Bruit à l'école : 70% des enseignants déclarent que leur établissement ne prend pas du tout en compte cet enjeu

Alors que la semaine du son de l'Unesco vient de s'ouvrir, les résultats d'un sondage OpinionWay sur les enseignants et le bruit à l'école révèlent que l'environnement sonore des établissements scolaires génère chez les enseignants beaucoup de stress et de fatigue. Or 70% des enseignants déclarent que "c'est un enjeu que ne prend pas du tout en compte leur établissement", selon le sondage.  

Chaises qui tombent, brouhaha permanent, cris, portes qui claquent...l’environnement sonore des établissements scolaires génère chez les enseignants beaucoup de stress et de fatigue, révèle un sondage OpinionWay sur les enseignants et le bruit à l’école (1) présenté en avant-première par l’association la Semaine du son et l'entreprise Saint-Gobain Ecophon dans le cadre de la Semaine du son de l’Unesco qui se déroule du 16 janvier au 1er février 2022, partout en France et dans plus de 20 pays. En France, rappelons que 63.000 lieux dédiés à l'enseignement accueillent chaque jour 13 millions d'élèves. 

Ainsi, près de 7 enseignants sur 10 trouvent leur classe trop bruyante, d'après le sondage. Dans le détail, 66% des enseignants de primaire, collège et lycée trouvent leur classe trop bruyante. Ce taux grimpe même à 76% chez les enseignants en REP ou REP+. Le bruit ne se cantonne pas aux salles de cours : 2/3 des enseignants interrogés déclarent qu’"il est difficilement supportable dans les couloirs (69%)". Plus de la moitié citent également la cantine (57%). "Après une exposition importante à un tel bruit, une pause dans un environnement calme paraît indispensable", estiment les partenaires dans leur communiqué du 19 janvier 2022. Or même la salle des professeurs est considérée comme un des lieux bruyants de l’établissement par près d’1/4 des enseignants.

"Le port du masque augmente le niveau sonore global"

De manière quasi-unanime, les enseignants déclarent que le bruit de leur classe est à l’origine de plusieurs troubles sur leur santé. En premier lieu, la fatigue : 93% des enseignants disent en ressentir. Le sondage met en exergue que la crise sanitaire n’a fait qu’amplifier le problème : "le port du masque augmente le niveau sonore global des classes et oblige les enseignants à forcer leur voix pour se faire entendre (selon 95% d’entre eux), entraînant une augmentation des problèmes de voix pour 3/4 des enseignants qui souffraient déjà de ces troubles". Sur ce sujet, la parité n'est pas de mise : 72% des femmes interrogées déclarent qu’elles doivent parler beaucoup plus fort pour se faire entendre, contre 48% des hommes.

"D'autres répercussions négatives sur les résultats scolaires"

Face à l’enjeu du bruit, "peu d’établissements paraissent mobilisés d’après les principaux concernés", conclut le sondage. Ainsi 70% des enseignants interrogés déclarent que c’est un enjeu que leur établissement ne prend pas du tout en compte, et 14% qu’il ne le prend pas suffisamment en compte. Finalement, seuls 4% des enseignants jugent que le sujet est suffisamment considéré là où ils exercent. "Au delà des conséquences importantes sur la santé des enseignants, les études montrent également qu’un niveau sonore trop élevé entraîne des difficultés d’apprentissage de la lecture et de compréhension des consignes, des troubles de la mémoire des élèves à court et long terme ; les niveaux de stress augmentent et, en fin de compte, cela a des répercussions négatives sur les résultats scolaires", signale le communiqué. A contrario, "pour ceux qui bénéficient d’un bon environnement sonore, leur niveau de compréhension peut augmenter jusqu’à 25%, leur capacité à mémoriser est meilleure, ils lisent mieux et les résultats aux examens sont meilleurs", souligne Christian Hugonnet, ingénieur acousticien, président de l’association la semaine du son.

Des solutions acoustiques existent, éligibles au plan France Relance

"Le bruit dans l’établissement scolaire n’est pourtant pas une fatalité", d'après le communiqué qui vante l'existence de solutions acoustiques innovantes, éligibles au plan France Relance, qui sont  déjà mises en place par certains établissements "pour absorber le bruit et offrir des conditions d’enseignement et d’apprentissage bien plus confortables". Par exemple, "installer un plafond acoustique avec une zone au-dessus du professeur réfléchissant son discours, ainsi que des absorbants muraux au fond de la salle de classe peuvent être une combinaison de solutions acoustiques efficaces", illustre Sylvain Coudret, expert acoustique  de Saint-Gobain Ecophon. A noter que cette thématique du "bruit à l’école" a été abordée autour de ces résultats lors de la Semaine du son de l’Unesco le vendredi 21 janvier, à Paris. Enfin rappelons qu'en février 2021, le ministère de l'Éducation nationale avait lancé une plateforme de réflexion sur l'évolution des bâtiments scolaires, invitant tous les publics à donner leur avis sur des enjeux qui vont de la transition écologique à l'inclusion. La synthèse des contributions devait alimenter "la rédaction de référentiels de conception et d’aménagement des écoles, collèges et lycées" qui devaient initialement être publiés à compter de septembre 2021. Dans quelle mesure l'aspect sonore a-t-il été pris en compte ?

(1) Sondage réalisé en ligne du 1er au 6 décembre 2021 auprès d’un échantillon de 318 enseignants représentatif de la population des enseignants de primaire, collège et lycée.

 

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