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Santé - Les villes thermales craignent un "déremboursement" des cures

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Santé, médico-social, vieillissement

Avec 500.000 curistes conventionnés et une centaine d'établissements, la France compte parmi les pays qui offrent les soins thermaux les plus développés. Des prestations qui pourraient être remises en cause si elles n'étaient plus remboursées à hauteur de 65% par la Sécurité sociale. Une idée qui préoccupe le président de la Fédération thermale et climatique française, Christian Corne, qui a déclaré à Localtis que "le déremboursement des cures entraînerait inévitablement une chute des revenus de plusieurs régions". Cependant, ce projet fait son chemin depuis le dépôt d'un amendement au projet de loi de financement de la Sécurité sociale par le député Yves Bur en octobre 2008, tentant de ramener à 35% le taux de remboursement des cures. Selon l'élu du Bas-Rhin, "la prise en charge de soins thermaux, dont le service médical rendu (SMR) reste à démontrer, ne peut être supérieure à celle des produits de santé". La preuve du SMR incombe désormais à l'Association française pour la recherche thermale (Afreth) qui étudie depuis 2005 les retombées médicales des cures thermales. Deux études portant sur l'arthrose du genou et sur les troubles anxieux ont déjà été publiées. Elles prouvent que "les cures thermales apportent un mieux au malade, qui consomme moins de médicament", selon Christian Corne. En outre, deux rapports récents sur le poids économique du thermalisme en France vont dans le sens d'un maintien du remboursement des cures.  Le 21 janvier 2010, le secrétaire général de l'Association nationale des maires de communes thermales, Jean-François Beraud, indiquait que les cures thermales prises en charge représentaient 75% du chiffre d'affaires des établissements. De son côté, l'étude sur "le thermalisme français dans les comptes de la Nation" publiée par le délégué général du Conseil national des exploitants thermaux (CNETH) Waïner Tabone, en novembre 2009 révèle que le thermalisme génère une création de richesse annuelle de 500 millions d'euros et qu'un patient dépense en moyenne 1.500 euros par cure (dont environ 500 euros sont remboursés par la Sécurité sociale, soit 250 millions d'euros au total). Or, dans le même temps, l'activité thermale produit 190 millions d'euros de contributions sociales et fiscales. Ces chiffres ne sont pourtant pas faciles à rapprocher car le thermalisme est en pleine métamorphose. Comme le souligne Christian Corne : "Le thermalisme évolue en fonction des avancées médicales. Ainsi, la disparition de certaines maladies a entraîné la fermeture de quelques stations thermales, comme Saint-Nectaire (en Auvergne) en 2003. C'est pourquoi le thermalisme doit s'orienter vers la prévention en matière de santé." Et cette mutation doit s'opérer avant 2012, date à laquelle la convention nationale thermale signée avec les caisses d'assurance maladie arrive à expiration.
Pour certains, la reconversion a déjà commencé. Comme le constate Jérôme Phelipeau : "Les curistes non remboursés sont de plus en plus nombreux mais ils restent moins longtemps." Pourtant, le président de la Compagnie de Vichy n'a pas manqué de rappeler à Localtis que "les soins thermaux sont efficaces dans la durée et grâce à la répétition". Il se félicite donc de voir ses 18.000 curistes non conventionnés passer en moyenne une semaine deux fois par an dans l'un de ses établissements. Une fidélité qu'il attribue notamment à la diversité de ses prestations : "Le thermal spa attire des personnes qui viennent pour la santé ET pour le bien-être." Un renouveau qui a permis la réouverture de certains établissements comme celui de Rennes-les-Bains (dans l'Aude). Les stations thermales auraient donc encore un bel avenir devant elles.


Muriel Weiss
 

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