OIN de Grigny 2 : l'État va racheter 1.320 logements et l'Anah rallonge ses aides

À l'œuvre depuis plusieurs années (voir nos articles ci-dessous), l'opération de rénovation de l'immense copropriété de Grigny 2 (Essonne) franchit une nouvelle étape, avec l'annonce par l'État du rachat de 1.320 logements pour sortir de l'impasse. Cette opération est symbolique à plusieurs titres : par la taille de la copropriété, l'une des plus grandes d'Europe (104 immeubles, 5.000 logements et 17.000 habitants), par la gravité de la situation, mais aussi parce qu'elle a été la première Orcod-IN (opération de rénovation des copropriétés dégradées d'intérêt national) lancée en France.

Le rachat se fera progressivement d'ici à 2026, via l'établissement public foncier d'Ile-de-France (Epfif). Les 1.320 logements rachetés par l'État – dont 400 déjà acquis à ce jour – correspondent à 5 syndicats secondaires de copropriétaires (sur un total de 27 syndicats secondaires), que l'Epfif présente comme "en faillite". Ils cumulent en effet près de 12 millions d'euros d'impayés de charges, représentant jusqu'à 500% du budget annuel des copropriétés, et 3 millions de dettes vis-à-vis des fournisseurs. De ce fait, faute d'entretien des bâtiments, les conditions de vie des habitants, dans une commune classée parmi les plus pauvres de France, se dégradent rapidement. Sur les 1.320 logements, 920 seront détruits (soit neuf bâtiments) pour "dé-densifier" le quartier et 400 seront rénovés et transformés en logements sociaux, opérés par l'Immobilière 3F (Action logement) et par CDC-Habitat. Chaque habitant des immeubles concernés aura l'opportunité d'être logé dans le parc social, soit par un relogement, soit par la transformation de son immeuble en logement social. Les immeubles relevant des 22 autres syndicats secondaire de la copropriété sont en revanche considérés comme redressables.

L'opération a été présentée aux habitants de Grigny 2 à la mi-mars. Elle suscite des réactions mitigées. Le prix de rachat sera en effet fixé en fonction de l'évaluation du bien établie par le service des domaines de la direction générale des finances publiques (DGFIP), auquel doit se conformer l'Epfif en tant qu'établissement public. Nombre de copropriétaires s'inquiètent donc du prix de rachat proposé, qui variera en fonction de la typologie du logement, de son état et de celui de l'immeuble. La concertation sur ce point vient de s'engager avec les habitants.

Le rachat des immeubles va s'étaler sur cinq ans et la démolition des bâtiments débutera après 2026. En attendant, le conseil d'administration de l'Anah (Agence nationale de l'habitat) a voté le financement à 100% des travaux d'urgence de l'ensemble de la copropriété de Grigny 2, concrétisant ainsi l'engagement pris par le Premier Ministre lors du dernier comité interministériel des villes, qui se tenait précisément à Grigny (voir notre article du 29 janvier 2021). L'Anah a également voté une "aide supplémentaire exceptionnelle" de 7 millions d'euros, qui porte à 44,5 millions le montant total du financement des travaux d'urgence.

 

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