#5 - Nouvelles synergies au crédit de la Banque des Territoires et de Bpifrance

La Banque des Territoires et Bpifrance ont intensifié et diversifié leurs collaborations depuis le début de la pandémie de Covid-19. En lien avec le plan de relance gouvernemental, leur action s’inscrit dans des champs complémentaires : Bpifrance finançant les entreprises (le « contenu ») quand la Banque des Territoires soutient l’aménagement et les infrastructures (le « contenant »). Analyse de ces synergies bénéfiques à l’intérêt général.

Un projet soutenu en commun par Bpifrance et la Banque des Territoires : la reconversion d’une friche industrielle en Rhône-Alpes et le financement de l’entreprise innovante Lactips, qui y installe son usine.

Crédits photo : Lactips / Pradier

Françoise Morsel

Responsable Animation et partenariats, Direction de l’investissement à la Banque des Territoires

Transformer l’adversité en opportunité. Telle est la volonté de Bpifrance et de la Banque des Territoires depuis le déclenchement de la crise sanitaire. Les deux structures mobilisent toute leur gamme de financements et de services d’accompagnement auprès des territoires comme des entreprises. 

« Nos actions convergent au bénéfice de la société dans son ensemble : quand Bpifrance agit auprès des entreprises, sous forme de crédit, de garantie ou de fonds propres, nous intervenons sur tout ce qui contribue au développement local par des études, de l’ingénierie, des investissements fonciers, immobiliers et structurels, des prêts et des apports en fonds propres auprès de sociétés de projet et d’économie mixte », résume Françoise Morsel, responsable des partenariats à la direction de l’investissement de la Banque des Territoires. 

 

Mobilisation générale 

Le plan de relance gouvernemental a conduit les deux établissements à renforcer leur coopération, notamment dans les grands programmes d’investissements et les fonds de soutien aux entreprises. « Depuis le début de la crise sanitaire, Bpifrance et la Banque des Territoires contribuent aux réunions nationales de la partie industrielle du plan France relance qui, deux fois par mois, coordonnent l’ensemble des dispositifs en rassemblant les ministères concernés, Business France, Pôle emploi », détaille Françoise Morsel. 

Cette coopération dans le cadre de France relance constitue un prolongement du travail mené en commun depuis fin 2018 pour les Territoires d’industrie. Les 48 antennes locales de Bpifrance et les 37 implantations de la Banque des Territoires évaluent ensemble les projets d’implantation industrielle et suivent l’avancement des sites créés ou transformés, de concert avec les élus des collectivités et les services déconcentrés de l’État. « L’instruction des dossiers favorise le partage d’informations entre nos établissements, quand bien même les Conseils régionaux et l’État restent chefs de file du programme Territoires d’industrie », précise Françoise Morsel. 

 

Investissements complémentaires 

« Nous allons prochainement mettre en place une nouvelle brique dans notre accompagnement conjoint des entreprises et des territoires. Les entreprises de croissance implantées dans les Territoires d’industrie pourront bénéficier de services ‘d’accélération’ développés par Bpifrance Le Hub, et financés par la Banque des Territoires », poursuit Françoise Morsel. 

Ce service complète des mécanismes existants et rodés, à l’œuvre dans des fonds thématiques. Bpifrance et la Banque des Territoires collaborent ainsi dans le programme d’investissement d’avenir Sociétés de projets industriels, afin d’identifier les complémentarités entre les investissements en capitaux pour la première et les aménagements d’infrastructures pour la seconde. 

« C’est le cas par exemple dans la Loire, où Bpifrance a investi 11 millions d’euros dans la société Lactips, spécialisée dans la production d’un plastique soluble qui ne laisse aucune trace dans l’environnement », explique Jean-François Gascard, responsable thématique immobilier à la direction Auvergne-Rhône-Alpes de la Banque des Territoires. 

Dans le même temps, la Banque des Territoires a financé à 38 % la société immobilière qui a acheté et reconverti l’ancienne friche industrielle où Lactips a installé son usine. En abondant la SCI créée à hauteur de 10 % seulement, cette entreprise innovante conserve des marges de manœuvre financière pour son développement international. 

Toujours en complément des investissements de Bpifrance, la Banque des Territoires propose des prêts spéciaux aux collectivités et aux sociétés d’aménagement qui souhaitent réhabiliter des friches industrielles. « Chacune de nos directions régionales dispose d’un référent Territoires d’industrie, qui relaye les informations et les décisions prises au plan national auprès de nos chargés de développement et de nos directeurs territoriaux », explique Françoise Morsel. 

Appuyés par les services juridique et risques de la Banque des Territoires, les responsables disposent ainsi de toutes les informations nécessaires pour sélectionner les projets qui seront soutenus. 

Un plan climat (hors du) commun 

L’action bicéphale de Bpifrance et de la Banque des Territoires couvre également la lutte contre le changement climatique. Les directeurs des deux établissements ont présenté conjointement leur plan climat en septembre 2020. 40 milliards d’euros seront disponibles jusqu’en 2024 pour que les entreprises et les territoires évoluent vers les énergies renouvelables et financent des technologies plus respectueuses de l’environnement. Près de 9 000 projets seront accompagnés, dans une continuité de financement renforcée à toutes les étapes de leur développement. 

Les lignes de crédit du plan climat se répartissent de la sorte :  

  • 20 milliards d’euros destinés à décarboner les industries, développer des mobilités respectueuses de l’environnement et des ensembles immobiliers à énergie positive, réduire les émissions de gaz à effet de serre des bâtiments ; 
  • 15 milliards d’euros affectés à l’efficacité thermique de 22 millions de mètres carrés de bâtiments d’entreprises ou de collectivités locales, et à la rénovation de plus de 500 000 logements sociaux ; 
  • 3,5 milliards d’euros alloués à la mobilité écologique, avec notamment le financement de 11 000 véhicules décarbonés et 50 000 bornes de recharge ; 
  • enfin, 1,5 milliard d’euros servant à la décarbonation de l’activité de plus de 1 300 entreprises industrielles. 

« La crise déclenchée par le Covid-19 est l’occasion pour nos deux établissements d’aller plus loin encore dans les services rendus aux entreprises comme aux collectivités, en renforçant les programmes existants et en inventant de nouvelles synergies », conclut Françoise Morsel.