Bruno Le Maire ouvert à l'idée de donner plus de pouvoir économique aux régions

"Est-ce qu'il ne faut pas donner plus de pouvoir économique aux régions ? Moi, je suis tout à fait ouvert à cette idée d'une décentralisation plus forte en matière économique." Le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, a profité de l'événement "Impact positif pour tous", organisé le 12 septembre 2019 à Bercy, sur le bilan de l'application de la loi Pacte pour afficher ses convictions en matière de décentralisation, dans le cadre du pacte productif qu'il a lancé en avril.
À l'issue du Grand Débat national, Emmanuel Macron a en effet lancé l'idée d'un acte III de décentralisation et de possibles transferts de responsabilités en matière de transition énergétique, de logement et de transport notamment.
Le ministre de l'Économie et des Finances a quant à lui posé la question des fonctions et des responsabilités données aux collectivités locales, et particulièrement aux régions, dans le cadre de ce chantier du pacte productif pour lequel une consultation a été lancée en juillet. Le pacte doit permettre d'atteindre le plein emploi d'ici 2025 et d'accroître la part de PIB de l'industrie et de l'agriculture pour atteindre 15% en 2025 et 20% à horizon 2030. Il est focalisé sur cinq volets que sont la transition énergétique, le numérique, l'industrie, l'agri-agroalimentaire et l'innovation. "Qu'est-ce que nous voulons produire ?", "Comment est-ce que nous voulons produire ?" et "Avec qui produire ?", a ainsi interrogé le ministre, posant le périmètre du pouvoir économique des régions.
Les régions ont déjà reçu, dans le cadre de la loi Notr du 7 août 2015, la compétence du développement économique. Elles sont chargées d'élaborer une stratégie régionale de développement économique, d'innovation et d'internationalisation (SRDEII). Le nouvel acte de décentralisation attendu pour la fin de l'année pourrait-il encore approfondir cette compétence des régions ? Celles-ci sont demandeuses, et même le Medef s'est récemment rallié à leur cause. Mais pour le moment, les informations concernant ce nouvel acte de décentralisation sont encore très floues, tout comme son éventuel calendrier (le projet de loi pourrait être discuté au Parlement après les élections municipales).
Lors de l'événement du 12 septembre, le ministre a également établi le bilan d'application de la loi : l'ensemble des décrets sera publié d'ici le 22 novembre 2019, soit six mois après la promulgation du texte. Il est aussi revenu sur la notion de "raison d'être" des entreprises. "L'État doit être exemplaire en la matière. Il ne suffit pas d'avoir l'État qui donne des leçons de bonne gouvernance aux uns et aux autres. Encore faut-il que l'État, notamment avec les entreprises dans lesquelles il a une participation donne l'exemple", a souligné Bruno Le Maire, demandant à ce que toutes les entreprises où l'État est actionnaire se dotent d'une raison d'être en 2020. Même demande adressée à la Banque publique d'investissement auprès des entreprises dans lesquelles elle investit. "Je ne vois pas pourquoi l'État investirait via la Banque publique d'investissement dans des entreprises sans demander en retour à ces entreprises qu'elles entament une démarche pour se doter d'une raison d'être", a affirmé le ministre.

 

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