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Coup d'envoi du programme "Petites Villes de demain"

La ministre de la Cohésion des territoires, Jacqueline Gourault, se rend à Barentin (Seine-Maritime) ce jeudi 1er octobre pour le lancement du programme de revitalisation des villes de moins de 20.000 habitants "Petites Villes de demain". Ce programme bénéficiera d'un budget de 3 milliards d'euros (hors plan de relance) sur la durée du mandat municipal. Un millier de "territoires" seront désignés d'ici la fin de l'année de manière à sortir les projets au plus vite et contribuer à l'effort de relance.

Quatre ans. C’est le temps qu’il aura fallu pour passer d’un modeste appel à manifestation d’intérêt limité à 54 "centres-bourgs" à une politique d’aménagement du territoire digne de ce nom : "Petites Villes de demain". La ministre de la Cohésion des territoires, Jacqueline Gourault, se rend à Barentin (Seine-Maritime), la ville de Christophe Bouillon, président de l’Association des petites villes de France (APVF), ce jeudi 1er octobre, pour le lancement officiel de ce nouveau programme de revitalisation des villes de moins de 20.000 habitants. Soit un peu plus d’un an après l’annonce de l’ancien Premier ministre Édouard Philippe, lors des Assises de l’APVF à Uzès (Gard).

Directement inspiré de son grand frère "Action coeur de ville" ciblé sur 222 villes moyennes, Petites Villes de demain va chercher à revitaliser un millier de communes de plus petite taille mais qui exercent tout autant une fonction de "centralité" vis-à-vis des communes voisines (c’est-à-dire leur offrant un ensemble de services et d’équipements). Plutôt que de communes, il faudrait parler de "territoires", car "un certain nombre de communes ont présenté un dossier groupé, ce sont souvent des chefs-lieux de cantons avec deux ou trois villes autour qui ont aussi des fonctions de centralité", précise-t-on dans l’entourage de la ministre. Et c’est bien le binôme "commune-intercommunalité" qui sera accompagné.

Au-delà de ce critère de centralité, les communes doivent présenter des signes de "vulnérabilité". Une étude commanditée par l’Agence nationale de la cohésion des territoires (ANCT) à l’Inrae de Dijon avait permis d’identifier un vivier de 2.099 communes, dont 870 sont en situation de fragilité. Le gouvernement a donc souhaité élargir cet échantillon et demandé aux préfets d’affiner l’identification des communes. Un travail qui va se poursuivre dans les prochaines semaines. Un comité régional rassemblant les préfets de département et les partenaires désignera alors les lauréats qui signeront une convention d’adhésion au programme.

3 milliards d'euros sur six ans

Le pilotage sera assuré par l’ANCT, en partenariat avec la Banque des Territoires, l’Agence nationale de l’habitat (Anah), le Cerema, l’Ademe et l’APVF. À noter, contrairement à Cœur de ville, l’absence d’Action Logement qui a déjà eu fort à faire pour recalibrer son offre en direction des villes moyennes. Les régions et départements, comme la Bretagne ou les Vosges, qui ont déjà mis en place des dispositifs de soutien à leurs petites villes seront également associés.

Un budget de 3 milliards d’euros est mobilisé sur six ans, soit la durée du mandat municipal, dont 435 millions d’euros de la Banque des Territoires, 288 de l’Anah et 1,8 milliard d’euros de l'État (ministère de la Cohésion des Territoires et de la Transition écologique).

Comme le martèle à l’envi Jacqueline Gourault, il s’agit de faire du "cousu main" et donc de partir des projets des élus. Toutes les villes vont se voir proposer une "opération de revitalisation du territoire" (ORT), l’outil phare de la loi Elan de 2018. L’accompagnement reposera essentiellement sur trois piliers : le soutien en ingénierie, des financements sur mesure et l’accès à un réseau grâce au" club Petites Villes de demain".

Problème d'accès à l'ingénierie

Si le programme est né du constat que "depuis plusieurs années, l’innovation territoriale passe beaucoup par ces territoires", ces derniers ont des "problématiques propres", en particulier "un problème d’accès à l’ingénierie", insiste-t-on au ministère. C’est pourquoi le recrutement d’un chef de projet sera l’une des toutes premières actions à mettre en place, de façon à établir les diagnostics nécessaires. Les partenaires prendront en charge 75% du financement de ces postes. Au total, une enveloppe de 250 millions d'euros est dédiée au soutien à l'ingénierie. Des subventions de 40.000 euros sur deux ans permettront aussi de participer au financement de postes de managers de centre-ville. 800 maisons France services seront créées d’ici à 2022 (avec une subvention annuelle de 30.000 euros). Le programme prévoit également la création de 200 Fabriques de territoire (des espaces dédiés au numérique), de 500 "Micro-folies" supplémentaires (des tiers-lieux numériques culturels développés par la Villette) ou encore des îlots de fraîcheur… Il s’agira aussi de promouvoir les projets alimentaires territoriaux et des réhabilitations de friches. Ce sera d’ailleurs l'un des gros projets portés par la municipalité de Barentin.

Plan de relance

Petites Villes de demain est aussi l'une des mesures phares de l’Agenda rural présenté au congrès des maires ruraux, à Eppe-Sauvage (Nord), l’an dernier. La crise et le chamboulement des élections municipales en a retardé le démarrage. Mais comme Action cœur de ville, c’est aussi un programme de la relance. "Il va permettre d’accélérer la territorialisation de la relance, le dialogue va permettre d’identifier les projets prêts à partir et d’injecter les crédits", insiste-t-on dans l’entourage de la ministre. Les villes pourront ainsi bénéficier de l'enveloppe de 1 milliard de DSIL (dotation de soutien à l'investissement local) consacrée à la rénovation énergétique des bâtiments publics, du doublement de "MaPrimeRénov'" pour la rénovation des logements anciens (2 milliards d'euros), des 100 foncières commerciales créées par la Banque des Territoires (300 millions d'euros), du déploiement de la fibre optique ou encore de la rénovation de petites lignes ferroviaires... En affichant la volonté de faire revenir les habitants en centre-ville, de rénover et réhabiliter plutôt que de construire du neuf, Petites Villes de demain comme Action coeur de ville pourrait amorcer un tournant en matière d'étalement urbain.

 

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