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Délinquance : le maire meilleur rempart que le gouvernement pour les Français

A l'approche des élections municipales, un sondage Odoxa montre que la majorité des Français attendent de leur municipalité qu’elle maintienne (55% des sondés) ou augmente (33%) le budget relatif à la sécurité.

Si l’on avait voulu faire une synthèse des dernières tendances en matière de sécurité, il aurait sans doute été difficile de faire mieux que le dernier "baromètre sécurité des Français" réalisé en janvier par Odoxa pour Fiducial.

Sécurité, facteur d’attractivité ou "repoussoir"

De ce sondage, il ressort qu’une majorité des personnes interrogées déclarent se sentir "de temps en temps" (43%) ou "souvent" (15%) en insécurité, confirmant la prégnance de ce sentiment d’insécurité (bien qu’il atteigne quasiment son plus bas niveau depuis mai 2016, date de la première édition de ce baromètre). Justifié ou non, les élus "ne peuvent pas ne pas le prendre en compte", puisqu’il conduirait plus d’un sondé sur quatre (26%) à envisager un déménagement vers un quartier ou une ville moins exposés (8% seraient passé à l’acte). 

Le maire, meilleur rempart que le gouvernement face à la délinquance

Si peu de personnes interrogées (23%) font confiance au gouvernement en matière de lutte contre la délinquance, les cambriolages et les agressions (mais 43% en matière de terrorisme), elles se déclarent majoritairement (61%) satisfaites de l’action de leur municipalité, confirmant la place prise par les collectivités en la matière. L’appréciation varie sensiblement en fonction des domaines d’interventions : 74% satisfaites pour la sécurité des écoles, 63% pour la sécurité routière, 57% en matière d’agressions, 51% pour la réduction des trafics, 50%pour la délinquance et 49% les cambriolages. Ces chiffres restent toutefois élevés si l’on considère que près d’un sondé sur deux (48%) déclare avoir été victime d’agression verbale ou d’insulte (31%), d’attroupements près de leur domicile (25%), de vol ou cambriolage (17%) ou d’agression physique (9%) au cours des six dernières années (la moitié se disant par ailleurs avoir été victime de nuisances sonores).

Renforcer le "continuum de sécurité"

Ils sont près de deux tiers (61%) à considérer que les maires n’ont pas suffisamment de pouvoir. Ils souhaiteraient que ces derniers puissent avoir accès à la liste des "fichés S" habitant dans leur commune ainsi qu’à celle des personnes "atteintes de maladies mentales potentiellement dangereuses". Non sans logique, puisque les attaques d’individus isolés, comme ce fut le cas récemment à Villejuif et à Metz, sont désormais en tête des craintes exprimées par les sondés, qui se déclarent également très majoritairement favorables à la généralisation de l’armement de la police municipale.
En outre, près des deux tiers d’entre eux considèrent que les agents de sécurité privée doivent renforcer l’action des forces de l’ordre dans la gestion de la sécurité des sites publics. 

Lutte contre les violences faites aux femmes et reconnaissance faciale

Logiquement, la majorité des sondés attendent de leur municipalité qu’elle maintienne (55% des sondés) ou augmente (33%) le budget relatif à la sécurité. Ils souhaitent que les communes se dotent prioritairement de bracelets anti-rapprochement pour les victimes de violences conjugales (mesure qui ne relève toutefois pas des maires) ou de maisons pour les héberger. Preuve que l’Association des maires de France a vu juste en faisant de la lutte contre les violences faites aux femmes une "grande cause" du mandat 2020-2026. L’installation de caméras de vidéosurveillance reste plébiscitée, comme la reconnaissance faciale d’ailleurs (important pour 77% des sondés, et même prioritaire pour 34% d’entre eux !).

 

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