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Biodiversité : les parcs naturels régionaux rêvent d'un établissement public

À trois mois du congrès mondial de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) qui aura lieu du 11 au 19 juin à Marseille, les acteurs territoriaux de la biodiversité se préparent et se positionnent. Ce 3 mars, à l'issue d'une rencontre co-organisée par le comité français de l’UICN, le réseau des 52 parcs naturels régionaux (PNR) de France partage son espoir de voir un jour ses forces vives rassemblées sous la forme d'un établissement public. 

Pour préparer le congrès mondial de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), qui se tiendra du 11 au 19 juin à Marseille, l’association des journalistes de l'environnement (AJE), l'association des journalistes-écrivains pour la nature et l’écologie (JNE) et le comité français de l’UICN multiplient d'instructives rencontres. À l'issue de celle organisée ce 3 mars, centrée sur le rôle des élus dans la protection de la biodiversité, le réseau des 52 parcs naturels régionaux (PNR) de France, qui représentent plus de 4.300 communes où vivent quatre millions d'habitants, a confié à Localtis sa dernière revendication : rassembler ses forces vives sous la forme d'un établissement public. 
Pour l'heure, c'est sur le modèle du syndicat mixte que repose la gestion de cette institution atypique que sont les PNR. Quatre nouveaux parcs vont être créés : mont Ventoux, baie de Somme, parc du Doubs Horloger et parc de Corbières-Fenouillèdes (Aude). Même si l'annonce officielle est intervenue lors du Conseil de défense écologique (voir notre article du 12 février), ce dernier parc est dans les tuyaux depuis… 2008. Il sort à peine de la phase d'enquête publique. Les délibérations municipales ont été prises en faveur des deux premiers, pas dans les deux autres. Michaël Weber, président de la Fédération des PNR, invite donc à une certaine prudence : "Gare à ne pas mettre la charrue avant les bœufs"... 
D'autant que se pose la question des moyens qui vont avec. "Les parcs constituent un formidable outil contractuel. Même s'ils bénéficient d'un regain d'intérêt depuis une dizaine d'années, leurs actions, à la fois pour protéger le patrimoine naturel mais aussi en faveur du développement local, ne sont pas perçues à leur juste valeur", poursuit-il. À trop en créer, le risque serait de les banaliser. "Or nous voulons rester une exception et avant tout mieux valoriser nos différences." Une autre inquiétude croissante au sein du réseau est liée aux discussions en cours, dans le cadre du projet de loi "3D", qui visent à confier l'intégralité du pilotage des PNR aux régions : "Nous y sommes hostiles, le risque serait de tomber dans une France des parcs à deux vitesses, variables selon l'intérêt que les régions leur portent."
C'est à la lumière de ces fragilités que la proposition de constituer un établissement public spécifique aux PNR prend du sens. "Puisque le gouvernement place la biodiversité au sommet des priorités (voir notre article du 13 février sur la visite d'Emmanuel Macron à Chamonix, ndlr) et que l'appropriation citoyenne de ces enjeux est une priorité, ce serait pour nous un bel avenir. L'idée serait d'en ouvrir la gouvernance aux chambres consulaires et à la représentativité des habitants, sous une forme qui resterait à définir. Pour ne pas froisser, les questions relatives au financement n'ont pour l'instant pas été posées", insiste Michaël Weber. Reste à disposer d'une fenêtre de tir pour discuter de cette idée. Plausiblement le futur projet de loi 3D ? Affaire à suivre… 

 

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