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Environnement - Déchets du BTP : les maîtres d'ouvrage publics peuvent montrer l'exemple

Le 26 juin, lors du colloque annuel de l'Ademe sur les déchets, une table ronde portant sur le rôle incitatif des maîtres d'ouvrage publics en matière de prévention et de valorisation des déchets du BTP a montré des exemples de bonnes pratiques de la part de collectivités. Mais des obstacles persistent pour qu'elles puissent pleinement jouer leur rôle.

Le gisement de déchets du BTP est faiblement valorisé et ce secteur reste peu réglementé. "Aucune obligation de valorisation ou de traçabilité ne s'impose aux maîtres d'ouvrage ou aux entreprises. C'est pourtant l'un des deux principaux secteurs producteurs de déchets en France", rappelle Laurent Chateau, spécialiste du secteur à l'Ademe. La loi Grenelle 2 de juillet 2010 a néanmoins introduit des obligations là où n'émergeaient auparavant que des démarches volontaires. Les conseils généraux doivent ainsi réaliser des plans de prévention et de gestion de ces déchets. Et le maître d'ouvrage doit réaliser un diagnostic déchets préalablement aux opérations de démolition de bâtiments et de réhabilitations lourdes. Des outils, des retours d'expériences, des techniques de valorisation existent. Mais les freins persistent et les habitudes propres au secteur restent difficiles à changer. "Il existe des initiatives. Par exemple, la démarche Sosed (schéma d'organisation et de suivi de l'évacuation des déchets) lancée il y a dix ans. Si elle a prouvé son efficacité, elle atteint aujourd'hui ses limites et doit être remise à jour", précise Virginie Amant, chargée d'études environnement déchets au centre d'études techniques de l'équipement (Cete) de Normandie-Centre.

Mise en place de chartes

"Des critères environnementaux imposés aux prestataires dans les appels d'offres font aussi bouger les choses", complète Pascal Longin, du service études et grands travaux à la ville de Saint-Etienne. Certains territoires s'appuient également sur des chartes. C'est le cas des Yvelines, où une "charte pour une route éco-responsable" a été élaborée avec des professionnels du secteur et majore les aides fournies aux travaux à condition qu'ils soient conduits "de manière éco-responsable". "Nous sommes parvenus à réduire l'épaisseur des couches d'enrobés et à réhabiliter certaines chaussées par retraitement en place. Mais construire une route avec des matériaux recyclés n'est pas évident, les techniciens les perçoivent encore comme des matériaux de seconde main", constate Didier Meheut, chef du service territorial centre sud au conseil général des Yvelines. "De toute façon, quelle que soit l'origine du matériau, recyclé ou non, les mêmes exigences s'appliquent. Et des référentiels balisent désormais bien le terrain. Nous faisons malgré tout le maximum pour rassurer les acteurs, en faisant par exemple systématiquement intervenir un hydrogéologue agréé dès lors que des matériaux issus de mâchefers sont utilisés pour les travaux routiers dont le conseil général est le commanditaire", conclut Jean-Pierre Arnau, directeur adjoint des routes au conseil général de la Savoie.

 

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