La Semaine de la ville durable se poursuit

L'association France Ville durable a organisé ce 19 mai la première édition de "Villes durables en actions", au cours de laquelle elle a officiellement présenté son "manifeste pour les villes durables" – alors que l'association Villes de France a présenté son propre manifeste ce même jour. La journée a également été l'occasion de mettre en lumière, sous l'œil (virtuel) de la ministre Emmanuelle Wargon, une centaine d'actions exemplaires – les fameux "démonstrateurs".

Après l'annonce ce lundi par le Premier ministre de nouvelles mesures en faveur de la ville durable (voir notre article), après l'installation le lendemain du comité des partenaires de l'Observatoire national de la rénovation énergétique, se tenait ce 19 mai, à Dunkerque, la première édition d'un rendez-vous, à vocation annuelle, organisé par l'association France Ville durable, "Villes durables en actions".

Organisateur de l'événement, Patrice Vergriete, président de l'association et maire et président de la communauté urbaine de Dunkerque, a souligné les deux objectifs poursuivis : d'une part, continuer de "réinterroger le concept, souvent utilisé, voire galvaudé, mais vivant et évolutif" de la ville durable ; d'autre part, valoriser les réalisations exemplaires des uns pour inciter les autres à se les approprier, en insistant sur le fait que l'association "n'est pas un think-tank, mais un do-tank".

Un manifeste pour les villes durables

Répondant au premier objectif, la journée a été l'occasion pour l'association d'officialiser (une version avait été dévoilée le 5 février dernier) son "manifeste pour les villes durables", au travers duquel les quatre collèges qui la composent – l'État et ses agences, les collectivités, les entreprises et les experts – présentent leur vision de la ville de demain, conformément à la commande passée en février 2020 par le ministre du logement d'alors, Julien Denormandie (voir notre article du 5 février 2020). Une vision qui s'appuie sur quatre concepts : la sobriété, la résilience, l'inclusion et la créativité. Cette dernière notion diffère de celle retenue par Emmanuelle Wargon, qui lui a succédé au ministère du Logement, lors de la présentation, en février dernier, du premier bilan de la feuille de route "Habiter la ville de demain" (voir notre article du 11 février 2021), à savoir la "productivité". Interrogé sur cette "divergence", Patrick Vergriete confesse que l'association a longuement hésité entre les deux termes, pour expliquer in fine qu'il fallait dans tous les cas retenir, quel que soit celui utilisé, l'idée de la "foi dans le progrès", la conviction que "la ville durable ne peut pas renoncer à l'intelligence humaine, qui apporte beaucoup d'opportunités".

116 "démonstrateurs"

Répondant au second objectif, et en réponse à une commande de la ministre, la manifestation avait également vocation à présenter 116 "démonstrateurs" (voir la liste ci-dessous), entendre des actions exemplaires appelées à inspirer les autres territoires et à y être reproduites. "Ce n'est pas un concours, mais il s'agit de capitaliser et de diffuser les bonnes pratiques", précise Patrick Vergriete. Des démonstrateurs que l'on retrouvera sur le nouveau portail collaboratif de l'association qui verra le jour pendant l'été (on relèvera que semblable démarche vient d'être entreprise par l'Agence parisienne du climat – voir notre article du 19 mai 2021 –, non sans donner corps à la "profusion d'actions" récemment relevée par le sénateur de Vendée Didier Mandelli - voir notre article du 17 mai 2021). "L'enjeu est aujourd'hui de sortir du cercle des pionniers pour massifier les pratiques, les industrialiser, tout en les adaptant au contexte local", insiste Stéphanie Dupuy-Lyon, directrice générale de l’aménagement, du logement et de la nature au ministère de la Transition écologique. "L'heure n'est plus au militantisme, mais à l'action, sans réinventer l'eau chaude" appuie Virginie Carolo, présidente de Caux Seine Agglo, vice-présidente de ADCF et du collège Collectivités locales de France Ville durable.

Consultations citoyennes

Profitant de l'occasion, la ministre du Logement rappelle les quatre piliers sur lesquels repose son action en la matière :
- "partager une vision, des concepts, être sûr qu'on parle de la même chose", notamment via des référentiels communs. Outre la RE2020, Emmanuelle Wargon mentionne le référentiel sur "la qualité d'usage des logements" qu'elle a commandé en février dernier, et dont les conclusions devraient être dévoilées "d'ici la fin de l'été, pour la rentrée". S'il "restera optionnel", la ministre confie qu'elle s'en inspirerait sans doute pour conditionner l'éligibilité au dispositif Pinel à taux plein ;
- partager la réflexion avec l'ensemble des Français, annonçant notamment à cette fin le lancement de "consultations citoyennes" à partir du 28 mai prochain afin de confronter les aspirations de ces derniers en matière d'habitat et de cadre de vie aux fondamentaux de la ville durable (qui ne se rejoignent pas toujours…) ;
- montrer que des solutions existent, objectif auquel répond évidemment la plateforme de France Ville durable. La ministre ajoute qu'une réflexion sur une "initiative grand public" est actuellement conduite ;
- continuer à innover, évoquant ici le programme d'investissement d'avenir (PI4), au sein duquel s'inscrit le prochain lancement d'un appel à manifestation d'intérêt, doté de 300 millions d'euros, pour faire émerger de nouveaux "démonstrateurs de la ville durable", annoncé par le Premier ministre ce 17 mai.

 
  • Villes de France a aussi son manifeste

Hasard ou coïncidence, l'association Villes de France vient elle aussi de présenter son "manifeste pour réussir la transition écologique des villes de France". Si les manifestes se suivent, ils ne se ressemblent pas. Alors que celui de France Ville durable présente la "vision" de la ville de demain portée par les membres de l'association, celui de Villes de France, fruit d'un groupe de travail présidé par le maire de Niort, Jérôme Baloge, prend la forme d'un catalogue de revendications, avec pour ambition – affirmée par sa présidente, Caroline Cayeux – de "libérer la capacité d'action des villes moyennes et de leurs intercommunalités". Concrètement, le document formule 60 propositions d'actions que l'État devrait conduire "pour que les territoires puissent porter des projets ambitieux, concrets et innovants". Elles sont articulées autour de cinq grandes rubriques : le besoin d'un État accompagnateur et de financements pérennes et innovants ; la possibilité de conduire des stratégies locales, la clarification des compétences et la facilitation des coopérations ; le renforcement de l'économie circulaire et de la protection de la biodiversité ; le soutien à une mobilité durable ; le soutien au mix énergétique et à des bâtiments sobres. De cet ensemble, Jérôme Baloge met en exergue deux souhaits qui lui tiennent à cœur : "des dispositifs plus pérennes" et "un guichet unique permettant aux élus de n'avoir qu'une seule porte d'entrée". Des aspirations qui dépassent sans doute le strict domaine de la ville durable.

 

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