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Déconfinement : l'usage du vélo s'envole, y compris à la campagne

L'usage du vélo a bondi de 44% en France lors de la première semaine du déconfinement, en ville mais aussi dans le péri-urbain et à la campagne, selon l'association Vélo et territoires. En tant qu'autorités organisatrices de la mobilité, les régions encouragent de plus en plus cette pratique du vélo.

"A la sortie du confinement, la fréquentation cyclable en France s'envole", constate le réseau de collectivités Vélo & territoires, dans son premier bulletin bimensuel de suivi de la fréquentation cyclable publié ce 20 mai. Edité en lien avec le ministère de la Transition écologique et solidaire, cet outil s'appuie sur 182 compteurs à travers la France pour suivre l’évolution de la pratique du vélo comme "outil de distanciation" et l’impact des aménagements cyclables de transition réalisés un peu partout pour préparer la sortie du confinement.

Forte hausse dans le périurbain et en milieu rural

Les compteurs "ont enregistré sur cette première semaine 44% de passages de vélos de plus qu'avant le confinement" et "comparée à la même semaine en 2019, la fréquentation cyclable progresse de 11%", a relevé Vélo & territoires. La tendance a été particulièrement forte le week-end, avec un bond de 151%.
En milieu urbain, où le nombre de cyclistes avant le confinement était plus important, la progression est de 27%. "Les grands gagnants (...) se trouvent en milieux périurbains (+138%) et ruraux (+197%)", souligne l'association qui relativise toutefois ces pourcentages puisque dans les villes, 1.188 vélos ont été comptabilisés en moyenne par jour et par compteur - contre 936 avant le confinement -  211 en périphérie et 102 en milieu rural.
La pratique du vélo, qui connaissait avant le confinement deux pics les jours de semaine, matin et soir, "s'étale davantage sur la journée", relève aussi Vélo & territoires. "En milieu urbain, comparée à la situation avant confinement, la fréquentation est en baisse sur les heures de pointe (7h-9h et 17h-19h) et elle augmente sur le reste de la journée", ajoute-t-elle.
Des municipalités ont créé ou renforcé leurs infrastructures dédiées au vélo avec des pistes cyclables provisoires, pour éviter que les usagers des transports en commun se reportent massivement sur la voiture par crainte du coronavirus. Pour faciliter les retours d'expériences et les échanges sur la réalisation de ces aménagements cyclables de transition, Vélo & Territoires a aussi participé avec l'Ademe, le Club des villes et territoires cyclables, et la Fabrique des mobilités à la création d'un outil d'échange à destination des collectivités territoriales accessible sur abonnement.

Plans vélos dans les régions

En tant qu'autorités organisatrices de la mobilité, les régions veulent aussi participer à ce mouvement de fond en faveur de la petite reine et plusieurs d'entre elles ont adopté des plans vélos, en lien avec les associations, les villes et les intercommunalités de leur territoire, rappelle Régions de France dans sa lettre d'information datée du 22 mai. Auvergne-Rhône-Alpes a ainsi mis en place en juin dernier une aide à l’aménagement des abords des gares et haltes ferroviaires ainsi que des gares routières qui finance l’installation de bornes de stationnement pour les vélos. Bourgogne-Franche Comté a prévu des aides aux constructions de liaisons douces dans les contrats de territoire et encourage la prise en compte du vélo dans la chaine de déplacement (emport des vélos dans les TER, installation par la région d’abris vélo sécurisés aux abords des gares).
L'Ile-de-France s'est dotée en 2017 d'un plan ambitieux qui vise à atteindre les 2 millions de déplacements à vélo chaque jour dans la région en 2021. Face à la crise actuelle, la région a aussi annoncé un investissement de 300 millions d’euros pour financer à hauteur de 60% le "RER V", une initiative  du  Collectif Vélo Île-de-France qui entend constituer un réseau maillé sur le territoire francilien pour faciliter les déplacements à vélo sur des distances plus importantes. L’Île-de-France compte aujourd’hui plus de 700 km de pistes cyclables et de zones 30. Le service régional de location Véligo, lancé en septembre dernier par la région et Île-de-France Mobilités, permet aussi de louer pendant 6 mois un vélo à assistance électrique en bénéficiant d’un service d’entretien. Depuis la sortie du confinement, il a enregistré 3.500 clients supplémentaires et a franchi le cap des 10.000 clients depuis sa création.
La région Occitanie veut aussi  favoriser le développement de la pratique du vélo, dans le cadre de sa politique de soutien au développement des modes de transports propres, et a institué un dispositif d’aide financière pour inciter ses administrés à acquérir un vélo à assistance électrique. Coordinatrice de l’intermodalité, la Région Sud déploie quant à elle le schéma régional des véloroutes dont l’objectif est de disposer de 2.000 kilomètres d’itinéraires pour les cyclo-touristes en 2025. Les élus animent des comités d’itinéraires et la collectivité finance l’aménagement de ces véloroutes. Un appel à projet régional de 2,5 millions d’euros (montant estimatif) a été lancé pour leur réalisation. Pour les déplacements vélo en milieu urbain et péri-urbain, la région a  aussi lancé un appel à projets fonds Feder pour la réalisation d’aménagements cyclables (6 millions d'euros, montant estimatif). Enfin, un troisième appel à projet régional porte sur le stationnement et la sécurisation du stationnement sur les pôles d’échanges multimodaux (1 million d'euros, montant estimatif).

 

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