Jean-Noël Escudié / PCA

Personnes âgées - La dépendance en établissement continue de s'accroître

Social

Santé, médico-social, vieillissement

L'édition 2014 de "l'Observatoire des Ehpad" du cabinet KPMG met en lumière la progression du degré de dépendance des personnes accueillies. Plus âgés, les résidents ont également des besoins médicaux en hausse.

La cabinet d'audit KPMG livre l'édition 2014 de son "Observatoire des Ehpad" (établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes). Devenu une référence du secteur, ce document est réalisé sur la base d'un échantillon de 324 Ehpad publics ou privés à but non lucratif (PNL), représentant un total de 26.048 places. Ces établissements présentent une capacité moyenne de 71 places pour les PNL et de 108 places pour les publics.

GMP et PMP toujours à la hausse

Parmi les nombreux enseignements de l'enquête, on retiendra en premier lieu la poursuite de la progression du degré de dépendance des personnes accueillies en Ehpad. A périmètre constant d'établissements, le GMP (GIR moyen pondéré) est ainsi passé, entre 2010 et 2012, de 682 à 710 dans les Ehpad publics et de 639 à 661 dans les établissements PNL. Une évolution qui s'explique par l'âge moyen des résidents. Chez les femmes, il est de 87 ans dans les Ehpad publics et de 86,5 ans dans les PLN. Chez les hommes, il est respectivement de 82,6 et 84,3 ans. En 25 ans, l'âge moyen d'entrée en maison de retraites - pour les deux sexes confondus - est passé de 80,2 ans à 85,06 ans...
Du côté de la prise en charge médicale, le PMP (pathos moyen modéré) est également à la hausse : 187 pour les Ehpad publics et 172 pour les PNL. Le rapport relève que "le PMP moyen constaté s'approche du seuil des 200 points, ce qui est un PMP courant dans les unités de soins à longue durée (USLD)", autrement dit dans des structures hospitalières à la vocation médicale plus affirmée. Pour KPMG, "cette évolution témoigne des besoins médicaux croissants des résidents en Ehpad". Ce jugement porte sur une partie seulement de l'échantillon, puisque seuls 75% des Ehpad publics et 67% des PNL ont une coupe Pathos validée. Sur le GMP comme sur le PMP, les niveaux relevés sont proches des moyennes nationales, toutes catégories d'Ehpad confondues (694 pour le GMP moyen et 192 pour le PMP moyen)

Montée en puissance des accueils de jour et des prises en charge Alzheimer

L'enquête témoigne aussi de la montée en charge des accueils de jour, dont les capacités minimales ont été définies par un décret du 29 septembre 2011. Ainsi, 24% des Ehpad disposent d'un accueil de jour (29% pour les publics et 21% pour les PNL), dont près de la moitié comptent moins de six places.
En matière de prise en charge de la maladie d'Alzheimer, 54% des Ehpad publics disposent d'une prise en charge spécifique Alzheimer, 33% d'un Pasa (pôle d'activités et de soins adaptés) et 20% d'une UHR (unité d'hébergement renforcée). Pour les Ehpad PNL, ces chiffres sont respectivement de 52%, 26% et 6%. Enfin, 15% des Ehpad publics et privés sont intégrés dans le réseau d'une Maia (maison pour l'autonomie et l'intégration des malades d'Alzheimer).

Encore 35% de conventions tripartites de première génération

Côté relations avec l'assurance maladie et les départements, 35% des Ehpad de l'échantillon ont encore une convention tripartite de première génération (contre 41% en 2012), 60% une convention de seconde génération (contre 56%) et seulement 5% une convention de troisième génération (contre 3%). Pour mémoire, les conventions de deuxième et troisième générations - dites aussi "tarifées au GMPS" ou "pathossifiées" - sont en vigueur depuis janvier 2008.
Comme lors de chaque édition de l'observatoire, le document fournit également de nombreuses données sur l'activité, les moyens et les coûts des Ehpad. Mais ces données ont perdu un peu de leur intérêt depuis la récente parution des premiers résultats de l'enquête nationale de l'Agence technique de l'information sur l'hospitalisation, menée à la demande de la direction générale de la cohésion sociale (DGCS) et de la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie (CNSA), qui doit s'étaler sur plusieurs années (voir notre article ci-contre du 3 avril 2014).

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