Confinement et numérique : une accélération des usages en trompe-l’œil

L’édition 2021 du baromètre du numérique met des chiffres sur l’effet confinement. Sans surprise, l’équipement et les usages numérique ont progressé fortement en 2020. Pour les personnes éloignées du numérique, l’effet le plus marquant est celui du renoncement.

Avec le confinement, le baromètre du numérique 2021 a dû revoir sa méthodologie. Les entretiens en face à face, permettant de cibler des personnes éloignées du numérique, ont été remplacés par un questionnaire réalisé en partie par téléphone, en partie sur internet avec au total plus de 4.000 personnes interrogées.

Le grand retour de l’ordinateur

Sans surprise, le baromètre met des chiffres sur un ressenti : la poussée de l’équipement et des usages numériques générés par les confinements. L’utilisation des smartphones (+7%), tablettes (+17%) et ordinateurs (+19%) ont ainsi fait un bond sans précédent, le télétravail ayant même stoppé le phénomène de substitution de l’ordinateur au profit du seul smartphone. Ce dernier tend cependant à se généraliser avec un taux d’équipement qui atteint désormais 84% des Français et près de la moitié des jeunes adolescents (12-17 ans).

Rattrapage des communes rurales

Côté infrastructures, l’effet réseaux d’initiative publique - qui ont tiré la dynamique des déploiements de la fibre en 2020 - est tangible. Il y a ainsi deux fois plus d’habitants de communes rurales de moins de 2.000 habitants (de 7 à 15%) qui utilisent une connexion THD et ce taux passe de 39% à 55% dans les agglomérations de plus de 100.000 habitants. 54% des personnes interrogées restent cependant dépendantes de l’ADSL et 39% de la fibre, ce qui en dit long sur la problématique du basculement du cuivre vers la fibre. Côté usages, 76% des Français (+14%) réalisent désormais des achats sur internet, les formalités administratives progressant de 5 points pour atteindre 71% alors qu’elles avaient marqué le pas en 2018 et 2019. Globalement, la croissance des usages est largement tirée par les personnes âgées et en particulier par la classe d’âge des 70 ans et plus (+13 points).

Les renoncements du confinement

De fait, les principaux facteurs discriminant les usages restent le niveau de diplôme et la catégorie socioprofessionnelle. Avec des conséquences dramatiques pendant la période de confinement, comme le montre l’étude qui y consacre un volet spécifique. Plus de 10% des personnes n’ont ainsi pas réussi à suivre la scolarité de leurs enfants, 3% y renonçant et les autres 7% devant se faire aider pour y parvenir. Ces chiffres sont quasi identiques pour les téléconsultations médicales avec, parmi ces exclus, une proportion élevée de personnes âgées, de peu diplômés ou de personnes à faible revenus. De même, 39% des sans-diplômes ont renoncé à utiliser le numérique pour rester en contact avec leurs proches.

Appel à l’aide pour les formalités en ligne

Concernant les formalités administratives, plus d’un tiers des personnes n’ayant pas réussi à aller jusqu’au bout de leur formalité en ligne ont renoncé à leurs droits. Et 42% d’entre elles ont été contraintes d’appeler l’organisme concerné pour effectuer leur formalité. Une aide requise également pour 27% des moins 25 ans, démontrant une fois de plus que la maîtrise des outils informatiques est une problématique bien différente de la compréhension du langage administratif.

Une personne sur trois à accompagner

Les chiffres du baromètre ont conforté Cédric O, le secrétaire d’État au numérique, tant sur les effets du plan THD dans les zones rurales que sur la stratégie d’inclusion numérique. "Je note que les personnes qui n’utilisent jamais le numérique sont en déclin. En revanche, il manque une brique de compétence numérique à près d’une personne sur trois. Celles-ci ne veulent pas qu’on fasse à leur place mais qu’on leur apprenne à se servir des outils", a-t-il souligné. Une aide que doivent contribuer à apporter les 4.000 conseillers numériques du plan gouvernemental de lutte contre l’illectronisme. Selon les derniers chiffres, 2.700 conseillers ont d’ores et déjà fait l’objet d’un conventionnement et 127 sont en cours de formation.

La moitié des Français connaissent l’open data

L’édition 2021 du baromètre a introduit une question sur l’ouverture des données publiques. 27% des Français affirment ainsi avoir consulté des données ouvertes et 30% savent qu’elles existent sans les avoir exploitées. Les jeunes, les cadres et les urbains se révèlent être les plus familiers des données publiques. Un score qui doit beaucoup au Covid-19, les statistiques de la pandémie étant omniprésentes sur internet depuis un an grâce à leur diffusion en open data.

 

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