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Les dépenses d'aide sociale des départements sont restées stables en 2018

Comme chaque année, la direction de la recherche, de l'évaluation, des études et des statistiques (Drees) des ministères sociaux publie les premières données consolidées sur les chiffres de l'action sociale des départements. Cette livraison porte sur l'année 2018 et couvre à la fois les dépenses, les bénéficiaires d'aides sociales départementales et les effectifs affectés à ces missions. Ces données sont issues de l'enquête "Aide sociale", menée annuellement auprès de l'ensemble des conseils départementaux. Les résultats montrent une quasi-stabilité des dépenses 2018 correspondantes, par rapport à celles de l'année précédente.

En 2018, les dépenses totales d'aide sociale des départements se sont ainsi élevées à 38,4 milliards d'euros, après déduction des recouvrements, récupérations et remboursements. Le premier poste demeure les dépenses de RSA et d'insertion, avec 11,8 milliards d'euros (31% du total). Il est suivi par les trois autres blocs, d'importance quasi équivalente, avec 20 à 21% du total chacun : l'aide sociale à l'enfance (8,0 milliards d'euros), l'aide sociale aux personnes handicapées (7,9 milliards) et l'aide sociale aux personnes âgées (7,5 milliards d'euros). Pour leur part, les dépenses de personnel, des services communs et d'autres interventions sociales (dont la PMI) représentent 3,2 milliards d'euros, soit 8% du total. Il apparaît ainsi que les dépenses d'aide sociale à l'enfance dépassent désormais celles en faveur des personnes handicapées, pourtant marquées depuis plusieurs années par le dynamisme de la PCH (prestation de compensation du handicap).

Avec une très légère diminution de 0,2% les dépenses nettes totales d'aide sociale en 2018 sont ainsi quasiment stables par rapport à celles de 2017. Cette stabilité recouvre toutefois des mouvements opposés. D'une part, la poursuite de l'augmentation des dépenses d'ASE (+1,3%), sous l'effet de l'augmentation du nombre de mesures et des mineurs non accompagnés (voir notre article ci-dessous du 19 décembre 2019). D'autre part, la stagnation des dépenses nettes liées au RSA (0,0%), la légère baisse de celles d'aide sociale aux personnes handicapées (-0,2%) – une première depuis plusieurs années –, la décroissance des dépenses d'aide sociale aux personnes âgées (-0,6%) et la baisse prononcée des autres dépenses nettes d'aide sociale (-3,1%).

Près de 120.000 salariés dans les services sociaux des départements

L'étude de la Drees montre également qu'à la fin de 2018, les départements (hors Mayotte) employaient 119.400 personnes pour mettre en œuvre leurs missions sociales et médicosociales. Parmi ces personnels, on compte près de 37.100 assistantes familiales, 36.600 agents administratifs et techniques, et plus de 31.100 personnels sociaux et éducatifs. Cet effectif des services sociaux et médicosociaux des départements est quasi stable par rapport à 2017, avec une très légère baisse de 0,3% (moins 300 personnes). Hors assistantes familiales, l'effectif total en équivalent temps plein est de 77.100 ETP. Près d'un tiers du personnel travaille dans des services polyvalents et deux tiers dans des services spécialisés, dont 17% dans le secteur de l'ASE, et 16% dans celui de la PMI.

À noter : l'étude de la Drees propose également, sous forme de fichiers Excel documentés, l'accès à des séries longues sur les bénéficiaires de l'aide sociale départementale (1996-2018), les dépenses d'aide sociale (1999-2018) et le personnel de l'action sociale et médicosociale départementale (2014-2018). Ces fichiers intègrent les résultats par départements.

 

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