France

Jean-Noël Escudié / P2C pour Localtis

L'accès aux personnels paramédicaux s'améliore, mais les inégalités territoriales persistent

Santé, médico-social, vieillissement

Social

Cohésion des territoires

L'accessibilité aux infirmiers, masseurs-kinésithérapeutes et sages-femmes s'est améliorée entre 2016 et 2017 du fait d'une hausse importante du nombre de ces professionnels, montre une étude de la Drees.

La direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees) des ministères sociaux publie les résultats d'une étude sur l'évolution de l'accessibilité géographique aux infirmiers, masseurs-kinésithérapeutes et sages-femmes. La période considérée est courte, puisqu'elle porte sur les années 2016 et 2017, mais elle montre néanmoins une amélioration sensible pour ces trois professions paramédicales, ainsi qu'une réduction des inégalités territoiriales, même si celles-ci demeurent importantes.

Une croissance de ces professionnels plus rapide que celle de la population

Pour mesurer ces évolutions, la Drees recourt à son "indicateur d'accessibilité potentielle localisée" (APL), également utilisé pour l'accès aux médecins libéraux. Il s'agit en l'occurrence d'un "indicateur local de densité flottante disponible au niveau de chaque commune, qui tient compte de l'offre et de la demande issues des communes environnantes".

Entre 2016 et 2017, l'accessibilité géographique aux infirmiers, masseurs-kinésithérapeutes et sages-femmes s'est ainsi améliorée respectivement de +2,3%, +2,8% et +5,4%. En 2017, l'accessibilité aux infirmiers libéraux s'élève ainsi en moyenne à 145 ETP (équivalents temps plein) pour 100.000 habitants en France (hors Mayotte). Pour les masseurs-kinésithérapeutes, elle correspond à 103 ETP pour 100.000 habitants et, pour les sages-femmes, à 16 ETP pour 100.000 femmes. La Drees rappelle toutefois que les besoins de prise en charge en ville par ces trois professions de santé s'accroissent avec le vieillissement de la population et l'évolution des modes de prise en charge et d'organisation des soins (programme d'accompagnement au retour à domicile, exercice pluriprofessionnel, délégation des tâches, pratiques avancées...).

Cette amélioration de l'accessibilité de ces trois professions paramédicales est très clairement liée à leur dynamisme démographique. La Drees rappelle ainsi que le nombre d'étudiants autorisés à entrer en première année de formation de masseur-kinésithérapeute a quasiment doublé entre 1999 et 2017. Dans le même temps, les quotas d'étudiants infirmiers et sages-femmes progressaient respectivement de 70% et de 43%. Conséquence : une croissance du nombre de professionnels beaucoup plus rapide que celle de la population (+7% par an pour les infirmiers libéraux, +4% pour les kinés et +15% pour les sages-femmes).

Les inégalités entre communes diminuent, mais restent importantes

En termes géographiques, l'étude montre que les inégalités de répartition entre communes tendent à se réduire. La Drees calcule ainsi que, de 2013 à 2017, entre les 10% des habitants les mieux dotés et les 10% des habitants les moins bien lotis, l'écart se réduit de 17% pour les infirmiers, de 27% pour les sages-femmes et de 29% pour les masseurs-kinésithérapeutes. Malgré cette amélioration notable, les écarts territoriaux restent toutefois plus importants que pour les médecins généralistes (mais plus faibles que pour les spécialistes).

Les infirmiers libéraux, par exemple, sont concentrés au sud d'un axe allant de la Meuse à la Dordogne, avec une forte densité sur le pourtour méditerranéen, en Gironde, en Corse et dans les Drom (la moyenne la plus élevée s'observant à La Réunion avec 470 ETP pour 100.000 habitants). A l'inverse, les Pays de la Loire et le Centre-Val de Loire sont moins dotés en infirmiers, de même que l'Ile-de-France (60 ETP pour 100.000 habitants dans les Yvelines et les Hauts-de-Seine).

Au final - et en prenant également en compte les médecins généralistes -, l'étude conclut que "plus de 7 habitants sur 10 n'ont aucune difficulté d'accès à des professionnels de premier recours (médecins généralistes, masseurs-kinésithérapeutes et infirmiers) et 4,5% de la population réside dans une commune sous-dense pour ces trois professions à la fois".

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