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Santé - La relance de l'obligation vaccinale a commencé de produire ses effets avant même de s'appliquer

La position très ferme d'Agnès Buzyn, professeur de médecine et directrice d'agences sanitaires avant d'être ministre des Solidarités et de la Santé, sur la question de la vaccination commence à produire ses effets. Intervenant, le 27 septembre, devant les Journées nationales de médecine générale, la ministre a en effet annoncé une amélioration sensible de la couverture vaccinale chez les enfants, obtenue en seulement quelques mois. Dans son communiqué du même jour, elle se félicite de la mobilisation des pouvoirs publics et des acteurs de santé concernés par les vaccinations (dont les consultations de PMI et les centres de santé municipaux).
Agnès Buzyn s'appuie sur les chiffres communiqués par Santé publique France et qui portent sur la période allant de janvier à mai 2018. Ceux-ci montrent en effet une nette augmentation de la couverture vaccinale. Celle-ci augmente, par exemple, de 5,6 points (de 56,8% à 62,4%) pour la dose de vaccin contre les infections à méningocoques C recommandée à douze mois. Elle progresse aussi de 2,6 points pour la première dose de vaccin rougeole-oreillons-rubéole (ROR), recommandée à douze mois et passée de 72,4% à 75%.
Ce redressement vaut également pour la vaccination chez les enfants plus âgés. C'est ainsi le cas pour la vaccination contre les infections à Papillomavirus humains (HPV), avec un gain de couverture de 6,2 points en cinq mois pour les jeunes filles âgées de 11 à 14 ans en 2017 : +3,5 points pour la première dose (de 16,1% à 19,6%) et +2,7 points pour la deuxième dose (de 8,9% à 11,6%). La ministre de la Santé cite aussi une hausse pour le rattrapage de la vaccination contre les méningocoques C au-delà d'un an, avec un gain de couverture entre janvier et mai 2018 de 1,4 point pour les enfants âgés de deux à cinq ans (de 70,8% à 72,2%).
Cette tendance à l'amélioration de la couverture vaccinale se poursuit au-delà des cinq premiers mois de l'année, étudiés par Santé publique France. Ainsi, 97,8% des nourrissons nés en mai 2018 ont reçu leur première vaccination contre l'hépatite B en utilisant les vaccins hexavalents incluant l'hépatite B, contre 92,3% en mai 2017 (+5,5 points).

L'impact de l'épidémie de rougeole

Parmi les facteurs ayant eu un rôle important, évidemment : le renforcement de l'obligation vaccinale - avec désormais onze vaccins obligatoires - instauré par la loi de financement de la sécurité sociale (LFSS) pour 2018 du 30 décembre 2017 et par le décret d'application du 25 janvier 2018 (voir nos articles ci-dessous du 10 et du 26 janvier 2018). L'obligation que l'enfant soit à jour de ses vaccinations pour entrer en collectivité (crèches, assistantes maternelles, écoles et établissements d'enseignement scolaire, accueils sans hébergement...) a constitué un puissant facteur incitatif. Et cela même si cette obligation ne n'est appliquée qu'à compter du 1er juin 2018, donc après la période étudiée par Santé publique France.
Autre facteur incitatif : l'épidémie de rougeole qui s'est développée en Europe - et plus particulièrement en France avec 2.779 cas depuis novembre 2017 - en raison de la dégradation de la couverture vaccinale (voir notre article ci-dessous du 15 mars 2018). Le décès de trois enfants a sans doute fait réfléchir nombre de parents jusqu'alors réticents.
Agnès Buzyn ne compte d'ailleurs pas en rester là. La Semaine européenne de la vaccination, du 22 au 28 avril 2019, devrait être l'occasion de présenter des chiffres plus complets et d'accroître encore l'information et la mobilisation. En attendant, le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2019 prévoit déjà de renforcer la vaccination contre la grippe.

 

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