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Palmarès 2020 des villes vertes : Angers, Nantes et Metz dans le trio de tête

Les résultats de la troisième édition du palmarès des villes vertes ont été publiés ce 4 février. Angers, Nantes et Metz arrivent en tête. Dans le Top 10 figurent aussi Amiens, Lyon, Poitiers, Rennes, Caen, Nancy et Brest.

Créé à l'initiative de l'Unep, première organisation professionnelle des entreprises du paysage, et du réseau Hortis, qui regroupe les responsables d'espaces nature en ville, l'Observatoire des villes vertes publie chaque année depuis trois ans son palmarès distinguant les collectivités qui ont le plus œuvré pour la préservation et le développement de leur patrimoine végétal. Pour cette édition 2020, les 50 plus grandes villes de France ont été interrogées, via leur direction Espaces verts et leurs élus, d’août à octobre 2019. Plus de 1.500 données quantitatives et qualitatives ont été collectées, analysées selon 25 indicateurs et regroupées en 6 catégories : patrimoine vert, investissement en faveur du vert en ville, politique de préservation de la biodiversité, politique de promotion du patrimoine vert, gestion des déchets verts, dynamisme de la progression.

Angers n°1 de la nature en ville

Le cumul des points obtenus sur les différents critères a permis de déterminer la note (sur 100) et le classement général au sein du Palmarès. Angers est ainsi arrivée en tête avec 86 points. 14% de la surface de la capitale du Maine-et-Loire est occupée par des espaces verts et de toutes les villes interrogées, Angers est celle qui leur consacre le budget le plus important (98 euros par habitant, soit 5% du budget communal). Elle s'est aussi fortement engagée sur le "zéro phyto", les pesticides étant bannis sur environ 90% des espaces publics de la ville dont 85% des espaces végétalisés, la totalité des trois cimetières et 95% des espaces de voirie.
Au classement général, sa voisine Nantes conserve sa deuxième place avec 83,5 points. La sixième plus grande ville de France affiche un ratio d'espaces verts par habitant dans la moyenne nationale (51 m²) mais détient le record de France voire d'Europe en termes d'investissement vert : plus de de 41 millions d'euros en moyenne ont été investis dans le végétal sur les trois dernières années. Au total, la ville consacre un budget de 135 euros par habitant aux espaces verts, soit pratiquement le double de la moyenne nationale.
Metz intègre cette année le palmarès en se hissant directement sur la troisième marche du podium avec un total de 78 points. Depuis trois ans, elle a engagé une politique très dynamique de valorisation d'un patrimoine végétal riche et généralisé des modes de gestion durable des espaces verts, sans oublier l'écopâturage avec quatre bovins arpentant la ville. Elle a aussi organisé de nombreuses manifestations pour mettre en valeur son patrimoine vert.

Des classements par catégorie

Viennent ensuite au classement général, de la 4e à la 10e place du palmarès, Amiens, Lyon, Poitiers, Rennes, Caen, Nancy et Brest. Par grande catégorie, Angers, Caen et Poitiers occupent les trois premières places pour leur patrimoine vert (près de 151 hectares pour la première, soit 100 m² par habitant. Lyon, Angers et Nantes se distinguent pour leurs actions en faveur de la biodiversité. Metz, Angers et Vitry-sur-Seine sont celles qui font le plus d'efforts en matière d'entretien, en recourant à des méthodes écologiques. Nantes est devant Angers et Reims la ville qui investit le plus dans ses chantiers de végétalisation. En termes de promotion, Metz devance Nantes et Amiens : la cité mosellane a été l'une des premières villes à proposer un budget participatif "écocitoyen", permettant aux habitants de décider quels projets de végétalisation devaient être menés. Enfin, Marseille, Nice et Angers sont distinguées pour leur dynamisme : la cité phocéenne a ainsi presque doublé la somme consacrée à l’investissement dans ses espaces verts depuis 2017.

Budget annuel moyen consacré aux espaces verts : 76 euros par habitant

Les promoteurs de l'Observatoire tirent cinq grands enseignements du Palmarès 2020. Tout d'abord, l’investissement en faveur des espaces verts des 50 plus grandes villes de France est en légère hausse : les communes allouent en moyenne 1,3% de leur budget total à la création de nouveaux espaces verts (autant qu’en 2017), et dépensent chaque année 76 euros par habitant* - un budget en légère augmentation depuis 2017 (+1,50 euro). Les villes du Sud tentent aussi de rattraper leur retard, comme Marseille qui entend se positionner comme destination urbaine pour l’écotourisme grâce à ses grands espaces verts. Autre leçon : les citoyens sont de plus en plus impliqués dans les processus de décision en matière de végétalisation. Les trois-quarts des villes interrogées décernent un "permis de végétaliser" afin de verdir les espaces urbains (trottoirs, façades végétales…). Tourcoing, par exemple, à travers son opération "Vert en ville", propose à ses habitants de végétaliser leurs murs en fournissant les plantes adaptées au milieu urbain. Cette action est réalisée avec l’appui du service Espaces verts municipal.

Actions en faveur de la biodiversité

La totalité des villes répondantes ont également initié des actions en faveur de la protection de la biodiversité : recensement de la faune et de la flore, mise en place de plan biodiversité, plan de gestion écologique des arbres, gestion différenciée, verdissement des projets d'aménagement et de développement durable (PADD) et des plans locaux d'urbanisme (PLU). Lyon a ainsi vu ses efforts récompensés en recevant le prix de Capitale de la Biodiversité 2019. L'Observatoire souligne aussi que depuis 2017, de nombreuses villes ont innové pour valoriser et développer leur patrimoine vert, à l’image de Nice qui a planté plus de 10.296 arbres. Il note en outre une progression de 3 m² d’espaces verts supplémentaires par habitant en moyenne depuis trois ans. Enfin, l'entretien des espaces verts en ville repose de plus en plus sur des alternatives participatives et écologiques. Depuis sa mise en place en janvier 2017, la loi Labbé, qui proscrit l’usage des produits phytopharmaceutiques par les villes (sauf exceptions) a accéléré la transition vers une gestion et un entretien plus écologiques des espaces verts urbains. Vitry-sur-Seine, récompensée par le label Terre Saine en 2019, fait par exemple partie des collectivités pionnières et emblématiques en termes de gestion sans pesticides des jardins, des espaces végétalisés et des infrastructures.

* La masse salariale des services espaces verts est désormais prise en compte dans le calcul du budget.

 

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