Dépendance - La Cnav, le RSI et la MSA se lancent dans la prévention et tendent la main aux départements

Dans un communiqué du 26 mai, la Caisse nationale d'assurance vieillesse (Cnav), le Régime social des indépendants (RSI) et la Mutualité sociale agricole (MSA) indiquent avoir adopté "une délibération commune en faveur d'une politique active de prévention de la perte d'autonomie à destination des personnes âgées". Ces trois régimes de protection sociale, qui couvrent près de 90% des retraités, jouent déjà un rôle important dans l'aide à domicile, auprès des personnes âgées relevant des GIR 5 et 6 (personnes faiblement dépendantes) et qui ne peuvent, de ce fait, prétendre à l'allocation personnalisée d'autonomie (APA). Elles financent notamment des prestations d'aide ménagère. Ce positionnement en fait des acteurs majeurs de la prévention de perte d'autonomie. Selon les termes du communiqué commun, elles sont, grâce aux informations dont elles disposent (carrières, revenus, vulnérabilité sociale...), "en mesure d'assurer un ciblage efficace et réactif des actions de prévention vers les publics confrontés à des événements fragilisateurs (sortie d'hôpital, veuvage, accident, problème de santé, etc.)".

Une coordination renforcée avec les conseils généraux

Considérant que "cette légitimité d'action pose la question de la coordination des acteurs", les trois régimes de retraite se disent favorables à un renforcement de la coordination avec les départements. Pour cela, "ils souhaitent être pleinement associés à la préparation et l'évaluation des schémas départementaux et convenir du principe de la reconnaissance mutuelle des évaluations (GIR) entre les caisses de retraite et les conseils généraux". Les trois régimes ne manquent d'ailleurs pas de rappeler que la politique qu'ils entendent mener "peut contribuer à juguler les dépenses liées à la compensation de la perte d'autonomie".
Pour parvenir "à une couverture optimale des différents publics sur l'ensemble des territoires", Cnav, RSI et MSA s'engagent à poursuivre leur partenariat sur trois axes principaux. Le premier concerne l'information et le conseil à l'attention de l'ensemble des retraités sur les différentes dimensions du bien vieillir : prévention santé, prévention relative aux comportements et règles de vie favorisant le vieillissement autonome, prévention des risques aggravés par la fragilisation sociale et prévention des risques liés à l'environnement du retraité. Le second englobe l'organisation d'actions collectives de prévention et d'ateliers collectifs de sensibilisation sur des thèmes liés au bien vieillir (mémoire, nutrition, prévention des chutes, sommeil, maintien du lien social...). Enfin, le troisième axe concerne l'accompagnement personnalisé des retraités les plus fragiles, à travers une évaluation des besoins et l'octroi d'aides individuelles au maintien à domicile. L'objectif est de prendre en compte l'ensemble des besoins liés "au vivre chez soi" : aide ménagère, portage de repas, transport accompagné, adaptation du logement...

Ile-de-France : le Prif est prêt à l'action
Avant même le communiqué sur l'engagement des trois régimes, leurs caisses régionales intervenant en Ile-de-France se sont rapprochées pour créer un groupement de coopération sociale et médico-sociale intitulé "Prévention retraite Ile-de-France" (Prif). L'objectif du groupement est de développer des actions communes de prévention de la perte d'autonomie en faveur des retraités, dans une perspective de "bien vieillir". Le Prif propose notamment aux départements et aux communes la mise en place de trois types d'actions de prévention, assurées par des animateurs spécialisés : l'atelier mémoire Pac Eurêka (16 séances mêlant aspects ludiques et mobilisation de la mémoire), les ateliers du bien vieillir (série d'ateliers thématiques sur la nutrition, l'équilibre, le sommeil, l'activité physique...) et l'atelier de prévention des chutes. L'objectif commun à toutes ces activités est d'informer et de susciter les bons comportements. Ces activités sont proposées sans contrepartie financière de la commune. Une contribution modeste est demandée en revanche aux participants, dont tout ou partie peut être pris en charge par la commune ou le CCAS. D'autres actions devraient être développées dans les prochains mois, notamment sur la sensibilisation aux dangers de l'habitat.

 

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