Environnement - Biodiversité : les espèces exotiques et envahissantes colonisent les zones humides

Selon une étude du Commissariat général au développement durable (CGDD), la quasi totalité des zones humides de métropole sont rudement touchées par une et souvent plusieurs espèces envahissantes ou proliférantes.

Une étude que vient de publier le Commissariat général au développement durable (CGDD) montre qu'entre 2000 et 2010, la quasi totalité des zones humides de métropole (donc hors outre-mer) sont touchées par une ou plusieurs espèces envahissantes ou proliférantes. La comparaison avec la décennie précédente confirme une augmentation du phénomène de colonisation, en termes de nombre de sites concernés et d'espèces identifiées. L'étude distingue bien les espèces indigènes proliférantes des espèces exotiques envahissantes : les premières sont présentes naturellement sur un territoire où leur expansion asphyxie progressivement les autres ; les secondes ont été introduites volontairement ou accidentellement dans des sites, en dehors de leurs milieux d'origine. A noter : il y a une légère prépondérance des secondes par rapport aux premières, ainsi que des espèces animales par rapport aux végétales. On retrouve ainsi les espèces et la faune exotique envahissantes sur "la totalité des sites du littoral atlantique". Le littoral méditerranéen est moins touché. Leur impact sur les milieux naturels se manifeste différemment. Ce que l'étude illustre à travers des exemples : "L'ambroisie disperse des pollens très allergisants, la tortue de Floride menace une espèce indigène, la cistude d'Europe, le ragondin et le rat musqué déstabilisent les berges des cours ou des plans d'eau".

Top 10 des espèces colonisatrices

Parmi ces espèces exotiques envahissantes, on trouve les dix espèces les plus colonisatrices comme la jussie et la renouée ou la bernache du Canada. Certaines sont en pleine expansion quand d'autres, par chance, ne se multiplient que très peu au sein des sites. Ainsi, seulement 12 espèces sur les 44 présentes dans au moins 10% des sites s'accroissent de manière significative. C'est le cas de la chenille processionnaire, bête noire des services espaces verts des collectivités, ou bien du frelon asiatique, face auquel des villes comme Bayonne ont mis en place des plans de lutte et d'éradication. Cependant, le fait de formaliser des plans de gestion a aussi permis de contenir les dégâts. De manière générale, pour les élus et gestionnaires de sites, la régulation devient un enjeu croissant et se concrétise à travers des opérations d'arrachage, de tirs de destruction ou de piégeage.