutes les études sociétales. Ainsi sur "le taux de satisfaction dans la vie", les réponses des enfants et adolescents classent la France au 18e rang (même si ce résultat doit être relativisé, dans la mesure où 85% des enfants et adolescents français se disent satisfaits ou très satisfaits). Mais, surtout, la France se classe au 28e et dernier rang sur un item regroupant trois indicateurs : la relation avec les pairs (camarades de classe), la facilité pour communiquer et se confier à sa mère et la facilité pour communiquer et se confier à son père. On en retiendra que seuls 56% des enfants français trouvent leurs camarades de classe gentils et serviables et que seul un enfant français sur deux estime qu'il est facile de parler avec son père (71,2% pour la mère)... 

Haut de page