Congrès mondial de la nature : les grands axes de la prochaine stratégie nationale pour la biodiversité dévoilés

À l'occasion du Congrès mondial de la nature, Bérangère Abba, secrétaire d'État chargée de la biodiversité, a présenté ce 7 septembre à Marseille les "quatre axes structurants" de la prochaine stratégie nationale pour la biodiversité 2021-2030 : la restauration et la protection des écosystèmes, l'utilisation "durable et "équitable" des services et ressources de la biodiversité, la mobilisation de la société par la sensibilisation et la formation aux nouveaux métiers et la gouvernance de la stratégie qui devra être "efficace et inclusive".

Après une phase de concertation avec les différents acteurs des territoires (collectivités, associations, entreprises…) qui a donné lieu à près de 800 contributions, suivie d'une consultation nationale en ligne du 22 mai au 5 juillet dernier, à laquelle plus de 3 500 personnes ont participé, faisant émerger plus de 2.300 propositions, les contours de la prochaine stratégie nationale pour la biodiversité (SNB) 2021-2030 viennent d'être esquissés. Cinq groupes de travail ont également été mobilisés et le gouvernement a aussi échangé avec les instances consultatives nationales les plus concernées.
À l'occasion du Congrès mondial de la nature, à Marseille, Bérangère Abba, secrétaire d'État auprès de la ministre de la Transition écologique chargée de la biodiversité, a fait un point d'étape ce 7 septembre, dévoilant les grands axes de la future SNB. Celle-ci reposera sur plusieurs principes directeurs, notamment "la sobriété dans l'usage des ressources et des espaces, la complémentarité avec les politiques relatives aux dérèglements climatiques, la mobilisation interministérielle et l'intégration dans les autres politiques nationales et territoriales". "La biodiversité doit être prise en compte dans toutes les politiques publiques", a souligné Bérangère Abba. Un "cadre complet de pilotage et de suivi assorti d'indicateurs" devra aussi être associé à cette feuille de route car "nous connaissons tous la douleur de ces bilans faisant apparaître la difficulté à suivre nos trajectoires", a reconnu la secrétaire d'État.

Restauration des écosystèmes

Les mesures opérationnelles seront déclinées autour de quatre axes structurants. Le premier porte sur des écosystèmes "restaurés et résilients", avec l'intégration de la stratégie nationale des aires protégées, de la stratégie nationale de lutte contre la déforestation et d'un quatrième programme national de protection des zones humides. Plusieurs mesures concrètes ont d'ores et déjà été identifiées : lancement du processus d'identification d'un 12e parc national qui sera dédié aux zones humides, création d'espaces protégés, restauration de tourbières (30.000 hectares d'ici à 2030) et de zones humides, de trames vertes (avec un objectif de résorption de 40 points noirs de la biodiversité), de la continuité écologique du Rhin (80 millions d'euros du plan de relance y sont consacrés), lutte contre la pollution lumineuse, adoption de plans nationaux de protection d'espèces protégées, publication du plan national d'action pour prévenir le déclin du dugong (mammifère marin herbivore) à Mayotte. 

Utilisation des ressources : le "développement dans la sobriété"

Le deuxième axe retenu concerne "l'utilisation durable et équitable des services et ressources de la biodiversité", autrement dit du "développement dans la sobriété", selon les termes de Bérangère Abba. Il traitera notamment de la lutte contre l'artificialisation et la fragmentation des espaces naturels, de la transition agro-écologique, des échanges commerciaux, des engagements pris par les acteurs économiques. Sans oublier les dispositifs de financement des politiques de biodiversité qui souffrent aujourd'hui d'une grande complexité, comparable au design du centre Pompidou, a osé comparer la secrétaire d'État. Il s'agit donc de simplifier et de renforcer les moyens, en utilisant les ressources nouvelles du label bas carbone, "qui doit se développer", et les obligations réelles environnementales issues de la loi de reconquête de la biodiversité de 2016, qui sont à "massifier". Sans oublier la fiscalité qu'il faut "mieux affecter" et la réduction des subventions néfastes, une "question complexe" à laquelle il faut s'attaquer avec "des outils de mesure" et le "renforcement" du budget vert.

Accompagnement des collectivités et des entreprises

Le troisième axe est la "mobilisation de la société par la sensibilisation et la formation aux nouveaux métiers", notamment en direction des jeunes. La SNB devra aussi accompagner "au quotidien" les collectivités locales et les entreprises en leur donnant plus d'outils (ingénierie, veille juridique, références techniques, médiatisation des expériences réussies, etc.). Enfin le quatrième axe porte sur la gouvernance de la stratégie "qui se doit d'être efficace, inclusive", a insisté Bérangère Abba. Elle s'appuiera sur des indicateurs et des cibles chiffrés et "un principe de redevabilité incitant à la responsabilisation des acteurs et à la transparence de leurs actions", selon un communiqué du ministère.
Dans les mois à venir, ces objectifs seront déclinés de manière opérationnelle. De nouveaux groupes de travail vont se former avec des propositions concrètes et les solutions de financement afférentes, a promis la secrétaire d'État. L'objectif étant d'adopter cette troisième SNB "au début de l'année 2022".

 

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