Les EPL d’énergie : "Le début d'une grande transition"

Avec 128 EPL ayant développé une activité principale s’y rapportant, l’énergie est devenue l’un des pans majeurs de l’économie mixte locale alors qu’il était plus marginal il y a quelques années.

"Nous ne sommes qu'au début d'une grande transition", a affirmé Alain Leboeuf, président de la commission transition énergétique de la Fédération des entreprises publiques locales (FedEPL), lors d'une conférence de presse mercredi 9 février 2022. 128 EPL ont pour activité principale l'énergie et près de 600 "mènent ou financent aujourd’hui des projets au service de la transition énergétique, soit dans le cadre de leur activité principale ou secondaire, soit via leur filiale", a-t-on appris lors de cette conférence. Le secteur affiche bonne mine avec un chiffre d'affaires de 2,3 millions. C'est une publication inédite, "Le Panorama des EPL engagées dans la transition énergétique", rendue publique le 9 février, qui permet de l'affirmer et de déterminer, "pour la première fois, le poids des EPL dans le mix énergétique français". Il permet de présenter par secteur (hydroélectrique, éolien, solaire, géothermie, biogaz, énergie fatale, hydrogène, distribution, rénovation énergétique, mobilité propre) le poids des EPL (nombre d’EPL, emploi, capital social, chiffre d’affaires). Ainsi sur ces 128 EPL qui ont pour activité principale le secteur de l’énergie, 76 sont dans la production EnR (éolien, solaire, hydroélectricité, biogaz...), 41 font de la distribution de gaz, d'électricité, de réseau de chaleur, 2 sont spécialisées dans la maintenance et le fonctionnement de bornes de recharge pour véhicule électrique et 7 se dédient exclusivement à la rénovation énergétique. Sous l’effet de la concrétisation de nombreux projets, le nombre des EPL d’énergie, entre 2019 et 2020 - donc avant la crise sanitaire et économique - s’est accru de 8% quand le volume d’activité a explosé (2,8 milliards d’euros, + 30%) et le nombre d’emplois a progressé (4.735 en équivalent temps plein, + 5%). Les EPL d’énergie représentaient 9,6% des EPL en termes de nombre, 18,5% en termes de chiffre d’affaires et 7,6% en termes d’emplois en 2020. "La tendance devrait se confirmer, voire s’accélérer dans les prochaines années, malgré le ralentissement de l’activité économique", prédit le panorama.

5,74% de la production solaire française et 3,53% de l'éolien 

Outre ces 128 EPL, on compte près de 480 EPL actives, directement ou via leurs filiales, dans la transition énergétique. Ces entreprises publiques locales qui se présentent comme "le bras armé des collectivités pour répondre aux objectifs de la France en la matière" sont présentes sur "toute la chaîne de valeur, de la production d’énergie à la rénovation énergétique en passant par le verdissement de la mobilité", résume la Fédération des entreprises locales dans son communiqué. 
Elle rappelle par ailleurs que "la France s’est dotée d’objectifs ambitieux en matière de transition énergétique" qui auront besoin d'être relevés avec "la mobilisation de l’ensemble des acteurs locaux" et des entreprises publiques locales, en Métropole et Outre-Mer qui "ont acquis une solide expérience et proposent des outils efficients". En témoignent ces autres chiffres : les EPL assurent 5,74% de la production solaire française et 3,53% de l'éolien français par an.

Ce panorama est complété d'exemples dans les territoires pour "démontrer l’implication des EPL dans la transition énergétique". Il est enrichi de témoignages de présidents ou directeurs d’EPL qui illustrent la pluralité de leurs modes d’intervention dans la transition énergétique. "Cette édition a aussi été pensée comme une boîte à outils, où les exemples sont réplicables sur d’autres territoires ou ont vocation à nourrir les réflexions des collectivités", ajoute la FedEPL dans son communiqué. Elle cite notamment la SEM Vendée Énergie qui a investi dans la société Lhyfe et qui porte un projet de production d'hydrogène "vert "par électrolyse d’eau de mer en Vendée.

Symbole des stations-service du XXIe siècle

Autre exemple vendéen, la station multi-énergies vertes de La Roche-sur-Yon, mise en service en décembre 2021. "Elle est le symbole des stations-service du XXIe siècle et d’une stratégie vendéenne ambitieuse en faveur de l’émergence de filières d’énergies locales décarbonées", selon Alain Leboeuf qui estime qu'il faut "consommer des énergies renouvelables, c’est capital et en circuit court, c’est indispensable !". Encore en Vendée - décidemment ! - concernant la méthanisation, "on a déjà atteint notre objectif de 2030 qui veut que 10% de la consommation de gaz a déjà pour origine une production locale", s'est félicité le président de la SEM Vendée Énergie et "nous venons d'ouvrir notre sixième station-service bio-GNV dont nous sommes actionnaires". De manière plus générale, il conclut qu'avec "ce panorama, nous pouvons désormais mesurer le poids des EPL dans la production d’énergies renouvelables en France". Il invite les élus à s’en saisir, "pour nourrir leurs projets et entrer à leur tour dans la ronde de la transition énergétique de manière innovante et agile".

 

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