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Démocratie participative : des citoyens, élus et praticiens appellent à ne pas faire du Grand Débat une occasion manquée

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par
Caroline Megglé pour Localtis
dans

Citoyenneté et services au public

Associations

Organisation territoriale, élus et institutions

Dans une lettre au président de la République publiée ce 23 janvier sur le site de Démocratie ouverte, des élus, des "gilets jaunes", des universitaires et des responsables associatifs spécialistes de la participation citoyenne formulent trois propositions pour "Réussir le Grand Débat national". Parmi elles : un observatoire, qu'ils mettent en place pour inciter l'exécutif à une "transparence exemplaire" de la démarche.  

Sous la houlette de l'association Démocratie ouverte, environ 130 citoyens, engagés à différents titres dans le champ de la démocratie participative et de l'engagement citoyen, viennent d'adresser une "Lettre ouverte au président de la République" intitulée "Réussir le Grand Débat national : pour un nouveau souffle démocratique".
Pour eux, la démarche lancée par le chef de l'Etat est une "occasion" à saisir, celle "d’inventer collectivement de nouvelles pratiques démocratiques". Ils alertent toutefois sur les risques de passer à côté de cette occasion du fait de "la précipitation, le flou, les incertitudes, le manque d’engagement et de transparence" avec lesquels le débat a été, selon eux, engagé.
Entendant participer à "la réussite de ce Grand Débat", les signataires de cette lettre proposent de contribuer de trois façons. Afin d'inciter la mission Grand Débat, le chef de l'Etat et le gouvernement à "une transparence exemplaire", ils mettent d'abord sur pied un "observatoire qui étudiera les dispositifs et méthodes utilisés dans les débats, qu’ils soient organisés dans ou en dehors du cadre du Grand Débat". "Ces éléments nous permettront de mettre en avant les réussites mais aussi d’alerter sur les dysfonctionnements", préviennent-ils.

Une "assemblée citoyenne tirée au sort"

"Pour garantir la crédibilité et l’intérêt de la démarche", les citoyens demandent au président "un engagement politique clair et fort (…) sur le débouché concret des propositions qui émergeront". Selon eux, cela passerait par la mise en place d'une "assemblée citoyenne tirée au sort, représentative de la société, chargée de faire des propositions donnant lieu à un référendum à choix multiples". Ils préconisent d'associer ce référendum à "une large délibération", au sein de cette assemblée qui bénéficierait du "temps suffisant" et d'une "méthodologie rigoureuse ayant fait ses preuves". "Les débats de cette assemblée seraient filmés et retransmis en continu", recommandent-ils.
Enfin, les signataires de la lettre mettent à disposition de tous une "boîte à outils (plateformes délibératives en ligne, méthodes d’animation, décryptages, etc.)" et encouragent chacun à "s’inscrire dans un engagement de court ou long terme, dans le cadre du Grand Débat national ou en dehors". La démarche lancée par Emmanuel Macron, et mettant de fait l'enjeu de démocratie participative sur le devant de la scène, ne doit pas être un "moment isolé après lequel on reviendrait aux pratiques politiques traditionnelles", estiment-ils.

Elus, "gilets jaunes", chercheurs, praticiens et militants associatifs de la "transition démocratique"

Parmi les signataires, on compte une vingtaine de "gilets jaunes", des élus de différents bords - Julien Bayou, conseiller régional d’Ile-de-France, Charles Fournier, vice-président de la région Centre-Val de Loire, tous deux EELV, Carole Delga, présidente socialiste de la région Occitanie et ancienne secrétaire d'Etat en charge notamment de l'ESS, Bertrand Pancher, député de la Meuse, du Mouvement radical, et président de Décider ensemble, ou encore Jo Spiegel, maire de Kingersheim et co-fondateur du mouvement politique Place publique -, des journalistes, des chercheurs, des praticiens et des responsables associatifs. 
L'écosystème de la participation citoyenne est particulièrement bien représenté, avec plusieurs membres de Démocratie ouverte dont Claudy Lebreton, ancien président de l'Assemblée des départements de France, les universitaires Loïc Blondiaux, Marie-Hélène Bacqué – engagée dans le collectif "Pas sans nous" - et Dominique Bourg - président du conseil scientifique de la Fondation pour la nature et l'homme -, les coordinateurs d'associations et réseaux dédiés à la participation citoyenne, à la démocratie et à la prospective – Décider ensemble, l'Institut de la concertation et de la participation citoyenne, Parlement et citoyens, le Pacte civique, "Tous élus", la Fonda, l'Institut des futurs souhaitables, la 27e Région…
"Les Français veulent entrer dans le jeu ! Nous vivons une opportunité historique pour que les citoyens inventent la démocratie de demain", conclut le collectif, emmené par une association dont le but est d'"accélérer la transition démocratique".

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