Social - Le CNLE adresse un voeu au gouvernement pour relancer la lutte contre l'exclusion

A l'occasion de la 27e Journée mondiale du refus de la misère, organisée le 17 octobre et placée sous le signe de la lutte contre les préjugés, le Conseil national des politiques de lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale (CNLE), présidé par Etienne Pinte, a émis un vœu, afin d'"attirer l'attention du gouvernement sur plusieurs sujets".
En lien avec le thème de la Journée, le Conseil se dit en premier lieu "très préoccupé par la stigmatisation et les discriminations croissantes subies par les plus pauvres". Il s'appuie notamment pour cela sur la récente enquête du Crédoc, confirmée par celle d'ATD Quart Monde (voir nos articles ci-contre du 2 et du 17 octobre 2014). Il rejoint donc d'autres instances - comme le Défenseur des droits ou la Commission nationale consultative des droits de l'Homme (CNCDH) - pour demander au gouvernement d'envisager l'introduction, dans la législation française, du critère de précarité sociale comme motif prohibé de discrimination.

Formation et accès aux soins : peut mieux faire

Le vœu du CNLE met également l'accent sur d'autres aspects. Ainsi il approuve l'effort de l'Etat pour favoriser la formation professionnelle, mais estime qu'il faut aussi changer le regard de l'Education nationale et de la société en général sur les filières professionnelles. De même, il souhaite que les négociations en cours entre des associations de lutte contre la pauvreté et les partenaires sociaux débouchent sur un accord national interprofessionnel pour l'accès à un emploi accompagné des personnes en difficulté sociale ou professionnelle et des chômeurs de longue durée.
Dans le champ de la santé - et tout en se félicitant des améliorations apportées à la CMU-C et à l'ACS (aide à l'acquisition d'une complémentaire santé) -, le CNLE reprend sa demande d'une réforme de ces dispositifs, avec en particulier une fusion de la CMU et de l'AME (aide médicale d'Etat), une indexation du plafond de ressources pour l'accès à la CMU-C au niveau du seuil de pauvreté (60% du revenu médian) et une poursuite des campagnes d'information sur les droits et sur le non recours.

Hébergement et roms : copie à revoir

S'appuyant sur les résultats de la récente enquête "Enfants et familles sans logement en Ile-de-France" (voir notre article ci-contre du 3 octobre 2014), le vœu demande également que la politique nationale d'hébergement et d'accompagnement des familles soit "profondément revue", avec mise sur pied d'une conférence de consensus et élaboration d'un "plan d'action interministériel".
Le CNLE se fait plus sévère lorsqu'il "déplore l'attitude des pouvoirs publics à l'égard des roms dans notre pays". Il estime que "la réponse politique dominante reste policière" et demande au gouvernement de suivre la recommandation de Nils Muiznieks - le commissaire aux droits de l'Homme du Conseil de l'Europe -, demandant l'arrêt des évacuations forcées de campements roms et la mise en place de dispositifs pour aider ces populations très précaires à s'installer et s'insérer. Du côté des collectivités, il rappelle que, selon une enquête de l'Association nationale des gens du voyage catholiques (ANGVC), moins de 10% d'entre elles ont mis en œuvre ou programmé un dispositif opérationnel "en mesure de satisfaire le besoin d'habitat durable sur leur territoire des familles ayant une résidence mobile pour habitat permanent". Le CNLE demande donc aux pouvoirs publics "d'amener les collectivités à reconnaître l'habitat mobile permanent comme un mode de logement, et que leur refus d'aménager leur territoire soit sanctionné comme une forme de discrimination".

 

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