Incidents et accidents technologiques : les installations de déchets toujours en tête

Selon l'inventaire 2021 des incidents et accidents technologiques, le secteur des déchets concentre toujours le plus grand nombre d'événements recensés mais l'agro-alimentaire et la métallurgie enregistrent une poussée de l'accidentologie.

Le Bureau d'analyse des risques et pollutions industriels du ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires vient de publier l'inventaire des incidents et accidents technologiques survenus en 2021. Les événements sont classés en trois catégories : les accidents majeurs, concernant spécifiquement les établissements Seveso, qui doivent être notifiés à la Commission européenne ; les accidents qui ont porté atteinte aux intérêts protégés par le code de l'environnement ; les incidents, autrement dit "les événements qui auraient pu porter atteinte dans d'autres circonstances aux intérêts suscités", indique l'inventaire.

19% des accidents dans le secteur des déchets

Pour les établissements Seveso, bien qu'en légère augmentation, les accidents majeurs restent de l'ordre d'une demi-douzaine par an. Hors établissements Seveso, incidents et accidents ont connu une augmentation sensible, avec une évolution plus marquée pour ces derniers. Mais cette hausse du nombre de cas reste inférieure à ce qui avait été enregistré en 2019, lors de la période pré-Covid. Par secteur d'activités, si celui des déchets et des eaux usées arrive en tête et concentre 19% des accidents, 2021 se caractérise par une poussée de l'accidentologie dans l'agro-alimentaire et la métallurgie, qui se positionnent devant la chimie-pharmacie et l'agriculture-élevage. Dans 71% des cas (contre 6% en 2020), les rejets de matières dangereuses constituent le phénomène prépondérant des accidents en 2021 alors que les incendies sont en retrait (47% des cas contre 54% en 2020). La situation est inversée si l'on fait la somme des accidents et des incidents, les incendies représentant 55% des phénomènes et les rejets de matières dangereuses 51%.
L'inventaire présente plusieurs focus. L'un revient sur le secteur des déchets, toujours prédominant en termes d'accidentologie avec 269 événements recensés en 2021, soit une hausse de 10% par rapport à 2020.  La proportion d'accidents est de 28%, l'incendie étant toujours le phénomène majoritaire (83% des cas). Deux-tiers des accidents se produisent dans des centres de véhicules hors d'usage ou des centres de tri, transit, regroupement de déchets. L'accidentologie dans les installations de stockage de déchets non dangereux est en baisse (39 recensés en 2021 contre 57 en 2020), "avec une nette amélioration de l'alerte aux services de secours", souligne le document. Celui-ci relève l'apparition d'événements liés à la présence de bouteilles de protoxyde d'azote dans les installations d'incinération de déchets non dangereux (5 sur les 26 recensés en 2021) et l'accroissement du nombre d'accidents sur les installations de méthanisation – dont certaines n'entrent pas dans le groupe métier déchets -, avec 25 événements recensés en 2021 et le rejet de matières dangereuses ou polluantes comme phénomène majoritaire - 68% des cas contre 45% en 2020.

Impact des phénomènes naturels sur l'accidentologie

Les phénomènes naturels qui s'amplifient sous l'effet du changement climatique ont aussi un impact sur les installations industrielles, en provoquant ou en aggravant des événements, souligne l'inventaire. 80 événements de ce type, dont un tiers d'accidents, ont été recensés en 2021. 22 d'entre eux sont consécutifs à des épisodes venteux, 29 à un épisode de chaleur intense, 18 sont imputables à des pluies, crues et inondations (en fort recul par rapport à 2018 où 67 événements avaient été recensés) et 6 à la foudre, un risque qui semble bien maîtrisé par les exploitants, souligne les auteurs du document.

Nette hausse des déclarations pour des problèmes survenus sur les digues

Par ailleurs, l'inventaire s'intéresse aussi aux ouvrages hydrauliques, avec un focus sur les digues. Au 1er avril 2022, 139 déclarations d'événements importants pour la sûreté hydraulique (EISH) ont été déclarés pour l'année 2021, en nette hausse par rapport aux trois années précédentes du fait de l'augmentation des EISH concernant les digues (107, soit +60% par rapport à 2020), notamment à la suite des crues en Nouvelle-Aquitaine. "Outre les phénomènes climatiques pouvant expliquer les désordres constatés, la reprise en gestion systématique des digues par les établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) à fiscalité propre (ou leurs groupements) depuis l'entrée en vigueur de la compétence de gestion des milieux aquatiques et prévention des inondations (Gemapi) permet un meilleur suivi, qui génère 'mécaniquement' davantage de déclarations d'EISH", indique l'inventaire.

 

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