Catalogue d’applications GouvTech : peut mieux faire sur les logiciels libres ?

La direction du numérique de l’État a publié une liste de 200 logiciels recommandés aux administrations publiques. Une liste réalisée sur la base des déclarations des éditeurs, dont l'association April regrette le manque d’ambition sur les logiciels libres. 

Le catalogue GouvTech fait partie des engagements inscrits dans la feuille de route tech.gouv de la direction nationale du numérique de l’État  publiée en 2019. Ce catalogue vise, selon Sabine Guillaume, cheffe de la mission Label à la Dinum, à "aider les acteurs publics à s’y retrouver dans le foisonnement de l’offre" en sélectionnant des solutions répondants aux besoins du secteur public. Il se présente également comme une vitrine de la French Tech en contribuant à "faire émerger des solutions peu répandues" et à "faire ressortir des solutions innovantes, proposées par de petites entreprises ou start-up". 

Une centaine de besoins métier

Fruit d’un appel à référencement lancé en janvier 2021, le catalogue comportait à la date de son lancement, le 17 mai, "plus de 200 solutions". Les logiciels présentés sont destinés à répondre aux besoins du secteur public dans sa plus large acceptation - État, collectivités territoriales, fonction publique hospitalière, opérateurs… - et à répondre à une centaine de besoins métier. Ceux-ci vont des plus classiques (bureautique, collaboration, relations usagers, ERP, archivage…) à des besoins plus innovants (5G, intelligence artificielle, BIM, gamification…). Chaque fiche produit indique les caractéristiques de la solution, son mode de distribution (cloud ou local), son modèle économique (libre, acquisition, abonnement...), les références secteur public de l’éditeur et son éventuel référencement auprès de l'Union des groupements d'achats publics (Ugap). 

Cette première version du catalogue a vocation à s’enrichir de "toute solution développée par une entreprise, une association ou une administration". Les fiches produit seront par ailleurs complétées cet automne d’une procédure d’autoévaluation basée sur 70 critères comme la compatibilité RGPD, le branchement d’API ou de FranceConnect, l’écoconception ou la sécurité. En parallèle, une plateforme en accès restreint permettra aux administrations publiques de partager leur expérience autour des solutions GouvTech.

À peine 15 logiciels libres référencés

Dès sa publication, la liste a fait réagir l’April, qui promeut les logiciels libres. L’association note dans un communiqué du 17 mai 2021 que le catalogue ne comporte que 15 solutions s’affichant comme totalement open source et que "certaines n'ont rien de libre. En tout cas, on ne trouve aucune info qui confirmerait le côté libre de la solution". D’autres ont la mention "solution propriétaire basée sur des briques ‘opensource’", ce qui signifie que leur code ne peut pas être modifié par l’utilisateur. Or une circulaire du Premier ministre du 27 avril 2021 (voir notre article du 29 avril 2021) promettait "un renforcement de l'ouverture des codes sources et des algorithme publics, ainsi que de l'usage de logiciels libres et ouverts" et annonçait le lancement d’une mission sur ce sujet. 

Autre point qui fait grincer des dents : la "labellisation" qui, au moins pour le moment, n’en est pas une. Les fiches ont en effet été rédigées par les éditeurs et la Dinum s’exonère de toute responsabilité en précisant que leur contenu "n’engage pas l’avis de la Dinum sur la fiabilité des informations qui y sont portées ou sur la qualité de la solution." Elle incite aussi les administrations à se faire conseiller dans leurs choix, ce qui ne va pas dans le sens de la simplification affichée initialement.

 

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