Localtis
Valérie Liquet

Les collectivités parties prenantes du centenaire de la Première Guerre mondiale

Tourisme, culture, loisirs

Enrichissement des archives municipales et départementales, rénovation de monuments aux morts, tourisme mémoriel… les collectivités locales ont elles aussi activement participé et tiré parti du centenaire de la Première Guerre mondiale.

Le président de la République a souhaité commémorer le centenaire de la fin de la Première Guerre mondiale par une "itinérance mémorielle" de sept jours pour "honorer la mémoire d'hier et les territoires d'aujourd'hui". Les images ont fait le tour des médias. Ce que le grand public sait moins, c'est que les collectivités locales ont joué un rôle important dans le centenaire de la Première Guerre mondiale et que les retombées territoriales se faisaient sentir dès 2013 (voir nos articles ci-dessous). Le conseil des ministres du 7 novembre 2018 délocalisé à Charleville-Mézières (Ardennes) a donné l'occasion à la ministre des Armées et sa secrétaire d’État de communiquer sur ces éléments.
Florence Parly et Geneviève Darrieussecq rappellent ainsi que les collectivités locales étaient dès l'origine membres de la Mission du centenaire de la Première Guerre mondiale, l’opérateur du cycle mémoriel créé en 2012 sous la forme de groupement d’intérêt public (GIP)*. Cette organisation "s’est avérée adaptée aux enjeux", estiment les ministres aujourd'hui.

Des archives familiales numérisées dans les archives municipales 

Leur communication du 7 novembre rappelle notamment que, en 2013 et 2014, les Français avaient été invités à déposer leurs archives familiales auprès des services d’archives municipaux, départementaux ou nationaux. Et que cette grande collecte a par exemple "permis d’effectuer des études, des expositions ou des publications par les services d’archives départementaux". La Mission du centenaire se félicite de son côté que "ces initiatives ont permis la sauvegarde et la numérisation de nombreux documents souvent inédits", comme des lettres et des cartes-postales. Beaucoup sont visibles en ligne sur son site internet centenaire.org et dans le livre publié le 20 octobre dernier intitulé "La Grande Guerre des Français à travers les archives de la grande collecte".
Des établissements scolaires ont repris l’idée de la collecte en sollicitant leurs élèves afin de "redécouvrir le visage et le destin d’hommes et de femmes de leur commune". Le ministère des armées indique avoir soutenu près de 1.000 projets pédagogiques en lien avec la Grande Guerre.

6.000 projets labellisés "Centenaire 14-18"

Des projets ont été montés dans les départements, "ceux qui ont été le théâtre du conflit comme ceux de l’arrière". Selon le ministère, plus de 6.000 projets ont reçu le label du centenaire, dont 2.139 pour l’année 2018 "permettant de redécouvrir l’histoire d’une commune, d’un département ou d’une région pendant la Grande Guerre".
Florence Parly et Geneviève Darrieussecq soulignent dans leur communication que "de nombreuses collectivités ont créé, modernisé ou agrandi des mémoriaux, musées et centres d’interprétation consacrés au premier conflit mondial". Plus précisément, leur ministère indique avoir soutenu 51 projets, représentant "plus de 17 millions d’euros sur la période".
La fréquentation des sites historiques et mémoriels des régions Grand Est et Hauts-de-France aurait quant à elle augmenté de près de 30% au cours de ces années. Et pour maintenir la fréquentation des lieux de mémoire à l’issue du centenaire, "plusieurs initiatives ont été prises par l’État, les territoires concernés et Atout France". Les ministres en citent trois : signature d’un contrat de destination, création d’un label spécifique aux lieux de mémoire et mise en place de services numériques.

1.600 monuments aux morts rénovés

Par ailleurs, 1.600 monuments aux morts ont été rénovés par les communes, selon le ministère des Armées qui a également engagé "un programme de restauration sans précédent" portant sur 56 nécropoles et plus de 200 carrés militaires situés dans des cimetières communaux.
Enfin, porté par plusieurs associations et départements français, le projet, soutenu par le gouvernement, a été présenté à l’Unesco en vue du classement au patrimoine mondial de l’humanité des sites funéraires et mémoriels du front occidental de la Première Guerre mondiale.
Florence Parly et Geneviève Darrieussecq ont annoncé que des bilans du centenaire seront effectués au cours du premier semestre 2019. Ils permettront de "nourrir la réflexion" quant à la suite à donner à ces actions au-delà de la commémoration du bicentenaire et "en utilisant dans la durée les apports de cet immense élan".

* Le GIP associe également l’État, des établissements publics et des mécènes.
 

Commémoration du 11 Novembre 1918 : mode d’emploi à l’usage des maires
Pour la cérémonie de commémoration du 11 novembre 1918, l'Association des maires de France propose un canevas commun, comprenant une veillée le 10 novembre, une sonnerie de cloches en préambule à la cérémonie du 11 novembre à 11h00 et la lecture du texte du président de la République. D'autres évènements propres à l'histoire locale peuvent s'ajouter : exposition d'objets ou de photographies collectés dans les archives familiales des habitants de la commune, conférence historique…
La veillée du 10 novembre se tiendra autour du monument aux morts communal, que les maires sont invités à illuminer avec des bougies "ou par un éclairage adapté". Une lecture des noms des combattants inscrits sur le monument est également encouragée "pour donner à ce rassemblement un caractère plus solennel", ainsi que la présence des jeunes générations.
Le lendemain, la sonnerie des cloches renvoie à la volée ayant sonné l'armistice en 1918. "De nombreux particuliers ou associations militent depuis de nombreux mois pour que ce geste mémoriel fort puisse être généralisé dans l’ensemble des communes", souligne l'AMF, rappelant que la décision de faire sonner les cloches est "une compétence du maire, en lien avec l’affectataire du lieu de culte".  

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