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Social - L'Insee confirme le recul du taux de pauvreté monétaire

L'Insee publie l'édition 2011 de son ouvrage "Les revenus et le patrimoine des ménages". L'un des articles de cette somme, toujours très attendue, est consacré au thème "Inégalités de niveaux de vie et pauvreté de 1996 à 2008". Cette analyse rétrospective apporte de nombreuses informations et met à mal un certain nombre d'idées reçues.
Le premier enseignement à tirer de l'étude est que les inégalités de niveaux de vie ont peu évolué durant la période considérée. L'indice de Gini, qui mesure le degré d'inégalité dans la distribution des revenus au sein d'une population donnée (0 correspondant à une égalité parfaite où chacun a le même revenu et 1 à une inégalité totale où une personne possède la totalité du revenu, les autres n'ayant rien), est ainsi resté relativement stable au cours des dernières années. De 0,279 en 1996, il est passé à 0,289 en 2008 (après un pic à 0,291 en 2006). De même, tout au long de cette période, le rapport entre le dernier décile (les 10% de ménages ayant les revenus les plus élevés) et le premier décile (les 10% ayant les revenus les plus faibles) est, lui aussi, resté stable, oscillant entre 3,3 et 3,5 (3,5 en 1996 et 3,4 en 2008).

Une stabilité d'ensemble, mais deux périodes distinctes

En 2008, le niveau de vie médian des personnes vivant dans un ménage en France métropolitaine était ainsi de 19.000 euros par an, soit 1.580 euros par mois. Les 10% de personnes les plus modestes (premier décile ou D1) avaient un niveau de vie inférieur à 10.520 euros annuels (en hausse de 2,2% en euros constants sur l'année précédente), tandis que les 10% les plus aisées (neuvième décile ou D9) disposaient d'un niveau de vie supérieur à 35.550 euros, en hausse également mais à un rythme moindre (+ 2,0%).
Cette relative stabilité n'est toutefois pas exempte de quelques variations. D'une part, le niveau de vie des non salariés a augmenté plus vite que celui des salariés. D'autre part, les inégalités de niveaux de vie ont eu plutôt tendance à diminuer entre 1996 et 2004, alors que l'on observe au contraire une tendance à leur accroissement depuis cette date (principalement sous l'effet de la dynamique des revenus du patrimoine). L'étude de l'Insee montre en effet que ce - relatif - creusement des inégalités s'est fait "par le haut". Autrement dit, les revenus des plus modestes - qui augmentaient plus rapidement que ceux des plus aisés jusqu'en 2004 - se sont mis à croître moins vite à partie de cette date.

Une étude qui bouscule les idées reçues

L'étude présente également l'intérêt de contredire quelques idées reçues. Ainsi, alors que se développe un discours sur l'appauvrissement supposé des retraités, elle montre, au contraire, que "depuis 2004, la croissance du niveau de vie médian des retraités est plus soutenue qu'en début de période et devient comparable à celle des actifs (respectivement + 1,7% et + 1,6%)". Autre information : le niveau de vie médian des ouvriers a évolué, au cours de la période, plus favorablement que celui des autres salariés : +1,6% par an en moyenne, contre +1,2% pour les employés, +0,7% pour les professions intermédiaires et +0,5% pour les cadres. Ce sont toutefois les personnes exerçant un emploi non salarié qui ont bénéficié de la plus forte progression (+2%). Enfin, en termes de composition du ménage, ce sont les personnes vivant dans des familles nombreuses qui ont bénéficié de la plus forte progression du niveau de vie : +2,2% par an sur la période, contre une moyenne de +1,4% pour l'ensemble de la population et de seulement +0,9% et +0,7% pour les personnes seules et les familles monoparentales.

Une pauvreté en recul, mais une intensité qui s'accroît

En matière de pauvreté, l'étude montre un recul de la pauvreté monétaire entre 1996 et 2008. Ainsi, 13% de la population a des revenus égaux ou inférieurs au seuil de pauvreté contre 14,5% en 1996. Il est vrai toutefois que la baisse de la pauvreté s'est concrétisée surtout en début de période et que le taux s'est ensuite stabilité autour de 13% depuis 2002. Autre indice d'une certaine dégradation : l'intensité de la pauvreté (mesurée par l'écart relatif entre le niveau de vie médian des personnes pauvres et le seuil de pauvreté) s'est accentuée depuis 2002, après une période de décrue quasiment continue. Autrement dit, au cours de cette période, les ressources des personnes pauvres ont augmenté moins vite que le seuil de pauvreté. En ce domaine, les différentes situations familiales ne sont pas égales entre elles. Ainsi, la pauvreté a diminué pour les personnes en couple, avec ou sans enfant. En revanche, elle s'est accrue dans les familles monoparentales (53,7% des personnes vivant dans une famille monoparentale se situent en dessous du taux de pauvreté) et pour les personnes isolées.
 

 

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