Patrimoine - La baisse d'activité de l'Inrap s'est poursuivie en 2014

Le rapport remis, au printemps dernier, à la ministre de la Culture par Martine Faure, députée (PS) de la Gironde, et intitulé "Pour une politique publique équilibrée de l'archéologie préventive" (voir notre article ci-contre du 4 juin 2015) le laissait déjà entendre : non seulement la part de l'Inrap (Institut national de recherche et d'archéologie préventive) ne cesse de reculer face à la concurrence d'autres opérateurs, mais son chiffre d'affaires recule également en valeur absolue. Le rapport d'activité 2014 de l'organisme confirme, en l'amplifiant encore, cette évolution.

Les journées de travail sur les fouilles en recul de 18%

La plupart des composantes de l'activité de l'Inrap sont, dans des proportions variables, orientées à la baisse. Il en est ainsi en matière de diagnostic, qui constitue à la fois le cœur de métier de l'Institut et le secteur le plus exposé à la concurrence des opérateurs privés et des services archéologiques des collectivités territoriales.
En 2014, l'Inrap a, par exemple, réalisé 1.752 diagnostics terrestres et subaquatiques (interventions sur le terrain), contre 1.786 l'année précédente (-2%). Le recul est plus prononcé en ce qui concerne les rapports de diagnostic, avec 1.658 rapports contre 1.871 en 2013 (-11%). Il en est de même pour les prescriptions de diagnostics, qui débouchent sur la signature d'une convention entre l'Inrap et l'aménageur. Ces prescriptions de diagnostics - qui conditionnent pour partie l'activité de l'année suivante - sont passées de 2.255 sur une superficie de 10.406 hectares en 2013 à 1.969 sur 8.084 hectares l'an dernier (-13%).
La tendance à la baisse est identique du côté des fouilles proprement dites. L'année 2014 a ainsi compté 367 prescriptions de fouilles, contre 403 l'année précédente (-9%), et 222 fouilles réalisées au lieu de 261 (-15%). Au total, ces fouilles ont représenté 149.353 journées de travail, contre 182.276 en 2013 (-18%). En revanche, le nombre de communes concernées par des opérations archéologiques menées par l'Inrap a progressé, passant de 1.604 en 2013 à 2.156 en 2014.

Les moyens humains et financiers orientés à la baisse

Coté positif, le rapport 2014 met en évidence un renforcement des activités de recherche de l'Inrap, dans le sens des préconisations du rapport de Martine Faure. Par exemple, le nombre de journées de travail consacrées à des activités de recherche est passé de 21.592 à 23.928 en 2014 (+11%).
La conséquence de cette diminution globale - et significative - de l'activité de l'Inrap, se traduit par une baisse de son budget, passé de 169 millions d'euros en 2013 à 159 millions en 2014 (-6%). De même, les effectifs en équivalents temps plein (EQTP) sont également orientés à la baisse : 1.960,9 EQTP en 2014 contre 2.076,7 en 2013 (-5,5%).
Une consolation toutefois dans ce paysage plutôt morose : les enquêtes de satisfaction réalisées par l'Inrap montrent une satisfaction croissante - et qui se situe désormais à un haut niveau - des utilisateurs des services de l'Institut, dont les collectivités territoriales (voir nos articles ci-contre du 25 novembre 2013 et du 24 février 2015). 

 

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