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Dépenses énergétiques des collectivités : les consommations des bâtiments toujours en hausse

Publié le
par
Anne Lenormand / Localtis
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Efficacité énergétique des bâtiments publics

Energie

France

Dans son étude quinquennale (2012-2017) sur les dépenses énergétiques des collectivités locales publiée ce 20 novembre, l'Ademe constate une baisse des factures de 5% du fait de la diminution du prix de l'énergie et d'une concurrence accrue. Mais les consommations sont en hausse de 4%, le patrimoine bâti affichant la plus forte augmentation.

En 2017, la consommation d’énergie du patrimoine des communes et de leurs groupements à fiscalité propre* s'est élevée à 39,7 TWh (75% pour le bâtiment, 11% pour l’éclairage public, 8% pour la gestion des déchets et de l’eau et 6% pour les carburants) tandis que les émissions de CO2 liées à ces consommations énergétiques, ont atteint les 6 millions de tonnes, soit en moyenne 152 g de CO2 /kWh, selon les résultats de la dernière étude quinquennale "Dépenses énergétiques des collectivités locales" publiée par l'Ademe ce 20 novembre. Réalisée en partenariat avec la Caisse des Dépôts, la Fédération nationale des collectivités concédantes et régies (FNCCR), l’Association des ingénieurs territoriaux de France (AITF) et le réseau des CEP (conseillers en énergie partagés), l'étude, menée auprès de 7.000 collectivités, a porté sur les consommations d’énergie et les dépenses payées directement par les collectivités locales pour leur patrimoine bâti, l’éclairage public, les carburants des véhicules et les consommations et dépenses d’électricité des stations d’eau potable et des usines de traitement des déchets au cours de la période 2012-2017.

Baisse des consommations de l'éclairage public et des transports

Au total, en cinq ans, les consommations d'énergie des collectivités locales ont augmenté de 4%. Une hausse principalement liée à celle des consommations des bâtiments (+13%, correction faite des variations climatiques**) alors que les consommations d’énergie liées à l’éclairage public et aux transports sont en net recul (respectivement -30% et -16%). C’est aussi le patrimoine bâti qui est responsable de la majorité des émissions de CO2 : 84% des émissions des communes proviennent de leurs bâtiments contre 11% pour les carburants et 5% pour l’éclairage public.
D’après l’enquête, les deux énergies les plus consommées, sont le gaz naturel (48%) et l’électricité (33%). Mais cette dernière représente 57% des dépenses contre 28% pour le gaz. "L’enquête ne permet cependant pas d’appréhender précisément les facteurs expliquant la hausse des consommations des bâtiments (augmentation des surfaces chauffées, augmentation des besoins liés notamment à la bureautique, efficacité et ampleur des actions de maîtrise de l’énergie…)", souligne l'Ademe.
Mais l'étude donne des éléments d'information sur les travaux de rénovation du patrimoine bâti, principalement centrés sur les ouvrants et l’éclairage. Ainsi, 75% des communes ont entamé des travaux de remplacement ou d’isolation des ouvrants, même si seuls 21% les ont achevés, et 51% ont lancé des travaux d’amélioration de l’éclairage des bâtiments, achevés dans 17% des cas seulement.

Progression du recours aux énergies renouvelables dans les bâtiments

L'étude constate également une progression du recours aux énergies renouvelables (EnR) sur le patrimoine bâti. Par rapport à 2012, la part des collectivités utilisant les EnR dans leurs bâtiments est passée de 17% à 28% pour les communes et de 29% à 59% pour les groupements à fiscalité propre.
"Globalement, les collectivités locales vont devoir accélérer leurs efforts en matière de réductions de leurs consommations d’ici 2030, relève l'Ademe. En effet, celles qui possèdent des bâtiments d’une surface supérieure à 1.000 m2 sont soumises à la loi sur l’évolution du logement, de l’aménagement et du numérique (Elan) adoptée le 16 octobre 2018 qui fixe les objectifs de réduction des consommations d’énergie pour les bâtiments du secteur tertiaire." L'Agence rappelle notamment les dispositions de l’article 175 qui vise une réduction des consommations d’énergie finale d’au moins 40% dès 2030 puis de 50% en 2040 et 60% en 2050 par rapport à 2010, avec un niveau de consommation d’énergie finale qui pourra être fixé en valeur absolue, en fonction de la consommation énergétique des bâtiments nouveaux de leur catégorie.

Budget énergie en baisse

Alors que les consommations étaient encore en hausse, le budget énergie, qui fait partie des dépenses de fonctionnement, a, lui, été orienté à la baisse (-5% sur la période 2012-2017). Une diminution due à celle du prix de l'énergie. Malgré l’augmentation des prix de l’électricité, les prix des carburants et du fioul domestique ont en effet diminué de 12% et 18%. Au total, les collectivités qui ont fait l'objet de l'enquête dépensent environ 57 euros par habitant pour l’énergie, pour une consommation de 584 kWh par habitant.
Enfin, l'étude constate que moins de la moitié des communes et groupements à fiscalité propre ont un élu en charge de l’énergie, et moins de la moitié disposent d’un agent en charge de la gestion de l’énergie. En revanche, elle met en évidence l’intérêt que présente le recours de certaines communes de moins de 10.000 habitants aux services d’un conseil en énergie partagé (CEP) puisque ces communes réalisent en moyenne un gain de 15% sur leur facture énergétique, soit 3 fois plus que la moyenne de toutes les communes.

* Communautés de communes, communautés d’agglomération, communautés urbaines, métropoles, syndicats d’agglomération nouvelle
** Climat corrigé selon le climat des 30 années précédentes
 

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