Social/Europe - Le nombre de demandeurs d'asile en Europe a progressé de 30% en 2013

Eurostat - l'office statistique de l'Union européenne - a publié le 24 mars les chiffres relatifs aux demandeurs d'asile en 2013. Leur nombre a atteint, l'an dernier, le niveau record de 435.000 personnes. Par rapport à 2012 (335.000 demandeurs d'asile), ce chiffre est en hausse de 30%. Depuis 2008, le nombre annuel de demandeurs d'asile a ainsi doublé, sans jamais cesser de progresser (sauf en 2010 où ce nombre a stagné). Eurostat estime que 90% des arrivants enregistrés en 2013 sont des primo-demandeurs, tandis que 10% ont déjà formulé une demande par le passé.

65.000 demandeurs d'asile et 15% du total pour la France

En termes de pays de destination, cinq Etats européens concentrent 70% des demandeurs d'asile arrivés en 2013 : l'Allemagne, désormais largement en tête (127.000 demandeurs et 29% du total), la France (65.000 et 15%), la Suède (54.000 et 13%), le Royaume-Uni (30.000 et 7%) et l'Italie (28.000 et 6%). Si l'on rapporte l'accueil de demandeurs d'asile à la population du pays d'accueil, le plus gros effort appartient toutefois à la Suède (5.700 demandeurs par million d'habitants en 2013), suivie de Malte (5.300), de l'Autriche (2.100), du Luxembourg (2.000) et de la Hongrie et de la Belgique (1.900 pour ces deux Etats). Pour mémoire, la moyenne de l'Europe à 28 est de 860 demandeurs d'asile par million d'habitants. Certains pays se trouvent très nettement en dessous de ce seuil, comme le Portugal (50), la République tchèque (65), l'Estonie (70), la Roumanie (75), la Slovaquie (80), la Lituanie et l'Espagne (85).
En termes de pays d'origine, l'année 2013 a vu la Syrie - pour des raisons évidentes - atteindre le premier rang des nationalités les plus représentées, avec 50.000 demandeurs et 12% du total. Elle est suivie de la Russie (41.000), de l'Afghanistan (26.000), de la Serbie (22.000), du Pakistan (21.000) et du Kosovo (20.000). Si Eurostat ne le précise pas, on sait par ailleurs que la plupart des demandeurs originaires de Russie sont des tchétchènes et que ceux qui viennent de Serbie appartiennent à la communauté Rom (ce serait le cas pour pas moins de 95% d'entre eux, selon un récent rapport parlementaire français).

Plus d'un tiers de décisions positives

En termes de décisions de première instance, les chiffres d'Eurostat montrent que 34% des demandes d'asile ont fait l'objet d'une décision positive en 2013 : 15% avec l'octroi du statut de réfugié, 14% avec une mesure de protection subsidiaire et 5% pour des raisons humanitaires. A l'inverse, 66% des demandes ont été rejetées. Cette moyenne recouvre cependant des écarts importants entre les Etats de l'Union. On observera ainsi que la France est l'un des pays les plus sévères : seules 10.470 décisions positives ont été prononcées en 2013 sur un total de 61.455 décisions prises au cours de l'année, soit un taux de 17% (la moitié de la moyenne européenne). Le communiqué d'Eurostat relève toutefois qu'"il convient de garder à l'esprit que les pays d'origine des demandeurs diffèrent également de façon importante selon les Etats membres", ce qui peut expliquer une partie des écarts observés dans les décisions.

90% de décisions positives pour les Syriens, 98% de rejets pour les Serbes

Outre le communiqué présentant les chiffres 2013, Eurostat publie également, dans sa série "Data in Focus", une note de 25 pages qui apporte des informations complémentaires et une série de comparaisons entre pays. Elle montre ainsi qu'après avoir progressé au cours des neuf premiers mois de 2013, la demande d'asile s'est nettement ralentie à partir d'octobre, ce qui peut toutefois correspondre à la dégradation des conditions météo. Un autre chiffre ne manquera pas d'intéresser les départements : sur les 435.000 demandeurs d'asile accueillis en 2013, 19,6% étaient âgés de 0 à 13 ans et 5,9% de 14 à 17 ans.
D'autres tableaux donnent la répartition des principales nationalités accueillies dans chaque pays de l'Union, mais aussi les principaux pays de destinations selon les nationalités de demandeurs d'asile. Ces derniers chiffres montrent à l'évidence l'existence de relations privilégiées - sinon de certaines filières - qui tiennent souvent à des raisons historiques. Ainsi, la Suède accueille 72% des demandeurs d'asile apatrides, tandis que la France accueille 66% des demandeurs d'asile congolais, 49% des Bangladais, 48% des Chinois, 46% des Sri Lankais et 39% des Arméniens.
Tout aussi intéressantes sont les statistiques sur les décisions de première instance en fonction de la nationalité des demandeurs d'asile, qui reflètent le danger auquel ces derniers sont exposés dans leur pays d'origine. Ainsi, sur les 36.790 décisions prises en 2013 et concernant des demandeurs d'asile syriens, 27% ont délivré le statut de réfugié, 62% ont donné lieu à des mesures subsidiaires et 1% se sont traduites par un accueil pour des raisons humanitaires. Seuls 10% des demandes d'origine syrienne ont ainsi fait l'objet d'un rejet. A l'inverse, 98% des demandeurs d'asile serbes et 85% des Russes se sont vu opposer un refus.

 

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