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Les données du vélo en quête de standardisation

L'engouement pour le vélo a pour corollaire un besoin croissant en données et une multiplication des objets géographiques liés au vélo. Pour que la donnée soit exploitable et partageable, il faut qu'elle repose sur des standards, sujet auquel s'est attelée l'association Vélo et Territoires. Quant à leur ouverture, malgré les obligations légales, elle reste balbutiante.

A l'occasion de la crise sanitaire, l'association Vélo et Territoires a publié des statistiques montrant l'envolée des pratiques cyclistes à la ville comme à la campagne (voir nos éditions du 25 mai et du  4 juin ). Des données que l'association, en lien avec le ministère de la Transition écologique et solidaire, collecte auprès de ses membres et restitue sous forme d'un bulletin bimensuel dont la troisième édition publiée ce 17 juin confirme la forte augmentation de la fréquentation cyclable au cours de la période post-confinement (+85% par rapport à la moyenne de la période allant du 1er janvier au 17 mars 2020). "Notre travail de compilation est très simplifié par le fait qu'un opérateur de comptage, Ecocompteur, domine le marché. Ces données de fréquentation sont homogènes et respectent une méthodologie de comptage partagée" explique Camille Thomé, directrice de l'association Vélo et Territoires.

Un début de standardisation en 2014

Il en va tout autrement en matière d'infrastructures cyclables. L'association anime en effet l'Observatoire national des véloroutes et voies vertes (ON3V) qui compile les données des territoires sur l'avancement du réseau national des véloroutes et ses connexions européennes (réseau Eurovélo). "Cet observatoire nous demande un important travail de nettoyage des données, alors même qu'un géostandard, compatible avec les systèmes d'information géographique (SIG) des collectivités, a été élaboré avec l'appui du Cerema en 2014" précise la directrice. Parmi ses 110 adhérents, certains sont en pointe en matière de gestion de la donnée, à même de fournir des connecteurs (API) pour faciliter l'exploitation des données. Mais dans la plupart des cas, tout est manuel et beaucoup de retraitements sont nécessaires avant de pouvoir les intégrer à l'observatoire. 

Multiplication des équipements vélo

Par ailleurs, avec l'engouement pour le vélo, les équipements et autres aménagements ne cessent de se multiplier, à l'image des doubles sens cyclables en zone 30, des stations de vélos en libre-service ou encore des aménagements provisoires liés à la crise sanitaire (voir ci-dessous). Autant de nouveaux objets géographiques à normaliser, "car aujourd'hui chacun y va de sa description de données" explique Thomas Montagne, le géomaticien de l'association.  Et si certaines collectivités publient des données très complètes sur les équipements vélo, pour d'autres elles sont inexistantes avec pour résultat "un tableau impressionniste et l'impossibilité de voir les trous dans la raquette de l'offre vélo". C'est ce qui a conduit l'association à lancer une enquête au printemps 2020 avec pour objectif de compléter le standard existant, de définir un vocabulaire commun et de répondre aux obligations françaises et européennes en matière de données de mobilité.

L'ouverture des données balbutiante

La priorité de l'association est de décrire les données au standard SIG, autrement dit pour des besoins internes aux collectivités. "Les collectivités ont des besoins métier spécifiques, il faut que les données soient précises et interopérables entre les différents niveaux de collectivités", précise Thomas Montagne. Qu'en est-il de l'open data ? "Nous ne pouvons que constater que le vélo n'échappe pas à ce que l'on observe sur l'open data en général : malgré leurs obligations nationales et européennes une grande majorité de nos membres n'ont pas encore fait le pas de l'open data", relève Camille Thomé. Même pour les données ON3V, que l'association détient, leur ouverture est complexifiée par la préexistence de multiples conventions de mises à disposition.

Travailler avec la communauté vélo

Le travail de normalisation devrait cependant aider à l'ouverture des données : c'est un préalable à leur publication et la condition même de leur réutilisation massive par des applications grand public. La publication des données pourrait en outre passer par d'autres voies que les portails SIG des collectivités - qui offrent pour certains un module open data – et en particulier data.gouv.fr (pour les données de l'observatoire), transport.data.gouv.fr (pour les parcs à vélo) ou encore la plateforme OpenStreetMap. Un acteur, avec qui l'association est en contact, d'autant plus incontournable que la communauté OSM compte de nombreux cyclistes-cartographes qui produisent et utilisent les équipements cyclistes. Une communauté, avec laquelle certaines collectivités travaillent déjà notamment via la plateforme Geovélo, qui sera du reste la première à pourfendre les standards s'ils ne sont pas compatibles OSM.

Parlons vélo répertorie les aménagements transitoires

En cette période de déconfinement, nombreuses sont les villes à s'être lancées dans  les aménagements cyclables transitoires (notre article). Parallèlement au recueil d'initiatives des collectivités opéré par le Club des villes et territoires cyclables, on signalera le site cartographique carto.parlons-velo.fr, coanimé par Vélo et territoires et la fédération des usagers de la bicyclette (FUB). Avec la crise sanitaire, le site s'est enrichi de fonctionnalités pour répertorier les aménagements cyclables temporaires et permettre aux associations ou collectifs citoyens d'exprimer des besoins. Les données (piétonisation, stationnement, aménagements de transition) peuvent être librement téléchargées.

 

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