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Grand Paris - Grand Paris Express : un surcoût de 10 milliards d'après Jean-Paul Huchon

Le projet du Grand Paris Express a été estimé à 20 milliards d'euros, mais Jean-Paul Huchon, président du conseil régional d'Ile-de-France, a évoqué un surcoût de 10 milliards d'euros, à l'occasion de son audition devant la commission du développement durable de l'Assemblée nationale le 4 décembre 2012.

"On sait que cette opération sera fatalement un peu plus coûteuse que ce qui était prévu au départ, on le sait depuis le début", a souligné Jean-Paul Huchon, président du conseil régional d'Ile-de-France, à propos du Grand Paris Express, à l'occasion de son audition le 4 décembre devant la commission du développement durable de l'Assemblée nationale. Le projet était estimé à 20 milliards d'euros, dans l'accord-cadre signé en 2011 entre l'Etat et la région. Souhaitant réévaluer les coûts réels du projet, Cécile Duflot, ministre de l'Egalité des territoires en charge du Grand Paris, a demandé à Pascal Auzannet de rédiger un rapport sur la question. Un rapport qui doit permettre au gouvernement de définir un plan de financement au début de l'année 2013 en concertation avec les élus des territoires concernés. Durant son audition, Jean-Paul Huchon a évoqué un chiffre "de l'ordre de 30 milliards d'euros" contre les 20 milliards prévus initialement. Un surcoût de 10 milliards d'euros qui s'explique d'après lui par les interconnexions, les nouvelles gares, le projet en prévoyant 72, et les quais qu'il va falloir allonger. Mais l'écart de coûts s'explique aussi par ailleurs. "Il y a une certaine erreur dans le calcul de la Société du Grand Paris (SGP)", a ainsi expliqué Jean-Paul Huchon, la SGP ayant comptabilisé le montant de sa participation aux travaux, et non le montant du coût total des travaux.

Une erreur de calcul

"Sur la ligne orange, il y a 2 milliards d'euros qui sont avancés par la SGP mais le coût de l'opération est plus proche de 5 milliards que de 2", a ainsi précisé le président du conseil régional d'Ile-de-France, également président du Syndicat des transports d'Ile-de-France (Stif). Mais Jean-Paul Huchon s'est montré toutefois rassurant. "Quels que soient les résultats de cette mission, nous sommes amenés à conduire ce projet jusqu'à son aboutissement, a-t-il affirmé, les élus sont très attachés (à ce projet). Leur principale préoccupation est que le rapport ne vienne pas bouleverser ou raboter l'équilibre qui a été trouvé." Pour lui, "l'enquête publique est lancée, elle va avoir lieu sur la ligne rouge, le cœur du système, et plus de 80 présentations ont été faites avec les élus, qui se sont très bien passées, rassemblant 8.000 à 10.000 personnes". Restent à préciser certains points comme la gouvernance de la SGP. Pour Jean-Paul Huchon, il faut "faire plus de place aux collectivités, car actuellement la SGP est dominée par l'Etat". Autre demande du président du conseil régional : faire évoluer le Stif vers un établissement public à caractère industriel et commercial (Epic), alors qu'il est actuellement constitué sous la forme d'un établissement public administratif (EPA), afin de le rendre plus opérationnel. Enfin, Jean-Paul Huchon a insisté sur la nécessité que les contrats de développement territorial (CDT), qui sont destinés à développer les territoires sur le plan urbain, économique et environnemental, se mettent en cohérence avec le schéma directeur de la région Ile-de-France (Sdrif) qui a été voté en octobre 2012.

Emilie Zapalski

Grand Paris Express : Versailles Grand Parc défend la ligne verte
La communauté d'agglomération Versailles Grand Parc, qui regroupe 14 communes du Grand Ouest parisien et compte près de 190.000 habitants, a adopté à l'unanimité le 4 décembre une motion proposée par son président, François de Mazières, en faveur de la réalisation de la ligne verte Versailles-Orly du Grand Paris Express. Dans l'attente du rapport confié à Pascal Auzannet par la Délégation interministérielle à l'aménagement du territoire et à l'attractivité régionale (Datar), sur la réalisation progressive du métro automatique Grand Paris Express, les élus de Versailles Grand Parc jugent cette ligne verte indispensable pour permettre l'opération d'intérêt national (OIN) Paris-Saclay. "60% des emplois de cette OIN, qui constitue le premier pôle de recherche privée en Ile-de-France, sont situés dans le département des Yvelines, fait valoir l'intercommunalité dans un communiqué. Il est évidemment capital que la partie yvelinoise de l'OIN Paris-Saclay soit connectée par le métro aux autres parties de l'opération et, au-delà, aux pôles économiques majeurs ainsi qu'aux aéroports et gares d'aujourd'hui et de demain". Et ce d'autant que ce territoire est aujourd'hui dominé par "une utilisation massive de la voiture particulière". "A l'heure où le PDUIF (plan des déplacements urbains d'Ile-de-France) pose le défi d'une diminution de 2% des circulations automobiles, la ligne verte Versailles-Orly apporte une réponse concrète en permettant un transfert modal significatif, souligne l'intercommunalité. En termes d'accessibilité à l'emploi par les transports collectifs, la ligne verte apporte dans les Yvelines un gain compris entre 150.000 et 500.000 emplois supplémentaires atteints en moins d'une heure de trajet. De même, le projet bouclé sur Versailles permet d'améliorer de 20 minutes l'accès aux habitations et aux emplois situés sur 75% de l'agglomération parisienne". Pour autant, les élus estiment qu'une infrastructure lourde pour la traversée et la desserte de zones urbaines denses serait "bien trop coûteuse et inadaptée à l'occupation actuelle et future des territoires que la ligne verte doit desservir". Ils plaident donc pour "une solution de type métro léger, dont l'infrastructure de guidage est posée au sol, longeant si possible au maximum le tracé des infrastructures routières existantes, séparée et protégée de l'extérieur par un dispositif d'insertion paysagère comme, par exemple, des écrans transparents". Selon eux, la réalisation de ce type de système de transport doit pouvoir être étudiée "dès 2013 de façon à être disponible lorsque le pôle Paris-Saclay aura acquis son rythme de croisière". Anne Lenormand