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France urbaine propose dix mesures pour lutter contre la précarité alimentaire dans les villes

France urbaine et l'association Resolis publient une étude sur "Les villes face aux défis de la précarité alimentaire", qui s'appuie sur les initiatives de 21 grandes villes françaises et identifie une série de leviers.

Trois mois après l'ordonnance du 21 octobre 2019 relative à la lutte contre le gaspillage alimentaire, qui généralise notamment l'obligation faite aux opérateurs de proposer une convention aux associations habilitées d'aide alimentaire pour le don de denrées consommables et non vendues (voir notre article ci-dessous du 22 octobre 2019), France urbaine et l'association Resolis (Recherche et évaluation de solutions innovantes et sociales) publient une étude sur "Les villes face aux défis de la précarité alimentaire".

Les villes "au cœur des systèmes alimentaires de leurs territoires"

Le constat de départ : les villes "sont au cœur des systèmes alimentaires de leurs territoires et constituent des expériences pionnières de la transition de l’aide alimentaire vers des formes plus territorialisées. Il y a donc lieu, avec les villes, de conforter ces initiatives territoriales, de les aider à grandir et/ou à essaimer pour que s’affirment des territoires '0 faim, 0 chômeur, 0 gaspillage et 0 déchet'". L'étude s'appuie sur un échantillon de 21 grandes villes françaises et l'essentiel du document est consacré à la restitution de leurs initiatives. Ces présentations détaillées (deux pages par ville) rendent compte de façon précise et concrète des actions et dispositifs mis en place : données clés du territoire (y compris sur l'environnement agricole de la métropole), principes directeurs de la démarche, description des actions phares, existence d'un projet alimentaire territorial (PAT)... Seul bémol : les fiches descriptives ne fournissent pas d'éléments budgétaires, mais il est clair que ce type d'actions est très largement à la portée des grandes villes.

Des nombreuses actions ainsi recensées se dégagent notamment le rôle des grandes villes dans la coordination de la lutte contre la précarité alimentaire, l'appui et le soutien aux acteurs associatifs, les actions menées en régie (par exemple à partir des cantines centrales), les actions renforcées à destination de territoires prioritaires, le soutien à des plateformes polyvalentes (par exemple autour des marchés d'intérêt national), les actions de sensibilisation, de communication et d'éducation (en particulier à destination des scolaires), ou encore les actions associant alimentation et insertion des publics précaires.

Des leviers pour développer la lutte contre la précarité alimentaire

Au-delà de ces descriptions, l'étude identifie "un certain nombre de leviers qui contribuent à lutter contre la précarité alimentaire tout en représentant des pistes d’amélioration pour les villes qui souhaitent engager ou accélérer ce type de démarches". Sont ainsi évoqués l'inscription de la précarité alimentaire dans les PAT (avec charte et modus operandi), le rapprochement des modes distributifs et territoriaux de l’aide alimentaire, la priorisation des produits de qualité, de proximité et de saisonnalité dans l'approvisionnement des cantines et dans les distributions d'aide alimentaire, le lancement d'un programme d’amélioration de l’éducation nutritionnelle autour des cantines et des jardins scolaires, ou encore la mise en place, à partir des cantines scolaires, d'un pôle pédagogique, d'actions d'insertion et d'actions d'économie circulaire.

Autres pistes préconisées : la mise en place au sein des MIN de plateformes polyvalentes en interrelations avec les associations, dotées d’équipements de traitement des produits et de capacités logistiques, l'intégration de la lutte contre la précarité alimentaire dans la politique des quartiers prioritaires (QPV), le renforcement des liens entre lutte contre la précarité́ alimentaire et insertion professionnelle et sociale (par exemple en soutenant les entreprises d'insertion), la promotion des expériences de tarification sociale, ou encore le soutien aux différentes modalités de participation des personnes aux actions d’aide alimentaire (participation à la production, à la distribution, à la gouvernance) et accompagnement à la sortie de l’aide alimentaire. Le tout en s'inscrivant dans le prolongement de la "Déclaration pour une transition en faveur d'une alimentation durable, responsable et solidaire", adoptée en décembre 2018 par France urbaine et signée par 75 villes.

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