Tourisme - Les petites communes touristiques ont deux fois plus de recettes... et de dépenses

Le Bulletin statistique de la direction générale des collectivités locales (DGCL) publie les résultats d'une étude sur les budgets des petites communes touristiques. Sur les 2.199 communes touristiques - au sens de l'article L.2334-7 du Code général des collectivités territoriales -, les trois quarts, soit environ 1.650, comptent moins de 2.000 habitants. Seules 75 ont plus de 10.000 habitants et quatre seulement plus de 50.000 (Antibes, Hyères, Fréjus et Saint-Malo).
Les petites communes touristiques présentent des profils très particuliers. Ainsi, les résidences secondaires y représentent, en moyenne de plus de 50% des logements, alors que cette proportion n'est que de 13% dans les communes non touristiques de moins de 2.000 habitants. Cette situation n'est toutefois pas sans avantages. Les petites communes touristiques disposent en effet de ressources nettement supérieures à celles de leurs homologues non touristiques. Plusieurs raisons expliquent cet écart : les produits des services, du domaine et ventes diverses, les dotations versées par l'Etat (pour l'essentiel, la dotation globale de fonctionnement) et les recettes fiscales.

Des impôts qui rapportent

Leurs recettes fiscales par habitant sont deux fois plus élevées que celles des petites communes non touristiques, grâce en particulier au rendement de la taxe d'habitation et de celle sur le foncier bâti des résidences secondaires. Outre les bases plus importantes, cet effet est encore accentué par des taux souvent plus élevés, notamment dans les stations de ski. Compte tenu d'une forte densité de commerces (et de leurs chiffres d'affaires parfois conséquents), la taxe professionnelle engendre des recettes par habitant trois fois supérieures. S'y ajoutent d'autres recettes fiscales directement liées à l'activité touristique, comme la taxe de séjour (en moyenne 18 euros/hab. dans les communes touristiques) ou la taxe sur les remontées mécaniques (80 euros/hab.). A ce petit jeu de la fiscalité, les mieux loties sont en effet les stations de sports d'hiver, qui affichent des recettes fiscales totales près de deux fois supérieures à celles des autres communes touristiques (1.514 euros/hab. contre 804 euros).
De même, la DGF des communes touristiques de moins de 10.000 habitants représente en moyenne 1,6 fois celle de leurs homologues non touristiques (318 euros par habitant contre 194). Enfin, les petites communes touristiques disposent d'une capacité d'autofinancement par habitant deux fois supérieure à celle des autres communes comparables.

Accueillir les touristes a un prix...

Mais cette abondance de recettes à un revers ou, à tout le moins, une justification. Les dépenses de fonctionnement sont en effet nettement plus élevées dans les petites communes touristiques, même si l'on observe une forte hétérogénéité. Les communes touristiques de moins de 10.000 habitants supportent ainsi des dépenses de fonctionnement par habitant près de deux fois supérieures à celles des autres communes, avec toutefois une structure de dépenses très voisine (près de la moitié pour les dépenses de personnel et un quart pour les charges à caractère général). L'importance de ces dépenses s'explique par la nécessité de faire face à un afflux de population en hautes saison, avec toutes les conséquences que cela implique : nettoiement, sécurité, éclairage, salubrité publique, voierie... Le "surdimensionnement" des équipements - pour faire face aux pics de population en saison - pèse aussi sur les dépenses, y compris quand les vacanciers ne sont plus là. Les dépenses d'investissement des communes touristiques sont ainsi supérieures de 60% à celles de leurs homologues non touristiques.
Pour y faire face, les petites communes touristiques disposent - outre leur capacité d'autofinancement - de recettes provenant des dotations d'équipement ou du recours à l'emprunt. Dans les deux cas, ces ressources sont plus élevées dans les communes touristiques : 232 euros/hab. pour le volume des dotations et subventions d'investissement (dont le FCTVA, qui croît avec les investissements) et un encours de dette plus important (1.379 euros/hab.). Pourtant, grâce aux recettes, elles affichent une capacité de désendettement (ratio encours de dette/épargne brute) de 3,8 années, comparable à celui des petites communes non touristiques. Enfin, l'étude met aussi en évidence un autre phénomène, qui semble au demeurant assez logique : plus une commune touristique est petite, plus les recettes et les dépenses touristiques y pèsent d'un poids important. 

 

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